mai 12, 2026

Heretics – Au Feu les Films Comme Ça !

De : Jose Prendes

Avec Eric Roberts, Anna DeRusso, Neeley Dayan, Sara Kamine

Année : 2024

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Des images retrouvées révèlent l’horreur vécue par des adolescents qui s’introduisent dans la maison abandonnée des Simmons. Leur quête de sensations fortes vire au cauchemar lorsqu’ils découvrent un culte sinistre.

Avis:

Il fut un temps où l’on savait si l’on mettait les pieds dans un film estampillé Asylum. La maison de production ne se cachait pas, et en règle générale, si nous avions un mockbuster (à savoir un blockbuster détourné de façon étranger), on savait à quoi s’attendre. Depuis quelques temps, le symbole The Asylum a disparu des propositions, et comme ils se sont diversifiés, avec notamment des films d’horreur low cost, on tombe, à cause de Prime Video, sur des productions Asylum sans s’en rendre compte. Du moins au départ. Et avec Heretics, on aurait dû s’en douter dès les premières images, ou encore le nom du réalisateur, et du scénariste. Ce dernier n’est autre que Ryan Ebert (The Jolly Monkey), et Jose Prendes a déjà fait ses preuves méphitiques avec des films avec des requins cyborgs. Mais la comm’ de Prime est vraiment convaincante.

Promesse d’un film d’horreur autour d’un culte satanique, de belles images mises en avant, on peut facilement croire à un bon film, bien produit, avec des moyens. Mais rapidement, on va se prendre une grosse douche froide. Sous couvert de documents vidéos retrouvés, on va suivre sept jeunes gens qui font la fête, et se décident alors à visiter une maison abandonnée, qui est précédée d’une sale réputation. Le début est fait pour présenter tout ce petit monde, qui s’amuse comme des petits fous. On voit de jeunes gens qui dansent, boivent, font des jeux à la con, jusqu’à une première incartade, où l’une des filles va balancer l’infidélité d’un des gars. Les relations se tendent, notamment à cause d’une des filles, qui aime chercher la merde. Bref, on reste dans une certaine nomenclature propre aux films d’horreur lambda, malgré une réalisation pourrie.

« on va ressentir une certaine antipathie envers eux »

Cependant, dès le départ, on ne va pas ressentir de l’empathie pour ces personnages. D’ailleurs, on ne va même jamais retenir leurs prénoms. La raison est toute simple, ils sont tellement lisses, ils sont tellement peu intéressants, qu’on se désintéresse rapidement d’eux. A quel moment c’est constructif de voir trois nanas danser devant une caméra. Quel est le but de montrer un type dont la seule préoccupation est de bouffer le plus de pizzas en un temps record. Il n’y a rien de bien probant, ni même intéressant. Ils n’ont d’ailleurs aucune fonction, aucun rôle prédéfini. Pire, on va ressentir une certaine antipathie envers eux, car ils s’entrainent les uns les autres à boire et à faire des révélations stupides. Il y a vraiment une malveillance qui couve, mais qui semble normale, sans pour autant apporter de la tension ou une réflexion.

Le pinacle de la débilité survient quand ils vont visiter une maison abandonnée à la réputation sulfureuse. La visite parait normale, ils se moquent gentiment de la décoration et de l’état des lieux, mais lorsqu’ils trouvent une vieille bouteille dans un vieux frigo, ils ne peuvent s’empêcher de boire le contenu, à cause d’un pari stupide. A partir de là, le film montre toute la bêtise de ces personnages, et leur faculté à se faire du mal pour des défis abêtissants. Puis survient alors le premier meurtre, complètement pété, filmé en noir et blanc par une caméra de surveillance. A partir de là, le rythme s’emballe, avec des personnes masquées qui vont attaquer les jeunes. Si le rythme s’emballe, la réalisation ne va pas changer, avec une caméra à l’épaule, et des changements de point de vue qui n’ont pas lieu d’être.

« C’est mal filmé, on ne comprend rien à ce qui se passe »

C’est mal filmé, on ne comprend rien à ce qui se passe, et surtout, la maison semble gigantesque. On passe d’une pièce à l’autre sans cohérence, les mouvements sont illisibles, et hormis se cacher ou prendre des décisions débiles, il ne se passe rien de vraiment probant. Le twist qui arrive dans le dernier tiers du film est accablant. C’est-à-dire que l’on apprend qui sont les tueurs, mais on ne sait pas trop pourquoi ils font ça. Est-ce une expédition punitive pour corriger ces jeunes qui pensent qu’à boire et baiser ? La toute fin tente une bribe d’explication, mais c’est très léger, et surtout, ça tombe comme un cheveu sur la soupe. Le scénario n’arrive jamais à se rendre intéressant, et il ne suffit pas de mettre en avant une fin « sulfureuse » pour que ça suffise. On a vraiment l’impression de se faire prendre pour des idiots.

Bien évidemment, en plus d’une mise en scène dégueulasse et de personnages inintéressants, on a droit à un casting complètement à côté de la plaque. Eric Roberts est placé en tête d’affiche, mais il n’apparait que quelques minutes dans le long-métrage. Il fait le strict minimum pour un rôle de père qui végète sur un fauteuil, puis qui se retrouve dans la même maison que les jeunes, dont sa fille fait partie. A ses côtés, on a que des acteurs de seconde zone, qui espèrent sans doute se faire connaître en commençant par des navets de chez The Asylum, mais dont la carrière risque fort de connaître un frein d’enfer. Et puis on peut rajouter un autre défaut à Heretics, il ne fait pas peur du tout, et loupe tout ce qu’il entreprend en matière d’horreur…

Au final, Heretics est un très mauvais film qui rentre parfaitement dans le catalogue Asylum. Sans budget, redondant dans son action, mal fichu dans sa réalisation, et joué avec les pieds, on peut clairement dire que nous sommes face à un navet de compétition, qui profite de belles affiches pour flouer le spectateur. Insupportable et immonde, Heretics n’est là que pour nous prendre pour des imbéciles, le rendant, en plus d’être peu recommandable, détestable…

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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