mai 28, 2024

La Bête dans la Jungle – L’Ennui Ferme

De : Patric Chiha

Avec Anaïs Demoustier, Tom Mercier, Béatrice Dalle, Martin Vischer

Année : 2023

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

La Bête dans la jungle, librement adapté de la nouvelle de Henry James, est l’histoire d’un huis clos vertigineux : pendant 25 ans, dans une immense boîte de nuit, un homme et une femme guettent ensemble un événement mystérieux. De 1979 à 2004, l’histoire du disco à la techno, l’histoire d’un amour, l’histoire d’une obsession. La « chose » finalement se manifestera, mais sous une forme autrement plus tragique que prévu.

Avis :

Réalisateur autrichien d’origine hongroise et libanaise, Patric Chiha s’est établi à Paris au cours des années 90, après être venu pour y faire des études de stylisme. Il a vécu un temps à Bruxelles où il a étudié le montage à l’INSAS. Au début des années 2000, attiré par le cinéma et l’envie de raconter des choses, Patric Chiha commence donc à réaliser. Avec son troisième court, « Home« , il commence à se faire remarquer. En 2009, il réalise son premier long, « Domaine« , avec notamment Béatrice Dalle. Depuis, Patric Chiha oscille entre films de fiction et documentaires.

« La bête dans la jungle » est le troisième film de fiction de Patric Chiha, genre qu’il n’avait plus abordé depuis 2013. Adapté d’un roman d’Henry James paru en 1903, « La bête dans la jungle » est un film très particulier. Un film qui a de très jolis arguments pour lui, entre son sujet, sa rencontre en boite de nuit, ou encore ses acteurs, et surtout son actrice principale, Anaïs Demoustier, qui est l’une des comédiennes les plus douées de cette nouvelle génération. Mais voilà, malgré tout ça, « La bête dans la jungle » est très difficile d’accès. Un film où l’on ne comprend pas grand-chose, un film qui se complique la trame pour rien et qui essaie tant bien que mal de créer un mystère, mais à la place d’intriguer, c’est un ennui abyssal qui pointe le bout de son nez. Une belle déception !

« On trouve ici une Anaïs Demoustier lumineuse. »

Paris, 1979, une nouvelle boite de nuit vient d’ouvrir et ce soir-là, May re-rencontre John. Pendant vingt-cinq ans environ, tous les samedis soirs, où presque, May et John se rencontrent, se croisent, s’apprécient, et petit à petit, ils se mettent à attendre quelque chose. Un événement qui va forcément bouleverser leur vie. Une chose qui aura des conséquences, mais ce que ni l’un, ni l’autre n’avait prévu, c’est que les conséquences de cet événement, si toutefois il arrive, vont être plus dramatiques qu’ils ne l’auraient imaginé.

Il y a des films qui se posent comme de terribles déceptions, et celle-ci commence à se faire sentir très vite. Il y a des films, je ne sais pas vraiment pourquoi, très vite, on sent que ça ne sera pas fait pour nous, qu’on risque de passer à côté, qu’il n’y aura rien à y faire, l’ennui va s’inviter et jamais il ne va quitter l’écran, et « La bête dans la jungle » a très vite rejoint ce genre de film.

Pourtant, le film est très bien filmé, et l’idée de raconter un homme et une femme, ainsi que leur « vie » uniquement dans une boite de nuit, ça avait de quoi attiser la curiosité. De plus, toujours dans les belles choses qui émanent du film de Patric Chiha, il y a toute l’évolution des modes et de la musique au sein de cette boite de nuit. Ici, on passera du disco à la tecktonik, en passant par les rythmes des années 80 ou encore la dance.

Puis enfin, toujours dans les bons éléments, comme toujours, on trouve ici une Anaïs Demoustier lumineuse, dans la peau d’une femme aussi étrange qu’elle est pleine de vie.

«  »… bête dans la jungle » se pose comme un film qui va nous raconter une intrigue qu’on a bien du mal à comprendre . »

Mais voilà, toutes ces bonnes choses ne vont malheureusement pas sauver cette « … bête dans la jungle« , qui se pose comme un film qui va nous raconter une intrigue qu’on a bien du mal à comprendre (alors qu’elle est toute simple en fait). Ici, ces deux jeunes gens, au fil des années, se mettent à attendre. Quoi ? On a bien du mal à comprendre, car eux-même ne savent pas quoi, précisant juste que « la chose » finira un jour par arriver. Du coup, les personnages s’ennuient dans leur vie et ils vont très vite nous ennuyer avec eux.

Le film va alors se donner des airs de conte mystérieux, avec une Béatrice Dalle en narratrice et accessoirement physionomiste de night-club. Ici, elle est la seule a savoir ce qui se passe, et par conséquent, à y comprendre quelque chose, et autant dire que la seule émotion que le film procure va être le fait qu’on soit ravi pour cette chère Béatrice, qui a bien du mal à expliquer ce qu’elle comprend et sait de cette histoire, et de ces deux personnages qu’elle admire, autant qu’ils nous ennuient.

Un ennui qui nous poussera à nous détacher d’eux, au point que, lorsque enfin, après une bonne heure quarante d’ennui, « la chose » se produit et que les éléments se rassemblent pour enfin être compréhensible, le résultat nous fait ni chaud, ni froid. Seul restera l’immense sensation d’avoir perdu son temps devant un film qui s’est écouté philosopher sur la vie, l’amour, la mort, les regrets, les amitiés ou encore l’actualité des années qu’ils traversent.

« Le comédien balance son texte sans aucune conviction ou émotion. »

Si, « La bête dans la jungle » nous offre, comme je le disais, une très excellente Anaïs Demoustier, cette dernière est très loin d’être aidée face à une histoire qu’on ne comprend pas, mais en plus de ça, elle a un partenaire de jeu, Tom Mercier, dont malheureusement pour lui (et pour nous) a un encéphalogramme qui est plat. Franchement, c’est à la limite du supportable tant le comédien balance son texte sans aucune conviction ou émotion. Ce personnage, qui se veut mystérieux et atypique, est emmerdant au possible, et, à coup sûr, il fait partie des éléments qui abîment le film et nous font décrocher très vite.

Je suis donc ressorti de la salle de cinéma terriblement déçu et surtout très ennuyé face à un film qui aura réussi à se faire assommant et désagréable, alors même qu’il se passe en tout temps dans un night-club. S’écoutant parler, ne racontant rien, ou pas grand-chose, malgré le fait qu’il soit superbement filmé, rien n’y aura fait, et l’heure et quarante-trois minutes que dure ce huis-clos nocturne a été ressentie comme le double, voire le triple. Bref, l’expérience a été très, très, difficile.

Note : 06/20

Par Cinéted

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