
De : Ryan Ebert
Avec Dominic Keating, Jane Hajduk, Courtney Fulk, Neirin Winter
Année : 2025
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Résumé :
Il y a 40 ans, des familles ont disparu près du motel isolé « Jolly Monkey ». Aujourd’hui, la famille des propriétaires revient pour décider du sort de l’établissement. L’un après l’autre, ils sont tués par un individu déguisé en mascotte du motel et doivent s’enfuir.
Avis :
Certains producteurs, et donc maisons de production, n’ont vraiment aucun état d’âme lorsqu’il s’agit de flouer les cinéphiles amateurs d’horreur. Si on connait les studios Asylum et Syfy pour leurs mockbusters frauduleux (et leur merchandising qui se faisait de la thune sur le dos de ceux qui ne savaient pas bien lire les jaquettes de DVD), avec les plateformes de streaming, on voit fleurir de nouveaux noms un peu partout. Et il est difficile maintenant de faire le tri. Si on peut aisément mettre de côté certains nanars mettant en scène des robots géants aux prises avec des serpents tout aussi géants, d’autres ont le nez plus fin. C’est-à-dire qu’ils s’amusent à détourner des films à succès via des affiches ou des titres, afin de faire croire que c’est ledit film. Prenons par exemple The Jolly Monkey qui faire croire qu’il s’agit de The Monkey d’Oz Perkins…

Film d’horreur ayant eu du succès en 2025, il n’aura pas fallu longtemps pour trouver un rip-off, une version low cost qui n’en est pas vraiment une. Ici, il n’est point question de reprendre du Stephen King, et encore moins de jouer autour d’un jouet maudit. The Jolly Monkey est ici un motel miteux dans lequel sévit un tueur en série déguisé en singe. Et c’est tout. Après tout, le film sera diffusé sur Prime Video, il va rapidement trouver quelques pigeons, alors pourquoi s’emmerder à faire un scénario plus élaboré ? La question est légitime, tant le film est un foutage de gueule à lui tout seul. Dès l’introduction, on se prend une douille monumentale. Déjà parce qu’il n’y a que la version française de disponible, mais aussi parce qu’un point de vue technique, c’est tout simplement la misère.
« une mise en scène digne d’un téléfilm »
Alors attention, certains films d’horreur disponibles sur la plateforme au sourire tiennent plus de l’amateurisme que du vrai film, et là, on n’est pas à ce niveau. C’est tout de même mieux filmé. Mais on reste sur une mise en scène digne d’un téléfilm, avec des acteurs de seconde zone, et surtout, une histoire qui ne tient absolument pas la route. Le début nous plonge quarante ans en arrière, et montre une famille qui vient loger pour une nuit dans le motel. Le thème du motel est ce fameux singe qui tient des cymbales, et dans la nuit, il y en a un, taille humaine, qui vient buter toute la pauvre famille. Après un générique, on se retrouve de nos jours, avec sept personnes qui représentent les enfants et petits enfants des anciens tenanciers du motel, pour la succession. Et là, rebelote, le tueur costumé en singe fait des ravages.
Le principal problème de ce film provient de son écriture. C’est très mauvais, ça ne critique rien et ça ne parle d’aucun sujet intéressant. Mais le pire dans tout ça, c’est que l’on grille l’identité du tueur d’entrée de jeu. Il ne faut pas sortir de St-Cyr pour comprendre qui se cache derrière le masque du singe, et c’est tout simplement débile. Il y a de nombreuses incohérences, des passages qui ne servent à rien, et une explication caduque autour d’un fait fantastique qui se déploie quand le tueur déboule dans une pièce. Bref, c’est nul. Mais même les personnages sont affreusement écrits, de telle sorte que l’on ne ressent aucune empathie pour eux. Soit ils sont lisses et n’ont aucun background, soit ils sont détestables, et on est bien content qu’ils meurent. Et cela sans compter sur des prestations indignes d’acteurs au rabais.
« Le film ne fait jamais peur, puisqu’il ne possède aucune ambiance »
Puis l’horreur dans tout ça, elle est aux abonnées absentes. Le film ne fait jamais peur, puisqu’il ne possède aucune ambiance. On est sur un téléfilm qui ne joue jamais avec ses lumières, qui n’essaye jamais de faire du beau dans sa photographie. C’est générique, lisse, sans aucun intérêt. Les apparitions du tueur sont téléphonées, et le résultat de ses meurtres sont tous hors-champ. Il n’y a rien de sulfureux dans ce film, et la technique est finalement aussi faible que le scénario. Une technique qui s’essouffle tellement que même lorsqu’il faut mettre en avant des trucs un peu sales (des peaux humaines collées sur la gueule des singes musiciens), c’est d’une laideur sans faille, prenant le spectateur pour un débile né. Et même le motel, qui aurait pu être un personnage à part entière, n’est jamais exploité dans son espace et son insalubrité.

Au final, The Jolly Monkey est un navet de compétition que l’on retrouve sur Prime Video. Mettant tout en œuvre pour faire croire qu’il s’agit du film de Oz Perkins, on peut facilement se laisser berner par une communication trompeuse et sans vergogne. Film mauvais dans tout ce qu’il entreprend, on fait face à une histoire qui n’a aucun intérêt, portée par des comédiens qui sont en roue libre, et une réalisation qui n’a aucune saveur, ni même une envie de faire bien les choses. Mais en même temps, quand on laisse la caméra à un type qui a fait des films comme Shark Side of the Moon ou encore Megalodon the Frenzy, fallait-il s’attendre à quelque chose de bien ?
Note : 04/20
Par AqME
