mars 11, 2026

Fallout Saison 2

D’Après une Idée de : Lisa Joy et Jonathan Nolan

Avec Ella Purnell, Aaron Moten, Walton Goggins, Moises Arias

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Post-Apocalyptique

Résumé :

La Goule et Lucy sont sur les traces du père de cette dernière tandis que Maximus replonge dans les affaires à la Confrérie de l’Acier.

Avis :

Dans les séries américaines à succès, il est toujours compliqué de maintenir la qualité à flot. Surtout lorsque la première saison à fait l’unanimité, et qu’elle plonge le spectateur dans un monde connu, notamment par les gamers. Il faut dire que Fallout avait surpris de par sa qualité graphique, mais aussi par son scénario fragmenté, qui arrivait malgré tout à créer des liens ténus entre tous les personnages. Se terminant en queue de poisson, et donnant une furieuse envie de regarder très rapidement la seconde saison, Prime Video a mis les bouchées doubles. Ainsi donc, la deuxième saison de Fallout est arrivée plus vite que prévu, mais elle s’est aussi précipitée à mettre à disposition tous les épisodes, comme si quelque chose clochait. Et effectivement, on va constater que cette deuxième saison est inférieure à la première, et que malgré des points positifs, on va suivre ça de manière détachée.

Le problème ne va pas venir de la mise en scène ou des effets spéciaux. De ce côté-là, il n’y a rien à redire. La qualité graphique et formelle est bien présente. L’univers rétro-futuriste est toujours aussi plaisant à regarder, les décors sont grandiloquents, et la plongée dans ce Las Vegas à moitié détruit est un régal pour les yeux. De plus, la série offre toujours des moments décalés et en dehors des codes. La rencontre avec la légion, sorte de camps romains des temps modernes, est assez drôle, avec des types qui se prennent pour des César en confondant le nom, se nommant alors Kaiser. La série continue à être fidèle au jeu vidéo, ou tout du moins à la franchise, avec un environnement hostile surprenant, aussi dangereux que parfois ubuesque, avec des rencontres inattendues. Et les effets spéciaux sont toujours aussi bons, mention spéciale aux écorcheurs.

On ne peut pas dire non plus que le casting soit à la source du problème. Ella Purnell tient toujours son rôle avec sérieux, jouant moins les ingénues, découvrant un monde extérieur violent et sans pitié, ce qui va la changer. Elle teste la drogue, devient addict, va se mettre à tuer et y prendre du plaisir, bref, la petite fille innocente de la première saison est bien loin maintenant. De plus, elle tient un gros dilemme avec son père, impeccablement tenu par un Kyle MacLahlan puant au possible. Il veut faire le bien en transformant les humains, les rendant dociles comme des zombies, mais cela enlève tout libre-arbitre, ce qui pose un gros cas de conscience. La Goule est aussi un personnage très attachant malgré son manque d’empathie. Il est à la fois touchant et pathétique dans sa façon de faire. Walton Goggins est très bon dans ce rôle.

Le véritable problème de cette saison, c’est finalement son scénario et sa narration. Comme pour la première saison, on va suivre plusieurs personnages qui ont des trajectoires différentes. Forcément, on se doute qu’à un moment ou un autre, ils vont tous se rencontrer pour accomplir leur quête personnelle, mais cela nuit réellement au dynamisme de l’ensemble. Par exemple, le personnage de la Goule est très complexe, car il a un rôle prédominant dans l’état de la planète. Pour nous raconter cela, on a droit à une multitude de flashbacks sur sa vie d’avant, se qui casse le rythme. Les transferts sont assez malins et trouvent toujours une résonnance entre les deux époques, mais l’histoire demeure trop obscure et complexe pour avoir un réel impact. Alors oui, c’est nécessaire pour comprendre comment le monde est devenu une plaie apocalyptique, mais la façon de le raconter est pénible.

Ce n’est bien évidemment pas le seul problème. Certains personnages ne sont clairement pas à la hauteur des enjeux. Maximus en est un exemple flagrant. Il retourne dans ses rangs de soldat, mais il va s’opposer aux différentes règles édictées, voulant devenir un meilleur humain. Le problème, c’est que tout semble précipité, et il manque vraiment un contexte plus grandiloquent pour nous faire prendre conscience de l’importance de son rôle. Il aurait fallu faire deux, voire trois épisodes, sur son personnage pour bien comprendre les alliances politiques des humains dans ce monde de fous. Il en va de même avec le personnage de Doug, qui va réveiller toute une flopée d’humains pour se sortir d’une sorte de prison, et se mettre à dos toute une communauté qui n’ont aucun instinct de survie. C’est très léger pour que l’on ressente de l’empathie pour lui ou son segment.

Au final, cette deuxième saison de Fallout souffle le chaud et le froid, et manque cruellement de passion. Si c’est beau à voir, on s’ennuie ferme et on suit l’ensemble de façon très détachée. La narration pêche par un manque de dynamisme impressionnant ainsi qu’une fragmentation du scénario qui empêche de raconter cette histoire de façon limpide. Les flashbacks cassent le rythme, et les passages d’un personnage à l’autre semblent être présents pour pouvoir caser des publicités. Bref, si ce n’est pas mauvais en soi, on fait face à une saison qui fait le choix d’être une transition entre deux moments forts, du moins on l’espère pour la troisième saison.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.