mars 13, 2026

Vreid – The Skies Turn Black

Avis :

C’est en 1994 que se forme le groupe de Viking/Folk/Black Métal norvégien Windir. Tout va pour le mieux jusqu’en 2004, lorsque le chanteur décède d’hypothermie. Les membres du groupe ne se sentent pas de continuer l’aventure, et décident alors de former un autre groupe, Vreid, avec un autre guitariste. Mais en 2010, le guitariste original de Windir rejoint Vreid, qui sera alors au complet. Pour autant, ce nouveau groupe veut se détacher du Folk/Viking pour embrasser pleinement le côté Black, tout en gardant un aspect mélodique. C’est donc dans le Melodic Black que l’on pourra catégoriser Vreid, même si on trouvera aussi des éléments Death et des envolées lyriques par moment. Le précédent album, Wild North West, était un excellent cru, qui lorgnait vigoureusement vers le Blackened Death, et on était en droit d’entendre sensiblement la même chose avec The Skies Turn Black.

Et on sera très surpris par le virage artistique pris par le groupe, qui offre ici un dixième album studio insaisissable, étrange, qui navigue entre plusieurs styles, et qui risque de faire friser les plus sombres guerriers. Déjà parce que l’album est plus long que la moyenne, avoisinant l’heure d’écoute. Mais aussi parce qu’il y a beaucoup de chant clair, des éléments progressifs et un long morceau qui laisse beaucoup de place à Djerv, un autre groupe norvégien qui fait plutôt du gothique, avec une chanteuse à la voix aigüe. Bref, vous l’aurez compris, ce nouvel album est intriguant, étrange, mais aussi très qualitatif dans ses choix, quitte à se mettre à dos les fans de Black qui s’attendaient sûrement à du gros son. Mais on sent vite le changement dès le premier titre, From These Woods, qui démarre de façon très sereine et apaisée.

Ici, le groupe travaille son ambiance avec une parfaite maîtrise. Le début calme laisse planer une certaine inquiétude avant de lâcher les chevaux sur un aspect blacky plutôt plaisant, mais relativement léger. Rares sont les groupes à faire du Black accessible avec un refrain qui reste en tête, et c’est clairement le cas ici. Et il faut noter un aspect symphonique sublime qui colle des frissons. Bref, une entame magnifique qui donne bien évidemment envie de continuer. The Skies Turn Black va alors jouer la carte de la surprise avec un riff léger et une rythmique en mid-tempo. Point de blast, et un aspect mélodique qui est très travaillé. En clair, on est sur du Death mélo scandinave pur jus, et il faut dire que ça fonctionne plutôt bien. Certains trouveront cela trop « In Flames », mais le résultat est plutôt grisant.

A Second Death proposera encore autre chose, avec un riff qui ressemble à un rouleau-compresseur et une rythmique très véloce. Il sera compliqué de ne pas headbanger avec ce titre, tant il est efficace et fracasse tout sur son passage. Kraken apparait alors comme un interlude instrumental envoûtant et déroutant par son démarrage presque Blackgaze. Un choix intrigant, mais qui a le mérite de nous interpeller. De plus, cela donne plus de force au titre suivant, Loving the Dead, en duo avec le groupe Djerv. La voix de la chanteuse est assez aigüe, il y a un côté Pop-Rock qui s’échappe du titre, et pourtant, on se fait cueillir pendant près de huit minutes. Le titre gagne en intérêt au fur et à mesure des écoutes, et lorsque la chanteuse se met à crier, on a vraiment la sensation d’entendre quelques émanations ensorcelées et c’est vraiment intéressant.

Bien entendu, cela va diviser les fans, de la première heure, mais Vreid revient à l’assaut avec Build & Destroy, un pur titre Black qui vient nous marteler les tympans. C’est simple, efficace, et ça montre que le groupe n’a pas renié pour autant ses racines. Chaos joue constamment avec les textures pour mieux nous surprendre à chaque écoute, avec différentes nappes de mélodie, et un aspect symphonique qui vient rajouter un élan grandiloquent. Flammen revient à quelque chose de plus brutal et de plus tendu, jouant alors avec nos émotions et notre ressenti. Smile of Hate va surprendre aussi par son riff de départ, plutôt Death, voire Thrash, et qui déroule comme un rouleau-compresseur. Certes, on est loin du Vreid des années 2000, mais ça reste de la haute qualité. Echoes of Life va diviser aussi via son chant clair et sa douceur insidieuse.

Au final, The Skies Turn Black, le dernier album de Vreid, est un effort studio qui va fortement diviser les fans. Si on retrouve les éléments de Blackened Death qui ont fait les beaux jours du groupe, on a aussi beaucoup de variations entre les titres, les norvégiens n’hésitant jamais à aller vers quelque chose de plus progressif, de plus complexe, ou alors, au contraire, de plus accessible, avec du chant clair et une mélodie très tendre. De notre côté, c’est un album qui a su nous combler et trouver grâce à nos oreilles, notamment de par les prises de risque qui s’avèrent payantes, pour un résultat très intéressant.

  • From These Woods
  • The Skies Turn Black
  • A Second Death
  • Kraken
  • Loving the Dead
  • Build & Destroy
  • Chaos
  • Flammen
  • Smile of Hate
  • Echoes of Life
  • The Earth Rumbles

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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