mars 11, 2026

Desert Storm – Buried Under the Weight of Reason

Avis :

Existe-t-il un sous-genre dans le métal qui soit propre à un pays ? C’est-à-dire un genre tellement référencé que des groupes issus d’une seule et unique nation peuvent le chanter correctement. On pourrait penser à la Country, si on part dans autre chose que la musique extrême. Mais si on reste attaché aux racines du métal, le Southern à tendance Sludge est facilement assimilé à la scène de la Nouvelle-Orléans. Pour autant, la musique est universelle et peut influencer d’autres formations issues d’autres pays. Et c’est visiblement ce qui est arrivé au groupe anglais Desert Storm. Formé en 2007, le groupe va rapidement jouer un Stoner empreint de Sludge et de Southern, via un chant granuleux et des riffs lourds et lents qui font très mal à la nuque. Leur premier album, Forked Tongues, sort en 2010 sur le label Buried in Smoke.

Depuis, le groupe n’a eu de cesse de sortir de nouveaux albums, changeant de label ou faisant les choses de façon indépendante, jusqu’à une signature chez APF Records, ce qui va leur permettre de sortir trois albums de haute volée. Buried Under the Weight of Reason est leur huitième effort studio, et il a pour particularité d’avoir un nouveau bassiste, mais aussi un nouveau label, les anglais ayant signé chez Heavy Psych Sounds Records. Cependant, cela n’a pas influé sur leur sonorité, ni leur envie de nous secouer la nuque via des riffs imposants, une rythmique lourde et un chant puissant, avec un grain particulier. Cela se ressent immédiatement, dès le premier morceau, puisque Newfound Respect va envoyer la sauce dès le démarrage, pour ne jamais nous lâcher par la suite. La rythmique est lente, mais les riffs sont très lourds avec une vraie sensation poussiéreuse.

Dans les faits, on pourrait réellement croire que Desert Storm est un groupe américain, alors qu’il vient du Oxfordshire. La bonne surprise continue avec Shamanic Echoes. Long de plus de sept minutes, le titre nous entraine au départ dans quelque chose de très éthéré, aérien, pour mieux nous cueillir après deux bonnes minutes de calme. Le morceau est une réussite totale, aussi bien dans son ambiance que dans sa construction, qui nous laisse pantois de maîtrise. Et derrière, Woodsman enfonce le clou dans une alternance parfaite de passages calmes, sereins, avec des fulgurances rugueuses violentes qui viennent nous frapper les tympans avec un certain délice. En seulement trois morceaux, on est clairement cueilli par le groupe qui offre vraiment des propositions impeccables, où la nuque commence à souffrir à faire de headbanger dans tous les sens. Et encore, ce n’est que le début !

En abordant Cut Your Teeth, le groupe prouve qu’il est aussi capable de faire des titres plus courts, plus concis, mais tout aussi puissant. Ici, dès le début, on va se prendre une mandale en pleine tronche, avec un riff assourdissant et une énergie qui frappe très, très fort. La voix caverneuse du chanteur renforce ce sentiment de puissance et de percussion. Bref, c’est vraiment d’une très haute qualité. Puis Rot to Ruin va venir perfectionner tout ça avec une structure plus complexe, et une durée bien plus longue. Du haut de ses sept minutes, la chanson va nous faire passer par tout un tas d’émotions, laissant surtout parler les guitares qui vont offrir un show dantesque et percutant. Pour la faire courte, on a droit à du grand art, entre Southern, Sludge et Stoner. Et il faudra bien un petit interlude après ça via Carry the Weight.

Cependant, c’est à partir de là que les choses vont se dérègler un peu. Rien d’alarmant, mais un constat va se faire, après cet interlude, le groupe ne va fournir que des morceaux courts, et moins mémorables que le début. Dripback est un morceau qui dure moins de trois minutes, qui ne laisse aucun moment de répit, avec quelques atours un peu Punk Hardcore, mais ça reste aussi un morceau qui ne reste pas longtemps en tête. Il lui manque un peu de variations, ainsi qu’une ambiance plus prégnante. On aura ce même sentiment avec les deux derniers titres. Law Unto Myself est un titre agréable et qui rentre parfaitement dans le côté Stoner, mais il lui manque une réelle identité. Au-delà du riff qui est sympa, il ne reste malheureusement pas grand-chose. Et c’est la même chose avec Twelve Seasons qui clôture le skeud.

Au final, Buried Under the Weight of Reason, le dernier album de Desert Storm, est une excellente réussite, doublée d’une superbe découverte. Les anglais délivrent un Stoner teinté de Southern surpuissant, qui ne peut laisser indifférent. Les riffs sont agressifs, puissants, le chant est maîtrisé à la perfection, et il se dégage de l’ensemble une lourdeur bien poisseuse. Il est juste dommage que le final soit moins réussi que l’entame, même si cela n’entache pas le plaisir d’écoute, et l’envie d’y revenir encore et encore.

  • Newfound Respect
  • Shamanic Echoes
  • Woodsman
  • Cut Your Teeth
  • Rot to Ruin
  • Carry the Weight
  • Dripback
  • Law Unto Myself
  • Twelve Seasons

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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