mai 17, 2021

Dreamgirls

De : Bill Condon

Avec Beyoncé Knowles-Carter, Jamie Foxx, Eddie Murphy, Danny Glover

Année : 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Drame, Musical

Résumé :

L’action de Dreamgirls débute dans la première moitié des turbulentes sixties et suit jusqu’au milieu des années 70 l’ascension d’un trio de chanteuses composé d’Effie, Deena et Lorrell. A l’occasion d’un concours de chant, ces jeunes et prometteuses « Dreamettes » sont repérées par l’ambitieux manager Curtis Taylor Jr…

Avis :

Bill Condon est un réalisateur dont j’apprécie le cinéma, même si ce dernier n’a jamais livré de grand film. A la fin des années 2000, Bill Condon a fini par bien s’installer dans le paysage du cinéma américain, notamment avec des films comme « Dr Kinsey« , qui est un petit bijou d’élégance, et « Ni dieu, ni démon« , un biopic oublié aujourd’hui et surtout très compliqué à trouver.

Cinéaste touche-à-tout, bien avant de se perdre dans des « Twilighteries », avec les chapitres quatre et cinq de la franchise vampirique, Bill Condon s’était laissé attirer par la comédie musicale. S’inspirant très librement du groupe de Diana Ross, The Suprêmes, adapté d’une comédie musicale made in Broadway, « Dreamgirls » est un projet aussi complexe qu’il est attachant. Rythmé, amoureux de sa musique (peut-être trop) et de son époque, révélant Jennifer Hudson au monde, l’actrice volera même la vedette à tout le monde pour son premier rôle qui lui apportera même un Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, « Dreamgirls » est une comédie musicale que j’affectionne particulièrement. Une comédie qui certes est imparfaite, mais c’est aussi une comédie qui, on le sent, est faite avec passion et plus loin encore, c’est une comédie musicale qui me fait du bien.

Effie, Deena et Lorrell sont trois amies et surtout elles sont trois chanteuses qui espèrent vivre de leur art. Dans les années 60, elles vont se faire remarquer via un concours de chant par Curtis Talor Jr, qui leur propose d’être les choristes de James Early, un chanteur confirmé et sous contrat. Pendant plusieurs années, les filles vont traverser le pays jusqu’à la Floride qui va changer leur vie à tout jamais.

Si la comédie musicale a eu son heure de gloire, il est vrai que depuis une bonne trentaine d’années, ces dernières se sont faites de plus en plus rares au point d’être presque surpris quand l’une d’entre elles arrive au cinéma. La première décennie des années 2000 en compte très peu, et encore moins qui ont su sortir du lot. Quand on pense à ces années-là, bien souvent celles qui arrivent en tête sont le culte « Moulin Rouge« , puis « Chicago« , « Accross the universe » ou « Sweeney Todd » et bien souvent « Dreamgirls » est laissé sur le bas-côté et c’est bien dommage, car même si le film de Bill Condon a de gros défauts, il reste, raison gardée, un bon petit film, bien rythmé, tenant une histoire plus intéressante qu’elle n’en a l’air et surtout, c’est un film qui est tenu par une actrice et chanteuse à la voix puissante, qui balaye tout sur son passage.

« Dreamgirls« , c’est un film qui a tendance à en faire trop, c’est vrai. Et j’entends trop musicalement parlant. Si la BO est géniale, et surtout si Jennifer Hudson y est impériale, il est vrai que presque deux heures et quart de film où beaucoup des numéros chantés sont livrés avec trop de passion, peuvent épuiser certains spectateurs. Bill Condon et ses acteurs n’ont pas fait dans la demi-mesure, et bien souvent ça chante, jusqu’au bout de son âme et plus loin encore et il est vrai qu’il faut aimer ça. Il faut aimer les chanteurs qui hurlent, qui donnent tout ce qu’ils ont, au point de frôler l’overdose. Personnellement, j’aime beaucoup, même si le film a des longueurs.

Oui, car en plus de ça, « Dreamgirls » est un film qui a tendance à s’étirer un peu trop. S’il commence sur les chapeaux de roues, et s’il se conclut dans un feu d’artifice musical, l’intrigue que met en place Bill Condon a ses coups de mou et même si le réalisateur nous rattrape toujours, et même si bien souvent, il y a toujours une idée de mise en scène, une idée de jeu ou encore un charme savoureux qui nous séduit, il y a quand même cette sensation d’être trop long. Et puis trop long pour cette intrigue, qui dans son fil rouge est assez convenue finalement. « Dreamgirls« , dès le départ, est un film qui réserve assez peu de surprise, dans le sens où très vite, on comprend ce qui va s’y passer.

Heureusement pour nous, « Dreamgirls » ne compte pas que des défauts et il a aussi ses qualités et la première, ce sont paradoxalement ses numéros musicaux qui sont parfaitement exécutés. Si le film a tendance à trop en avoir, il est vrai que pris à part, chacun d’eux sont de petits bijoux survoltés et bourrés d’émotions. De plus, on sent ici un véritable amour de la part de son réalisateur pour cette époque-là, pour cette musique-là. Bill Condon étant amoureux en fait trop, mais qu’est-ce que c’est bon, le film déborde de soul, de funk, de R’N’B, de disco, il y a une patte, une ambiance, un charme fou qui se dégage de l’ensemble. D’ailleurs, il faut saluer la reconstitution impeccable des quinze années sur lesquelles se déroule cette histoire.

Et en parlant de cette histoire, si le film dans son fil rouge est assez prévisible, « Dreamgirls« , entre ses lignes, est un film plus riche qu’il ne le laisse paraître. À travers l’histoire de ces Dreammettes, Bill Condon aborde l’Amérique des années 60 et 70. Le film, en toile de fond, traverse de grands événements, et au-delà de ça, il parle de la condition des noirs en Amérique dans l’industrie musicale, sujet qui n’est pas si souvent que ça abordé. Plus loin encore, « Dreamgirls » est un film qui aborde de plein fouet l’industrie musicale, et la mainmise des producteurs qui finissent bien souvent pas transformer l’artiste en un produit mercantile se fichant royalement du bien-être des artistes, qui sont finalement remplaçables. Et là, il faut saluer la performance de Jamie Foxx, excellent dans la peau de la parfaite ordure. En fait, derrière cette réussite, derrière ce parcours, derrière les espoirs et les envies de célébrité, « Dreamgirls » est un film qui tient pas mal de cynisme. Mais paradoxalement, c’est aussi un film qui à travers plusieurs de ses personnages, va parler de persévérance, il va parler d’espoir, d’amour, et plus largement de passion.

« Dreamgirls« , c’est aussi et enfin des acteurs qui sont totalement investis. Si Beyoncé Knowles-Carter et Anika Noni Rose sont très bien dans la peau des Dreammettes. Si Jamie Foxx, Danny Glover, Keith Robinson sont eux aussi très bons. « Dreamgirls« , c’est avant tout Jennifer Hudson qui vole la vedette à tous, imposant une performance folle à en coller des frissons à plus d’un passage. Puis il y a un Eddie Murphy totalement hallucinant, dans la peau d’un James Brown. « Dreamgirls« , c’est l’un de ces derniers très grands rôles, et on sent que l’acteur prend un plaisir dingue à incarner ce James Early.

Imparfait, parfois lourd, mal géré, et peut-être banal dans sa trame, tout ceci n’empêche pas « Dreamgirls » d’être un excellent film et une excellente comédie musicale plus profonde qu’elle n’en a l’air. Bill Condon a traversé les années 2000 avec seulement deux films et chacun d’eux vaut amplement qu’on s’y arrête et plus particulièrement ce « Dreamgirls » mal aimé et presque oublié.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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