février 13, 2026

La Dernière Chevalerie – L’Hommage de John Woo au Wu Xia Pian

Titre Original : Hao Xia

De : John Woo

Avec Damian Lau, Wei Pai, Hark-on Fung, Kong Lau

Année : 1978

Pays : Hong-Kong, Chine

Genre : Action

Résumé :

Échappant de justesse a un attentat commandité par un ennemi héréditaire de son clan, Kao met au point un plan diabolique pour se venger. Mais pour cela, il doit avant tout gagner le respect et l’amitié du jeune chevalier Chang. Inconscient d’être l’instrument d’une terrible machination, Chang accepte de défier Pak Chang-to avec l’aide inopinée de Tsing-yi, un sabreur génial mais alcoolique.

Avis :

S’il y a bien un cinéaste chinois qui est respecté dans le milieu de l’action, c’est John Woo. Pourtant, son début de carrière à la fin des années 60 et durant les années 70 n’est pas du tout dans ce genre-là. Il commence par un drame, puis par deux comédies dont l’humour est porté sur le non-sens. A Hong-Kong et en Chine, le film de sabre tombe un peu en désuétude dans les années 70 (ce que l’on appelle alors Wu Xia Pian) et pourtant, c’est ce qui anime John Woo. Il décide alors de faire honneur au genre en 1978 avec La Dernière Chevalerie, qui pourrait presque se voir comme un monument funéraire au genre. Portant la touche de son réalisateur, ce film de sabre va aussi montrer tous les thèmes chers à John Woo, avec de la loyauté, des trahisons, un sentiment de camaraderie, et la rédemption.

Le film débute avec une sorte de mariage au sein d’une famille qui semble rouler sur l’or. Cependant, durant ces festivités, un homme vient semer la pagaille, réclamant alors le territoire de la famille présentée, estimant que cette dernière lui a volé ses biens. D’entrée de jeu, John Woo pose les bases de son histoire, une confrontation entre deux hommes issus de famille rivale. On y voit les prémices de la trahison, alors la promise qui poignarde alors son futur mari pour avoir plus d’argent. Les combats s’enchainent avec une certaine maîtrise de la mise en scène, et surtout, ce départ va permettre alors de présenter deux autres personnages par la suite. Car la victime s’en sort, et va être décidée à se venger en recrutant le meilleur sabreur du coin, qui se cache sous les traits d’un jeune « robin des bois ».

« Le scénario est simple et limpide »

Les relations ne seront pas forcément au beau fixe au démarrage, puisque le riche homme qui fut blessé cache bien son jeu, mais surtout, le meilleur sabreur ne veut pas s’enticher de cet homme, n’étant pas forcément attiré par l’argent. Bien évidemment, des évènements vont se mettre en branle, comme l’arrivée inopinée d’un tueur à gages alcoolique, ou encore celle d’un épéiste dont le but est de défier ce fameux sabreur afin de montrer qui est le meilleur. Tout le milieu du long-métrage s’évertue alors à faire s’affronter tout ce petit monde, créant une confrontation entre deux personnages, et une amitié forte entre le sabreur et le tueur, qui ont des points communs et vont se trouver des ennemis communs. Le scénario est simple et limpide, même si on pourrait penser que certains éléments sont là pour rajouter de la longueur.

En ce sens, la confrontation pour savoir qui est le meilleur au combat n’a que peu d’intérêt au sein de l’histoire. Néanmoins, John Woo fait en sorte que cela nous prenne aux tripes, avec un long combat bien mis en scène, et des personnages qui sont relativement empathiques. De plus, il y a un vrai côté ludique dans le déroulé du film, qui pourrait presque se voir comme un jeu vidéo, avec des ennemis à abattre dans un certain ordre, jusqu’à arriver au boss final. Le dernier acte du film est d’ailleurs comme cela. Les deux amis partent dans la forteresse du supposé méchant pour l’affronter, mais avant de lui mettre une rouste, ils doivent battre de la piétaille et quelques méchants plus charismatiques, comme ce type qui utilise la technique de l’homme ivre pour se battre. Et forcément, cela rajoute un cachet indéniable au film.

« nous régale avec ce dernier affrontement épique »

La fin réserve aussi son lot de surprises. On se doute bien que le gentil qui demande aux guerriers d’aller battre le grand méchant à sa place n’est pas très honnête. A travers plusieurs saynètes, on le voit devenir de plus en plus arrogant et manipulateur. Le dernier acte révèle alors quelques climax plutôt attendus, mais qui font plaisir, et qui permettent à John Woo de mettre en avant ses thématiques de prédilection, comme l’amitié, la loyauté et bien sûr la trahison. Tout cela se syncrétise à la toute fin, avec un ultime combat qui va prendre des allures de film fantastique pour notre plus grand plaisir. Le dernier méchant devient alors une sorte de vampire, utilise des techniques de combat inédites, et la caméra nous mettre alors à sa place lors d’attaques furtives. Le cinéaste se régale et nous régale avec ce dernier affrontement épique.

Au final, La Dernière Chevalerie est un excellent film de la part de John Woo. Le cinéaste prend un pied monstre à faire ce film, et il transmet toute son énergie à faire un Wu Xia Pian de qualité, avec des personnages attachants, une histoire qui tient la route, et surtout un rythme d’enfer, avec des combats qui ne cessent presque jamais. On retrouve une mise en scène inspirée, des chorégraphies impressionnantes, et surtout, des thèmes savamment bien mis en avant. Bref, c’est un très bon film qui n’a pas tellement vieilli, sinon dans certains décors peints, mais ce n’est qu’un petit détail.

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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