mars 3, 2024

Le Temps d’Aimer – L’Amour Sublime

De : Katell Quillévéré

Avec Anaïs Demoustier, Vincent Lacoste, Paul Beaurepaire, Morgan Bailey

Année : 2023

Pays : France

Genre : Drame, Romance

Résumé :

1947. Sur une plage, Madeleine, serveuse dans un hôtel-restaurant, mère d’un petit garçon, fait la connaissance de François, étudiant riche et cultivé. Entre eux, c’est comme une évidence. La providence. Si l’on sait ce qu’elle veut laisser derrière elle en suivant ce jeune homme, on découvre avec le temps ce que François tente de fuir en mêlant le destin de Madeleine au sien…

Avis :

Katell Quillévéré est l’une des réalisatrices les plus douées de sa génération. Déjà, avec son premier court-métrage, Katell Quillévéré a été fortement remarquée avec un film qui est allé à Cannes, et même aux César, dans la catégorie du meilleur court-métrage. Par la suite, ses deux autres courts vont connaître une belle carrière, ce qui fera qu’en 2010, elle sort son premier long, « Un poisson volant« . À partir de là, la réalisatrice va prendre son temps pour revenir, prenant le temps d’écrire tranquillement ses films. En 2013, elle sort « Suzanne« , un très joli film porté par Sara Forestier, puis en 2016, elle fait mieux avec « Réparer les vivants« , un drame poignant autour du don d’organes.

Pour son quatrième film, Katell Quillévéré va alors mettre sept années pour revenir, et quel retour ! Avec « Le temps d’aimer« , la réalisatrice se lance dans un film très intime et personnel, puisqu’elle revient sur le parcours de sa grand-mère. Enfin, elle adapte une partie de la vie de sa grand-mère, et s’intéresse à plusieurs secrets qu’elle a cachés à tout le monde, ou presque.

«  »Le temps d’aimer » se pose assurément comme l’un des plus beaux films de l’année. »

Romanesque, romantique, important, historique, riche et dense, car cette histoire traite de plusieurs sujets particulièrement intéressants, « Le temps d’aimer » se pose assurément comme l’un des plus beaux films de l’année, et démontre encore une fois le talent de sa réalisatrice, qui arrive à faire de plus en plus fort film après film.

1947, quelque part sur une plage, Madeleine rencontre François. Tous les deux sont abîmés, et tous les deux ont un secret. Leur rencontre sonne comme une évidence, et tout va aller très vite pour les deux amoureux. Mais leur amour pourra-t-il tenir face aux secrets de chacun ?

S’il y avait bien un film que j’attendais cette année, c’était bien le nouveau

Katell Quillévéré, parce que la réalisatrice n’a fait que faire de mieux en mieux, et son dernier, « Réparer les vivants« , fut une immense claque d’émotions, dont je ressens encore les vibrations sept ans après sa sortie.

Comme je le disais, pour son nouveau film, Katell Quillévéré a fait dans l’intime avec cette histoire qui retrace en grande partie l’histoire de sa grand-mère. Aussi beau qu’il est renversant, et tenu par deux grands acteurs, « Le temps d’aimer« , c’est plus de deux heures d’une histoire magnifique et terrible à la fois. Regroupant tout un tas de sujets importants, au travers de cette histoire, Katell Quillévéré va autant parler du nazisme et de la sortie de la guerre, avec le sort de ces femmes qui ont eu une histoire avec des allemands, ou qui ont tout simplement collaboré. Puis avec ça, « Le temps d’aimer » s’arrête aussi sur l’homosexualité et comment cette dernière était vécue dans les années 40/50 et 60. Rappelons qu’à cette époque-là, l’homosexualité était encore considérée comme un délit et passible de prison.

« Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste sont parfaits. »

D’ailleurs, le film tombe à point nommé, car dans notre actualité, le Sénat est en train d’étudier un texte de loi qui reconnaîtrait la responsabilité de l’état face aux douleurs et aux injustices commises à l’époque. Avec ça encore, le film nous parlera aussi beaucoup de la France de ces années-là, des dancings, des clubs, et de l’envie de fête à la sortie de la guerre. Puis, plus loin encore, Katell Quillévéré écrit deux superbes personnages qui vont se soigner l’un l’autre. « Le temps d’aimer » parlera évidemment d’amour et du couple. La façon dont la cinéaste parle du couple est tout simplement magnifique et bouleversant. C’est tellement beau de voir ces deux personnages se réparer, s’écouter et s’accepter, ou non.

Puis comme je le disais, Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste sont parfaits dans la peau de ces deux personnages qui m’auront fait vibrer du début à la fin. Enfin avec tout ça, « Le temps d’aimer » parlera aussi des secrets et comme une sorte de transmission de ces derniers, au travers des générations. D’ailleurs, il y a ici une très belle et difficile relation mère/fils, avec ce secret au début du film, la relation de sa mère avec un officier allemand. Bref, le film est d’une richesse folle, et jamais Katell Quillévéré ne se perd, ne se prend les pieds dans sa trame et ses histoires. Non, elle assure et tient son film de bout en bout, ce qui fait qu’on suit cette histoire avec passion et beaucoup, beaucoup, d’émotions.

«  »Le temps d’aimer » est superbe dans ce qu’il raconte. »

Si « Le temps d’aimer » est superbe dans ce qu’il raconte, il se fait aussi sublime dans sa mise en forme. Romanesque est souvent le mot employé pour décrire cette histoire qui se déroule sur une vingtaine d’années, et c’est bien la meilleure des définitions tant le film a su parfaitement raconter cette histoire, en offrant de grandes scènes de rencontres, des scènes d’amour intenses, de la comédie, du drame et de la romance. Puis le film est accompagné d’une superbe BO faite de cuivres, ce qui lui donne un charme supplémentaire.

Katell Quillévéré avait déjà fait sublime avec son « Réparer les vivants« , et aujourd’hui, avec cette histoire d’amour contrariée, avec tous ces sujets, avec la délicatesse et le romantique de sa mise en scène, avec son duo d’amour merveilleux, puis plus largement avec cette histoire moderne et d’actualité, alors qu’elle se déroule loin de notre époque, la réalisatrice livre là un petit chef-d’œuvre. Son film est une montagne russe d’émotions, qui aura su arrêter le temps pendant les plus de deux heures qu’aura duré ce « … temps d’aimer« . À peine vu, j’ai déjà envie de m’y replonger, c’est dire.

Note : 20/20

Par Cinéted

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