février 9, 2026

Mayhem – Liturgy of Death

Avis :

Quand on évoque le Black Métal, il y a forcément des images qui viennent en tête, et elles ne sont pas toutes catholiques. On pense à des églises en feu, des corps mutilés et des types maquillés comme des pandas. Malgré la noirceur qui semble se dégager du genre, on trouve des groupes qui ont pignon sur rue, et qui ont su maîtriser leur image sulfureuse avec une musique agressive, mais diablement technique. Officiant depuis les années 80, Mayhem s’est bâti une réputation des plus ambigües, côtoyant des types peu recommandables, et versant dans des histoires sordides. Se séparant en 1993, c’est l’année d’après que le vrai Mayhem prend forme, restant dans un Black Métal old school carré, délaissant tout de même le côté gore et sale pour aller vers des paroles tournant autour de la mort, de la guerre ou encore de la philosophie.

Forcément, aujourd’hui, quand Mayhem sort un nouvel album, c’est un peu un évènement, et surtout, c’est très attendu par les fans. Il faut dire que cela faisait sept ans que la formation n’avait pas sorti de nouvel opus, se contentant alors d’un Ep et d’une compilation entre temps. Mais voilà, Liturgy of Death pointe le bout de son nez chez Century Media Records et les norvégiens comptent bien égayer notre début d’année avec quelques morceaux velus. Et tout commence alors avec Ephemeral Eternity et ses grosses six minutes épiques et angoissantes. D’entrée de jeu, on a droit à un roulement de tambour tribal, une atmosphère poisseuse et délétère, puis un jeu de guitares qui pèse encore plus lourd sur cette ambiance morbide. Pas de doute ici, on navigue en plein Black pure souche, où le chant crié mettra un peu de temps à venir.  

Afin de peaufiner le côté éthéré du morceau, Garm du groupe Ulver vient apposer quelques murmures, rendant l’ensemble très cinématographique. On s’imagine volontiers une grotte éclairée par des torches, des types encapuchonnés qui scandent quelques cantiques macabres autour d’une pauvre nana attachée à un autel. Bref, comme entame, c’est délicieux, même si ça résonne comme très classique. Et c’est peut-être ça qui va porter préjudice à l’album, qui est très bon, mais qui manque d’une âme, d’une certaine modernité. Despair en est un exemple flagrant. Si le titre est bon et épouse pleinement le Black qu’arpente le groupe depuis ses débuts, il reste quand même très attendu, avec tous les gimmicks du genre. Il aurait été plus judicieux d’apporter, peut-être, quelques éléments plus Folk ou une variation de tempo qui aurait permis d’approfondir un peu plus l’ambiance. Il manque quelque chose en plus dans ce titre.

Weep for Nothing tente quelques petites choses durant ses sept minutes, mais là encore, il n’y a rien de vraiment surprenant ou marquant. Alors oui, Attila joue avec ses cordes vocales pour apporter quelques nuances, mais c’est trop fugace pour réellement être impactant dans le morceau. Aeon’s End est un titre sauvage et bourrin à souhait, qui n’est clairement pas là pour faire dans la dentelle. La batterie blaste à tout-va, le chant semble provenir d’outre-tombe, et la ligne de basse est ultra rapide. Bref, un morceau de Black qui ne réinvente pas la sauce, mais qui a le mérite de ne pas tergiverser pendant des lustres. Funeral of Existence reprend un petit peu le schéma des deux premiers titres. C’est assez redondant, mais il faut reconnaître cette volonté de poser une atmosphère angoissante et lourde. Le problème, c’est que ça commence à être poussif au bout d’un moment.

C’est le principal reproche que l’on peut faire sur cet album. Il répète jusqu’à la lie un schéma structurel sur plusieurs morceaux, à un tel point que parfois, on ne sait plus trop les différencier. Realm of Endless Misery, malgré un gros coup de tonnerre au démarrage, ressemble au morceau précédent, avec un énorme blast à la batterie. Propitious Death suit le même chemin, avec des mélodies qui se ressemblent. Il ne suffit de rajouter une note de plus aux guitares pour faire une différence flagrante entre les titres. Heureusement, le dernier morceau est un vrai cadeau. The Sentence of Absolution est un long morceau qui bénéficie d’une ambiance de dingue, et qui va prendre le temps de jouer avec nos émotions et les sensations. Le tout se terminant par un tambour tribal, formant une boucle avec le premier titre.

Au final, Liturgy of Death, le dernier album de Mayhem, va sans doute plaire aux fans de la première heure, car il s’agit vraiment d’un disque de Black métal qui fait peu de concession. Seulement, si on attend autre chose d’un tel groupe, il ne faudra pas trop compter dessus. Les norvégiens offrent une galette classique, bien fichu et techniquement irréprochable, mais à laquelle il manque une envie d’insuffler un élan de nouveauté et de modernité.

  • Ephemeral Eternity feat Garm d’Ulver
  • Despair
  • Weep for Nothing
  • Aeon’s End
  • Funeral of Existence
  • Realm of Endless Misery
  • Propitious Death
  • The Sentence of Absolution

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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