février 9, 2023

Un Hiver à New York

Titre Original : The Kindness of Strangers

De : Lone Scherfig

Avec Zoe Kazan, Andrea Riseborough, Tahar Rahim, Caleb Landry Jones

Année : 2019

Pays : Danemark, Canada, Suède, France, Allemagne, Angleterre, Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Fuyant un mari violent, Clara débarque à New York avec ses deux garçons pour prendre un nouveau départ. Mais rapidement, les difficultés s’enchaînent pour cette jeune mère célibataire et sans ressources. Alors qu’elle s’apprête à baisser les bras, son chemin croise celui d’Alice, une infirmière dévouée, Timofey, un restaurateur extravagant, John, un avocat désabusé, et de Marc, un ex-détenu en quête de rédemption. Tandis que de nouveaux liens vont se créer, des mains bienveillantes vont se tendre et faire renaitre l’amour, l’amitié et l’espoir d’une vie meilleure.

Avis :

Venue du Danemark, Lone Scherfig est une cinéaste qui s’est bâtie une jolie réputation avec des films comme « Un jour« , « Une éducation« , plus loin « Italian For Beginners » ou encore « Wilbur« . D’ailleurs, si jamais vous n’avez pas vu « Wilbur« , il faut le voir, ce film est une merveille totalement inconnue. Au gré des années, alors qu’elle avait été très présente au début de sa carrière, Lone Scherfig a aujourd’hui une tendance à se faire rare, notamment après l’échec qu’avait été « The Riot Club« , ce qui est dommage, car le film est lui pourtant très bon.

Désormais privée de sortie en salle, le nouveau Scherfig aura mis du temps à nous parvenir. Débarquant en VOD en décembre 2020, le film vient finalement de sortir en DVD ce mois-ci.

Comme toujours chez la réalisatrice, cette dernière nous a réuni un bien beau casting pour un petit film choral, qui va tristement se poser comme la première déception que je ressens venant de cette cinéaste ô combien talentueuse. Pourtant, l’histoire de cet « … hiver à New York » avait de quoi être intéressante et derrière ça, au sein du film, l’entraide entre les hommes fait chaud au cœur, et peut redonner espoir en l’humanité, mais c’est bien tout ce qu’on va trouver dans ce film, qui se fait monotone, assez long et qui manque cruellement de profondeur. Dommage.

Clara, mère de deux enfants, fuit un matin de chez elle avec ses deux garçons. Clara fuit son mari qui est un père violent. La jeune femme s’en va à New York, avec aucun plan de secours sous le bras. Très vite, Clara, qui n’a aucune ressource, enchaîne les problèmes, et elle finit par se retrouver à la rue avec ses fils. Mais c’est quand elle touche le fond qu’elle va faire la connaissance de plusieurs personnes qui vont lui tendre la main.

Deuxième film de Lone Scherfig à ne pas trouver le chemin des salles de cinéma, « Un hiver à New York » est un drame humain qui oscille entre douceur et amertume, pour livrer un portrait, celui d’une mère de famille, une maman courage, joliment tendre et un brin touchant.

Pour son nouveau film, la cinéaste danoise avait envie de nous entraîner dans un film où les hommes s’entraident. Un film où l’on ne passe pas à côté d’un SDF sans le voir, et même si le film, de manière générale, est ennuyant, cette vision de ces hommes et ces femmes qui vont lier une chaîne solidaire autour de cette femme et ses deux enfants, fait chaud au cœur. Cette chaîne, c’est le cœur et la vie de ce film. Mais voilà, malgré ça, malgré le regard bienveillant de Lone Scherfig et le fait qu’elle ne tombe pas dans le misérabilisme ou le pathos, il n’y aura rien à faire, cet « … hiver à New York » demeure un film ennuyant, qui se regarderait presque de loin, tant on a du mal à pleinement entrer dedans.

Le principal souci avec ce film, c’est son écriture. Alors que l’histoire que nous conte la metteuse en scène est on ne peut plus dramatique, son film ne dégage aucune émotion. En fait, on a l’impression qu’à force de vouloir éviter le pathos, elle a fait l’effet inverse et elle a tué toutes les émotions qui auraient pu se dégager de ce film. Du coup, on suit ces personnages de manière détachée, d’autant plus qu’alors que l’intrigue contient une dizaine de personnages, le film ne les développe pas vraiment.

Si l’histoire entre cette mère et le personnage incarné par Tahar Rahim prend plus de place, pour les autres, le film les survole et bien souvent les acteurs ne font qu’acte de présence. On peut même se dire que c’est assez fou de prendre un comédien aussi incroyable que Bill Nighy, pour ne rien lui faire jouer. Puis avec tous ces personnages, il y a un sentiment assez agaçant qui naît, celui que bien souvent, on ne comprend pas ce qu’ils font là, et pourquoi ils ont autant de place, et là, on cite volontiers Jay Baruchel ou Caleb Landry Jones

Derrière ces soucis d’écriture, « Un hiver à New York » est un film qui a aussi ses défauts dans la mise en scène de Lone Scherfig. Très étrangement, le film ne dégage pas grand-chose et ne tient pas d’ambiance. Ici, tout est plat, tout est monotone, et plus largement, ça manque de vie, de drame et d’émotion. C’est assez fou de voir que les malheurs s’enchaînent, et parfois même les drames, et rien n’y fait, aucune émotion s’invite. Puis au-delà de ça, « Un hiver à New York » traîne en longueur, voguant tranquillement sur ses presque deux heures de film, où l’on reste dans l’attente qu’il se passe enfin quelque chose qui nous prenne, nous emporte et nous touche plus que ce qui nous est offert. Vous l’aurez compris, rien n’y aura fait, et ce rythme, cette monotonie, demeurera sur tout le film.

Ce n’est pas ce très bon casting qui y changera quelque chose. Certes, Zoe Kazan et Tahar Rahim sont bons, tout comme Andrea Riseborough, Jay Baruchel, Caleb Landry Jones, Bill Nighy ou Esben Smed, mais comme je le disais, le film les survole, et bien souvent leurs personnages sont vides.

« Un hiver à New York » est donc ma première déception venant du cinéma de Lone Scherfig. Elle qui a été capable de bouleverser de bout en bout de film avec des œuvres comme « Un jour » ou « Wilbur » livre là un film dénué d’émotion. Un film bien trop lisse, qui ne dégage pas de caractère, et qui a une tendance à traîner de la patte, pour raconter pas grand-chose, ce qui fait que le temps nous paraît long, très long. Bref, une vraie déception.

Note : 08/20

Par Cinéted

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