février 7, 2023

Keepers – Rising Again

Avis :

Originaire d’Argentine, et porté par une chanteuse à la voix plutôt douce, rien ne prédestinait Keepers à officier dans un Heavy à tendance Power sur quelques morceaux. Formé dans les années 2010, la formation reste relativement obscure, même dans les sphères secondaires du Heavy. Il faut dire que peu d’informations filtrent quant à ce groupe, et surtout, il n’a sorti qu’un seul album en ce jour, Rising Again, paru en 2017 et de manière indépendante. Bref, entre un pays où le métal n’est pas forcément en terre sainte, une sortie confidentielle et une pochette qui fleure bon l’artisanat local, autant dire que l’on n’attendait rien de Keepers. Et pourtant, la surprise sera bien au rendez-vous, car derrière ses atours grossiers se cache une formation qui essaye de bien faire et mélange des styles particuliers, jusqu’à trouver un certain charme.

Le début peut laisser interrogateur. Entre sonorité de boîte à musique et violons, le groupe offre une introduction bizarre, éthérée, qui ne correspond pas forcément au délire Heavy que l’on va avoir par la suite. Rising Again est un pur titre Heavy, avec des riffs rapides et vifs, qui ne laissent aucun doute sur la direction prise par la formation. La chanteuse, qui répond au doux nom de Melani Hess, use et abuse de trémolos, mais globalement, elle fait bien le taf. Bien sûr, comme à chaque fois pour un groupe indépendant et sans label, il manque une vraie production derrière, qui apporterait un peu d’épaisseur dans les sonorités. Mais force est de constater que le morceau marche bien, même dans ses solos désuets au clavier, qui dérivent gentiment vers un Soft Métal étonnant, et pas si désagréable.

Passé cette surprise, The Chosen One renouera avec quelque chose de plus classique et moins marquant. Ou tout du moins qui n’arrive pas à retrouver une identité forte, ou une marque de fabrique personnelle. Il faut dire que c’est une chose difficile à faire quand on officie dans le Heavy, tant tout a déjà été fait. Le groupe retrouvera un peu de sa verve avec Master of All, titre fleuve qui se veut grandiloquent et puissant. Encore une fois, s’il manque une pointe de relief au morceau, ça reste une œuvre puissante et très intéressante. La chanteuse possède une voix particulière, qui pourrait aussi bien aller dans du Sympho que du Heavy. Mais le côté Sympho n’est jamais exploré, préférant alors aller dans une violence plus accrue et percutante.

High Priest ira aussi dans ce sens, même si on sent que l’aspect épique n’est plus trop mis en avant, au profit de la voix de la chanteuse. Immortal continuera sur ce même schéma, avec toujours des riffs rapides et percutants, mais qui sont contrebalancés par la voix de la chanteuse qui, malgré une tessiture assez grave, n’arrive pas vraiment à apporter un plus. Et c’est peut-être pour cela que le titre ne marche qu’à moitié, car il a le cul entre deux chaises, entre Heavy et un côté plus Sympho qui ne s’accepte jamais vraiment. Heureusement, le solo, parfaitement rodé, vient mettre tout le monde d’accord sur la technique des musiciens. Quant à Under the Pyramid, on sent que le groupe essaye de trouver une patte particulière, avec une introduction étrange qui aurait pu fonctionner si elle faisait une grosse référence à l’Egypte, ce qui n’est pas le cas.

Néanmoins, le titre reste plaisant à écouter et délivre un bon Heavy savamment orchestré et relativement puissant. Mais c’est vraiment avec l’interlude Sumerian Chant que la formation gagne des galons. Ici, la chanteuse se laisse aller à du vrai sympho, et il se dégage une atmosphère très particulière. On est emporté par ce chant qui rythme alors les derboukas pour donner un orientalisme envoûtant. C’est de ce genre de morceau que l’album a besoin pour s’élever de la masse, et c’est dommage que le groupe n’en utilise pas plus. Beast est aussi un titre bizarre, mais qui est bien plus marquant que les autres titres, notamment dans sa rythmique infernale et sa mélodie plus marquée. Enfin, Silent Awakening viendra clôturer l’album de belle façon, avec un clavier bien présent qui offre une aura particulière à l’ensemble. Bref, les trois derniers morceaux rehaussent largement l’album.

Au final, Rising Again, le premier (et dernier à ce jour) album de Keepers, est assez intéressant et s’éloigne vraiment de l’idée que l’on s’en faisait. Malgré un chemin indépendant compliqué, le groupe arrive à s’abroger de certaines scories et offre un effort louable, qui ne souffre que très peu de son manque de moyen. Reste maintenant à mieux travailler son univers pour pouvoir sortir d’une masse compacte de groupes qui veulent faire du Heavy.

  • Rising Again
  • The Chosen One
  • Master of All
  • High Priest
  • Immortal
  • Under the Pyramid
  • Sumerian Chant
  • Beast
  • Silent Awakening

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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