mai 26, 2024

Indiana Jones et la Dernière Croisade – Le Meilleur de la Saga?

Titre Original : Indiana Jones and the Last Crusade

De : Steven Spielberg

Avec Harrison Ford, Sean Connery, Denholm Elliott, John Rhys-Davies

Année : 1989

Pays : Etats-Unis

Genre : Aventure

Résumé :

L’archéologue aventurier Indiana Jones se retrouve aux prises avec un maléfique milliardaire. Aux côtés de la cupide Elsa et de son père, il part à la recherche du Graal.

Avis :

C’est en 1981 que débutent les aventures d’Indiana Jones au cinéma, sous l’œil avisé de Steven Spielberg et la plume de George Lucas. Le film est un grand succès, aussi bien public (plus de six millions d’entrées en France pour une recette globale de 390 millions de dollars) que critique (quatre Oscar en 1982), et rapidement, des suites sont mises en chantier. C’est ainsi que sort, en 1984, Indiana Jones et le Temple Maudit, l’opus le plus violent de la franchise, qui va faire aussi un joli score (plus de 211 millions de dollars de recette dans le monde), puis Indiana Jones et la Dernière Croisade en 1989, qui va devenir le deuxième film le plus lucratif de la licence, avec des recettes dépassant les 500 millions de dollars. Ce troisième long-métrage va être l’occasion de plonger dans la jeunesse de l’archéologue, mais aussi de découvrir son père.

Après avoir affronté des nazis et des indiens menaçants, Indiana Jones va de nouveau se frotter à des soldats du IIIème Reich en cherchant son père, porté disparu, mais aussi le St Graal afin d’avoir la vie éternelle. Construit comme un jeu de piste avec une énorme chasse au trésor, ce troisième film est conçu de façon ludique afin de mettre le spectateur dans la peau de l’aventurier et de découvrir avec lui les différentes énigmes posées sur son chemin. Pourtant, le démarrage ne pose pas de suite les fils rouges de l’intrigue principale. Ici, on va découvrir un jeune Indiana chez les scouts, qui va découvrir que des malfrats volent une croix inestimable. Cette entrée en matière permet de mettre en avant de l’action, de l’humour, mais aussi de poser un background autour du héros, de sa peur des serpents à son père autoritaire et quasi absent.

« Steven Spielberg dose parfaitement son long-métrage. »

Après cette entrée en matière virevoltante, on se retrouve en 1938, et un riche homme d’affaires demande à Indiana Jones de retrouver le St Graal, ainsi que son père, qui a disparu pendant sa recherche. Commençant son enquête à Venise, on va vite retrouver ses chaussons, avec des énigmes à résoudre, une belle jeune femme à séduire, et des ennemis qui sont liés à un grand pan de l’Histoire. Tous les éléments sont réunis pour nous faire accrocher rapidement au scénario, en mettant en plus en avant des personnages secondaires drôles et touchants, à l’image de Salah qui revient, ou encore de Marcus, prenant part entière à l’aventure. C’est une force de cet opus, celui de placer des personnages empathiques, qui ont des liens forts avec Indy et son père. Un père qui remplace les enfants des films précédents de par sa naïveté et sa maladresse.

Le duo Harrison Ford et Sean Connery fonctionne à plein régime, mais au-delà des acteurs qui sont formidables, c’est surtout l’écriture entre Indy et son père qui est touchante. Les deux hommes semblent presque étrangers au départ, puis au fur et à mesure de l’intrigue, on voit leur amour refaire surface, et quelques passages sont vraiment touchants, pointant du doigt le mal que peut faire le fait de taire ses émotions. Lorsque tout le monde pense qu’Indy meurt dans la chute du tank est un exemple parmi tant d’autres, sans que cela ne prenne le pas sur l’aventure, l’humour ou encore l’action. Steven Spielberg dose parfaitement son long-métrage, trouvant un bel équilibre entre les différents genres qu’il embrasse, ne tombant jamais dans la surenchère. Et puis s’il y a une chose que l’on ne peut retirer au film, c’est sa mise en scène qui n’a pas pris une ride.

« Le film est un vrai divertissement familial. »

Certes, certains effets spéciaux peuvent paraître vieillissant, mais ils participent aussi à cet effet nostalgique qui brille dans les yeux et le cœur de tous les quarantenaires (voire même cinquantenaires maintenant). Mais ils n’occultent aucunement la richesse des décors, et la caméra incisive de Spielberg, qui trouve toujours le bon angle pour rendre beaux les décors, même les plus anodins. L’action y est lisible, fluide, et même les notes d’humour sont bien mises en avant sans jamais tomber dans l’enfantillage. On pense au coup de la cheminée dans le château autrichien, ou encore à la course-poursuite en avion. Le réalisateur a ce don inné de mélanger des choses « violentes » comme des fusillades, avec des moments drôles et presque naïfs, à l’instar de cet avion qui pénètre dans le tunnel et double la voiture des héros. Ainsi, le film est vraiment tout public et devient un vrai divertissement familial.

Très clairement, ce qui fait que ce troisième opus est peut-être le meilleur de la saga, c’est sa faculté à mélanger les émotions, mais aussi à fournir un fond intéressant et intelligent. Outre les résolutions d’énigme qui joue avec la Bible et les croyances chrétiennes, on retrouve un contexte politique fort avec la montée du nazisme et le spectre de la Seconde Guerre Mondiale. Cela ne prend pas toute la place du film, mais Spielberg est assez malin pour jouer avec cette imagerie et montrer les plans diaboliques des soldats allemands, avec en prime l’aide d’un milliardaire mégalo. On voit que tout ce qui compte n’est que ce qui brille, et souvent, délaisser les sentiments et les réflexions mènent à la perdition, comme ce final dantesque lorsque le méchant se trompe de coupe. Sans en faire des caisses, le réalisateur en raconte beaucoup.

Au final, Indiana Jones et la Dernière Croisade est une réussite sur quasiment tous les plans. Doté d’une mise en scène exemplaire, jouissant d’un rythme qui n’arrête pas une seconde, jouant avec les émotions, l’humour et l’aventure et porté par des personnages et des acteurs charismatiques, il est difficile de trouver un film d’aventure qui rivalise avec ce dernier. Bref, Steven Spielberg n’a pas volé toutes les louanges autour de ce film, qui reste, de façon très personnelle, le meilleur volet de la franchise.

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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