mars 3, 2026

Necrofier – Transcend into Oblivion

Avis :

Quand on fait partie d’un groupe, il faut vraiment aimer le style abordé par ledit groupe. Cependant, il peut arriver que parfois, on en a marre de ce genre, et l’on souhaite partir faire autre chose. C’est un peu comme cela que naissent certains side-project ou encore des carrières solos de guitaristes et autres chanteurs. C’est un peu comme cela qu’est né Necrofier, groupe américain de Blackened Death, ou de Melodic Black Metal selon certains médias. Fondé en 2018, il se compose de plusieurs membres (et ex membre) d’Oceans of Slumber, groupe de Gothic Metal que l’on vous conseille ardemment. Le plus marrant là-dedans, c’est qu’hormis le batteur, qui joue toujours pour les deux groupes, les deux autres types ne font pas les mêmes instruments au sein des formations. Le bassiste d’Oceans of Slumber est ici guitariste, et celui qui fut claviériste est bassiste dans Necrofier.

Transcend into Oblivion est le troisième effort studio du groupe, qui délaisse alors Season of Mist pour partir chez Metal Blade Records. Un changement que l’on peut trouver étonnant, puisque Season of Mist verse plus dans le Black et correspond plus aux attentes du groupe, mais les choses se sont faites ainsi. Bref, tout ça pour en revenir à ce nouvel album qui possède une playlist étonnante, puisqu’il n’y a que trois chansons, qui sont découpées chacune en trois parties (si tu es bon en maths, tu as capté que cela fait donc neuf morceaux) et deux interludes ainsi qu’une conclusion, pour un total de douze pistes. Le rendu aurait donc pu être intéressant à plus d’un titre, et si dans les faits, l’album est bon, on va vite se rendre compte qu’il ne réinvente pas la sauce, et se contente du minimum syndical.

Le premier triptyque se nomme Fires of the Apocalypse, Light my Path. Le premier segment dépasse les cinq minutes et fleure parfaitement le Melodic Black Metal. C’est virulent, c’est percutant, le batteur, très martial, frappe de façon indéboulonnable sur ses fûts avec puissance, et la guitare possède quelques arpèges aériens qui, malheureusement, se répètent un peu trop. En fait, le groupe joue beaucoup sur une ambiance un peu mortifère pour créer un sentiment d’angoisse et d’urgence. Et cela ne marche qu’à moitié. Le deuxième segment, par exemple, utilise les mêmes gimmicks mélodiques, sauf qu’il y ajoute une voix féminine fantomatique pour parfaire une atmosphère glauque. Mais tout cela manque cruellement d’originalité. Le groupe se repose trop sur ses acquis, et oublie parfois de prendre des risques. Ce sentiment, on le retrouve aussi avec le troisième segment, qui arrive à prendre un peu plus variations.

Après ce début tonitruant, mais finalement assez attendu, on tombe sur le premier interlude, Behold, the Birth of Ascension, et on retrouve cette atmosphère un peu satanique, qui joue sur un aspect gothique mélancolique et diabolique. C’est plutôt surprenant, mais on s’éloigne tout de même d’un vrai morceau de musique. C’est alors que déboule le triptyque Servants of Darkness, Guide my Way. Le premier segment envoie la sauce et ne laisse aucune seconde de répit. C’est puissant, ça prend aux tripes, mais encore une fois, ça manque d’une réelle prise de risque. Il manque une vraie identité au groupe pour vraiment nous attraper. Et il ne suffit pas de mettre des chœurs masculins pour changer la donne. Le deuxième passage est plus maîtrisé, il porte plus les stigmates d’un groupe qui se cherche et tente d’apporter des choses nouvelles sur la scène du Blackened Death.

La guitare est plus présente, le solo rentre parfaitement dans cette dissonance recherchée, et on va en prendre plein la tronche. En attaquant la troisième partie, on pense que le groupe va nous cueillir avec un démarrage plus lent, plus insidieux, mais rapidement, les choses évoluent pour aboutir à la même chose qu’auparavant. Cependant, on y décèle une pointe d’originalité qu’il nous manquait tant. Mystical Creation of Enlightenment est certainement le meilleur morceau de l’album, avec une guitare folk et un côté presque hispanique dans les sonorités. Une vague apaisée et sublime, qui permet alors de lancer le trio Horns of Destruction, Lift my Blade. Encore une fois, c’est parfaitement exécuté, mais il manquera ce grain de folie, cette envie de surprendre et de cueillir son auditoire. Les fans du genre seront conquis, mais les autres en demanderont sans doute plus.

Au final, Transcend into Oblivion, le dernier album de Necrofier, est un bon album de Melodic Black Metal, même s’il lui manque un peu d’originalité, ou tout du moins d’une envie de bousculer les codes. Très classique dans son déroulement, simple dans son appréhension, l’album reste assez transparent malgré tout, la faute à une absence de prise de risque et de morceaux qui restent un long moment en tête. Bref, un skeud plaisant, réussi dans son genre, mais qui manque de prise de risque…

  • Fires of the Apocalypse, Light my Path I
  • Fires of the Apocalypse, Light my Path II
  • Fires of the Apocalypse, Light my Path III
  • Behold, the Birth of Ascension
  • Servants of Darkness, Guide my Way I
  • Servants of Darkness, Guide my Way II
  • Servants of Darkness, Guide my Way III
  • Mystical Creation of Enlightenment
  • Horns of Destruction, Lift my Blade I
  • Horns of Destruction, Lift my Blade II
  • Horns of Destruction, Lift my Blade III
  • Toward the Necrofier

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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