avril 16, 2026

Vomitory – In Death Throes

Avis :

En règle générale, dans le domaine du Death Métal, on repère rapidement les groupes en fonction de leur nom. Il ne faut pas chercher bien loin, et quand il est question de trucs dégueulasses autour du corps humain, on tombe pile poil. Ou alors, ce sont des noms équivoques et provocateurs sur la religion, par exemple. Bref, il ne faut pas s’attendre à entendre de la harpe chez Vomitory. Groupe suédois de Death métal qui s’est fondé à la toute fin des années 80, le groupe a rapidement su évoluer vers un Death classique mais diablement efficace, et ce malgré quelques fulgurances punks dans leur deuxième album. Fort de deux hiatus et d’un retour depuis 2018, le groupe sort son dixième album en 2026, In Death Throes, tout en proposant l’arrivée d’un tout nouveau guitariste en lead, en la présence de Christian Fredriksson.

Forcément, avec la venue d’un nouveau musicien, surtout en lead, cela attise la curiosité, et peut relancer une machine un peu grippée. Pour rappel, le précédent album de Vomitory, All Heads are Gonna Roll, a eu un bon accueil, sans être faramineux non plus. Ici, pour ce nouvel opus, on n’attendait pas vraiment de grosse surprise, et In Death Throes s’avère être un album plaisant, mais qui ne sort jamais vraiment des sentiers battus. On reste dans ce que le groupe sait faire, sans jamais vraiment prendre de risque, malgré quelques fulgurances à la guitare pour de jolis solos. Rapture in Rapture, le premier titre, le prouve, avec un démarrage tonitruant, une voix d’outre-tombe, et un petit solo à la fin, pour clôturer tout ça. C’est simple, carré, efficace, et au final, on n’en demande pas plus. La réelle surprise proviendra du morceau suivant.

For Gore and Country est un titre qui balance un riff addictif dès son début. Il y a comme un effet rouleau-compresseur qui ne laisse rien au hasard, et on en prend plein les oreilles. Même la structure, classique, reste en tête, et c’est plutôt agréable. Alors oui, il faut être un peu sensible aux gargarismes et à une vitesse d’exécution délirante, mais cela reste tout de même assez accessible. Quant à Forever Scorned, on va un peu tomber dans les clichés du genre. Ce n’est pas mauvais, mais ça reste très classique et interchangeable avec d’autres groupes de Death. Il manque une vraie identité au morceau pour qu’il reste plus en tête. De plus, on a une sensation de redondance avec le titre précédent, notamment dans les riffs lors des couplets. Venant d’un groupe comme Vomitory, on est en droit d’en attendre davantage.

Wrath Unbound marque une étape dans l’album. Ici, le rythme est moins soutenu dans son démarrage, et on va prendre plus de plaisir à l’écoute grâce à ce changement. C’est plus propre que précédemment, plus clair aussi, et on sent un peu de nouveauté dans les sonorités, qui sont apportées par le nouveau guitariste. C’est vraiment là que l’on attend le groupe. In Death Throes est aussi un titre qui fonctionne bien, avec son ambiance apocalyptique et son refrain qui marque les esprits. Malheureusement, ce bel enchaînement ne va pas durer, puis Cataclysmic Fleshfront va revenir à un Death old school qui manque de personnalité et d’innovation. Clairement, on tombe dans un truc trop rapide, trop classique pour réellement marquer les esprits et les tympans. Alors oui, ça frappe fort, très fort, mais ça manque d’une réelle marque de fabrique, d’une patte particulière.

Et derrière cela, les choses ne vont pas forcément s’améliorer. Ce n’est pas une catastrophe, mais on va ressentir une légère redondance à l’écoute. D’ailleurs, fait étonnant et intéressant, les deux morceaux suivants durent exactement la même durée, ce qui montre une certaine fainéantise dans la composition des morceaux. Two and a Half Man est un morceau de gros bourrin, où la finesse a clairement foutu le camp. Le travail du nouveau guitariste ne s’entend pas vraiment, la faute à une absence de solo qui pourrait rompre un peu la monotonie de l’ensemble. Ce sera sensiblement la même chose avec Erased in Red, mais le début est pus intéressant, notamment avec une belle ligne de basse, et une guitare plus marquée. The Zombie War General n’a pas vraiment d’intérêt et peut se voir comme un titre bouche-trou. Enfin, Oblivion Protocol clôture l’album de façon percutante, avec un joli solo (enfin !).

Au final, In Death Throes, le dernier album de Vomitory, demeure un effort studio plaisant et qui ravira les fans de Death métal. Les suédois ne prennent strictement aucun risque dans cet album, offrant un Death classique et sans surprise, mais qui fait amplement le taf. On regrette juste qu’avec un nouveau guitariste, la formation ne soit pas plus exigeante avec lui, réduisant alors ses prestations à deux solos au sein de l’album, ce qui est trop peu…

  • Rapture in Rapture
  • For Gore and Country
  • Forever Scorned
  • Wrath Unbound
  • In Death Throes
  • Cataclysmic Fleshfront
  • Two and a Half Man
  • Erased in Red
  • The Zombie War General
  • Oblivion Protocol

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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