
De : Gregory Jacobs
Avec Emily Blunt, Ashton Holmes, Martin Donovan, Ned Bellamy
Année : 2007
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Résumé :
Deux étudiants rentrent dans leur famille respective à l’occasion des vacances. Ils partagent la même voiture et tombent en panne sur une vieille route, complètement déserte. Très vite, ils sentent une présence étrange et menaçante autour d’eux. : les fantômes de ceux qui ont péri sur cette voie viennent s’en prendre à eux…
Avis :
Producteur, puis deuxième assistant réalisateur avant de devenir le premier assistant réalisateur de Steven Soderbergh, Gregory Jacobs va aussi avoir une carrière de réalisateur. Cette carrière commence en 2004 avec Criminal., un policier qu’il a produit, écrit et réalisé, avec notamment John C. Reilly et Diego Luna. Le film va rester relativement confidentiel malgré un casting solide. Trois ans plus tard, il change de registre, et décide de partir dans l’horreur fantastique avec Wind Chill. Mettant en scène une certaine Emily Blunt alors en début de carrière, le long-métrage ne va pourtant pas faire grand bruit non plus. Pire, il n’aura pas les grâces de nos salles de cinéma, et devra se contenter d’une sortie en VOD. Et après visionnage, on comprend pourquoi.

Wind Chill pourrait s’apparenter à un huis clos, avec deux étudiants qui prennent la même voiture pour aller chez eux pendant les fêtes de Noël. Manque de bol, alors que le conducteur prend un raccourci enneigé, il évite un poids lourd et se retrouve dans une congère. La voiture est bloquée, la nuit tombe, et personne ne prend cette route. Les deux étudiants vont donc devoir patienter toute la nuit, qui s’annonce glaciale. C’est le point de départ de cette histoire, si l’on excepte le début qui essaye, vainement, de donner du background aux deux protagonistes. Histoire de donner un peu de grain à moudre, il va y avoir un léger suspens sur l’identité du conducteur, ou tout du moins sur ses intentions. Petit à petit, on en apprend un peu plus sur lui, et on va rapidement dédramatiser.
« on va tomber dans un truc vaguement Kingien »
Et ce passage est à l’image de tout le côté horrifique du film. Outre le fait qu’il ne se passe pas grand-chose, le scénario ne va jamais au bout des choses, ou alors, il ne tient jamais ses promesses. Le premier élément survient lorsque le garçon s’absente dans l’espoir de rejoindre une station-service pour trouver de l’aide. La jeune femme découvre alors une personne errante sur la route, mais il s’agit d’une sorte de zombie/fantôme qui va cracher une anguille. Rapidement, on comprend que des fantômes vont venir tourner autour de la voiture, faisant alors peur aux deux jeunes gens. Mais cela ne va pas durer trop longtemps, puisqu’un fantôme plus puissant que les autres va surgir. Il s’agit d’un policier relativement violent, mais qui semble provenir des années 50. Et là, on va tomber dans un truc vaguement Kingien.
Parce que oui, il est assez difficile de ne pas évoquer Désolation de Stephen King quand on voit le déroulé du film. Certes, nous ne sommes pas dans le désert, et le policier est un fantôme et pas un Dieu oublié, mais il y a d’énormes similitudes. Le problème, c’est que Wind Chill ne sait jamais comment gérer son suspens. Déjà parce que les deux protagonistes ne sont guère intéressants, mais en plus, ils ne semblent jamais inquiets par ce qui leur arrivent. A titre d’exemple, le scénario prévoit de jouer avec les jours/nuits et l’espace-temps. Pourquoi pas ? Mais cela n’intrigue jamais les personnages. Ils acceptent ces moments de flottement sans vraiment se prendre la tête ou paniquer. De plus, les éléments « historiques » sont révélés via des flashbacks vus par Emily Blunt, mais on ne sait pas pourquoi elle voit ça.
« Le film ne critique rien et n’arrive pas à se rendre intéressant. »
Le scénario prévoit aussi des moments qui sont plus liés à de la survie dans un grand froid. Malheureusement, là aussi ça reste anecdotique. D’une part parce que les personnages ne sont pas assez charismatiques et travaillés. Et d’autre part parce que les situations sont très redondantes. On a des discussions stériles autour du sac de vivres laissés sur le parking. Les protagonistes remontent sans arrêt un vieux papier journal pour bloquer une fenêtre entrouverte. Et parfois, on a des éléments « médicaux » qui surviennent pour rapprocher les personnages, comme des engelures aux mains, qu’il faut réchauffer autour du ventre de la jeune femme. Tout cela reste superficiel et sans aucun intérêt. D’autant plus que le film n’a pas vraiment de fond. Certes, on a un élément passé qui montre un flic tyrannique et zinzin, mais il n’y a pas de message de fond. Le film ne critique rien et n’arrive pas à se rendre intéressant.

Au final, Wind Chill est un film d’horreur qui est tombé dans l’oubli aujourd’hui, et on comprend aisément pourquoi. Gregory Jacobs ne parvient jamais à créer une atmosphère angoissante et glaciale, et surtout, il présente deux personnages qui sont totalement insipides, n’arrivant jamais à créer de l’empathie. Même au niveau de la mise en scène, c’est très bateau, sans élément horrifique fort. Il ne suffit pas de montrer un type étrange qui boîte dans la neige pour créer de l’angoisse. Bref, Wind Chill est un film inconséquent, qui a pour seul avantage de mettre en avant Emily Blunt, qui s’en sort comme elle peut avec un rôle qui ne brille pas par son originalité. Bref, un long-métrage ennuyeux à plus d’un titre.
Note : 07/20
Par AqME
