
Titre Original : Psalm 21
De : Fredrik Hiller
Avec Jonas Malmsjö, Niklas Falk, Björn Bengtsson, Görel Crona
Année : 2009
Pays : Suède
Genre : Horreur
Résumé :
Parti dans les forêts du Norrland pour découvrir la vérité sur la mort mystérieuse de son père, un prêtre commence à remettre en question ses croyances religieuses.
Avis :
S’il y a bien une chose qui devient de plus en plus commun dans le cinéma, ce sont les acteurs qui passent derrière la caméra. Il faut dire que quand on aime et s’intéresse au septième art, on a toujours tendance à zieuter tous les métiers, et se pencher plus en avant vers des préférences. Certains iront plutôt vers la musique, tandis que d’autres seront plus fascinés par les jeux de lumière ou la photographie. Bref, des acteurs (et actrices) qui deviennent réalisateurs (réalisatrices), il y en a des tas. Fredrik Hiller est à la base un acteur suédois qui a commencé sa carrière à la fin des années 90 et au début des années 2000 dans des séries télévisées de son pays. Il ne va aller que très rarement dans le cinéma, sinon à travers le film d’animation, comme La Légende de Beowulf de Robert Zemeckis.

Pourtant, c’est bien dans les salles obscures qu’il souhaite se lancer pour son premier projet de réalisation. Comme bien souvent quand un cinéaste se lance dans un premier film, il décide d’aller dans le cinéma d’horreur, ce qui va lui permettre d’être plus libre et plus expérimental. C’est ainsi que Psaume 21 voit le jour, dans une discrétion inquiétante. Aujourd’hui film presque caché disponible sur la plateforme de Disney+, certains éléments laissent interrogateur. Premièrement, pour trouver le film, il faut taper « horreur » dans la barre de recherche pour qu’il apparaisse. Deuxièmement, sur tous les sites internet spécialisés dans le cinéma, il est inscrit que le film avoisine les deux heures, sauf que là, il ne dure qu’une heure et quart. La plateforme proposerait-elle une version tronquée ? Bref, toutes ces questions n’empêchent pas de plonger dans le long-métrage… et de le regretter amèrement.
« tous les éléments du drame pathos sont présents »
Psaume 21 commence de façon très étrange. On a droit à une scène d’introduction très cheapos, où une femme donne le petit-déjeuner à son enfant, et elle va se mettre à vomir avant de s’écrouler sur le sol. Après cela, on retrouve une image à peu près normale, et on suit un prêtre plus aimé dans sa communauté, mais qui a des problèmes personnels. En rentrant chez lui, on voit qu’il embauche une nounou pour s’occuper de son fils, et il est très mal à l’aise avec lui. On sent un conflit entre les deux personnages, avec des silences gênants, et un père qui ne sait pas comment parler à son fiston. Bref, tous les éléments du drame pathos sont présents, avec en prime l’arrivée de l’ex-femme et du beau-père, que l’enfant semble plus aimer que son propre géniteur. Bref, ce n’est pas la joie.
Et histoire d’en rajouter une couche, c’est à ce moment-là que notre cureton apprend le décès de son père. Quitte à mettre du pathos, Fredrik Hiller n’y est pas aller de main morte. Le problème, c’est que tout cela arrive très vite, avec des personnages à peine esquissés, et dont on se fout un peu (beaucoup). Rien n’est fait pour nous faire ressentir de l’empathie pour ce prêtre un peu paumé, qui va devoir affronter ses démons. Car il décide alors de partir aux funérailles de son père, avec la ferme intention d’en savoir plus sur cette mort annoncée par un médecin légiste. Il tombe alors en panne et se retrouve dans une famille qui connaissait bien son père. Bien sûr, les choses vont partir en eau de boudin quand le prêtre va commencer à avoir des hallucinations, et à se faire tenter par la fille de la famille.
« Le film accumule alors toutes les tares du cinéma d’épouvante »
Le film accumule alors toutes les tares du cinéma d’épouvante. Outre une réalisation cheap et fauchée, on aura des situations ubuesques qui n’auront ni queue ni tête. A titre d’exemple, la séquence de la tentation dans la grange est d’une ringardise crasse, et montre bien à quel point ce type est faible. Et cette séquence permet de voir la faiblesse de la mise en scène, avec une situation qui se répète trois fois de la même façon, sans jamais y apporter le moindre changement pour titiller notre curiosité. Si l’on peut passer outre des effets spéciaux qui, même pour l’époque, étaient franchement mauvais (des visages qui deviennent monstrueux), il est difficile d’accorder du crédit à l’écriture de ce film, tant tout part dans tous les sens, n’abordant que très rarement le fond, à savoir qui a tué le père, et pour quelle raison.
Ce qui est dommage, c’est que l’on sent que le réalisateur veut aborder un thème en particulier, celui de la religion, et de sa propension à enfermer les gens dans des idéaux factices, et notamment dans l’absence d’enfer au sein de l’église suédoise. Le film aurait pu se faire intéressant avec un prêtre dissident, qui a été tué pour ses idées, mais cela est inséré au sein d’un intrigue qui se perd en cours de route, et nous perd totalement. Cette famille bizarre manque de poids, de personnages attachants ou détestables, et au final, on se retrouve à suivre ça de manière détachée, sans jamais se sentir impliqué. La fin demeure intéressante, avec un prêche qui va remettre en question les fondements même de l’église, ainsi que sa notion d’amour, tout en se faisant mettre à la porte par les pratiquants, mais on est loin, très loin du cinéma d’horreur.

Au final, Psaume 21 est un très mauvais film d’horreur, qui semble être tronqué pour que l’on puisse bien comprendre l’histoire. Mais si c’est du même tonneau que ce que nous propose la plateforme de streaming, alors cette heure et quart suffit amplement. Mou, n’abordant jamais frontalement son thème principal, restant flou sur cette secte et ses intentions, le film manque cruellement d’allant et d’épouvante pour convaincre. Pire, on s’y ennuie comme rarement, avec des personnages que l’on va rapidement détester. Bref, un film qui mérite complètement l’oubli dans lequel il végète depuis un petit moment…
Note : 05/20
Par AqME
