juin 24, 2024

Blacksmith Legacy – Battalions of the Northern Realm

Avis :

Les maisons de disques sont de plus en plus frileuses quand il faut signer un contrat avec un nouveau groupe, surtout lorsque celui-ci évolue dans un genre particulier. Il y a tellement de sous-genres dans le métal, que parfois, certains courants peuvent sembler rétrogrades, ou passés de mode, et il devient compliqué pour les groupes de faire parler d’eux. Il reste alors le chemin de l’autoproduction, mais cela signifie des moyens d’enregistrement moindres et une diffusion plus limitée. Pour autant, c’est ce qu’a choisi de faire Blacksmith Legacy, groupe de Heavy/Power suédois fondé en 2009, dont Battalions of the Northern Realm, sorti en 2019, est uniquement le second effort studio. Il faut dire que le groupe a connu un gros remaniement en 2013, juste après leur premier album, changeant alors de guitariste, de bassiste et de chanteur. On fait donc presque face à un tout nouveau groupe.

Si l’on se fie à la pochette, on peut craindre un album enregistré à l’arrache, avec un artwork fait par l’un des membres du groupe, ou peut-être par un enfant. Rien de bien attirant, et pourtant, on va vite se rendre compte qu’il ne faut pas se baser sur une simple pochette. Après une introduction très classique (March of the Titans), le groupe débloque sa playlist via le titre éponyme de l’album. Et c’est une belle surprise. Si l’on n’aura pas forcément des prouesses techniques, le mélange Heavy/Power est suffisamment maîtrisé pour nous entrainer dans une épopée aux refrains entêtants. C’est plutôt bien produit, et on va se prendre au jeu, levant le poing, prêt à partir à la bataille avec nos amis vikings. Avec Blacksmith Legacy, l’ambiance change un peu, avec un rythme plus lent, et un ressenti plus Heavy.

En faisant ainsi, le groupe évite la redite et la lassitude. Et il prouve aussi qu’il est à l’aise dans des genres différents, mais qui trouvent des connexions dans les thèmes et dans certains élans épiques. Le seul reproche que l’on peut faire à ce titre, c’est qu’il manque peut-être d’un refrain catchy. Mais à la place, on aura un joli solo de gratte, montrant toute la qualité technique des musiciens. Far From the Light ira encore plus loin dans l’aspect Heavy, avec un rythme plus rapide et plus soutenu. Il sera difficile de ne pas hocher la tête en rythme avec ce morceau. Encore une fois, la surprise est au rendez-vous tant c’est propre dans sa production, le groupe arrivant à rendre tout cela crédible et puissant. Cela se confirmera avec Demolition Man, gros titre plein de rage et de nerfs.

Du Heavy bien lourd, qui s’entiche en plus d’un refrain simple, mais très efficace. Il suffira d’ailleurs d’une seule écoute pour scander « he’s the demolition man » durant celui-ci. Et puis survient Arms of Fate, qui va venir nous cueillir et nous surprendre. En effet, il s’agit d’une ballade lente au départ, puis qui va monter crescendo. La grande force de ce titre se trouve dans sa rupture qui explose, et dans son refrain d’une grande justesse. Il n’est pas étonnant que le groupe en propose une version acoustique en toute fin d’album, prouvant, si besoin l’en est, la qualité technique du groupe. All Stars in Heaven va venir confirmer la grande forme de ce milieu d’album, avec un titre nerveux, mais qui n’en fait pas des caisses, et trouve le juste milieu entre Heavy et Power. Et encore une fois, que dire du refrain qui fonctionne à 100%.

Burn Down in Hell est le morceau le plus percutant et rapide de l’album. On est dans un registre Heavy assez classique, mais ça marche très bien, même si on ressent un côté plus générique par rapport aux autres morceaux. Et Information Overlord va nos surprendre. Il ne s’agit pas ici d’une ballade, mais d’un morceau qui peut faire très rétrograde, avec un aspect Heavy léger des années 80, à la rythmique rapide, mais au chant aigu dans le refrain (notamment sur le back-up) et qui dénote un peu avec le reste de l’album. Néanmoins, on a droit à une véritable démonstration technique, et finalement, ce côté léger permet de souffler un peu et de se rendre compte que le groupe sait tout faire. Self Esteem Machine renoue avec le côté Heavy/Power, mais manque peut-être d’originalité. Puis enfin, Battalions Hymn nous donne envie de repartir à la guerre.

Au final, Battalions of the Northern Realm, le dernier album en date de Blacksmith Legacy, est une véritable réussite, doublée d’une sacrée surprise. Les suédois arpentent un chemin connu des amateurs, mais ils le font de manière subtile et intelligente, n’essayant jamais d’en faire trop, et trouvant un bel équilibre entre technique et efficacité des refrains. Bref, un album qui donne envie de partir guerroyer sur son canasson, dans les grandes plaines enneigées scandinaves.

  • March of the Titans
  • Battalions of the Northern Realm
  • Blacksmith Legacy
  • Far From the Light
  • Demolition Man
  • Arms of Fate
  • All Stars in Heaven
  • Burn Down in Hell
  • Information Overlord
  • Self Esteem Machine
  • Battalions Hymn
  • Arms of Fate (Acoustic Version)

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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