juin 23, 2024

Soen – Memorial

Avis :

Fondé en 2004 par le batteur Martin Lopez, quittant alors Opeth, Soen va réellement devenir actif à partir de 2010. Leur premier album, Cognitive, va être un succès, installant les suédois dans un métal progressif qui lorgne du côté du groupe précité, mais qui va rapidement s’en détacher avec les efforts suivants. En effet, malgré des itérations progressives avec de longs morceaux, Soen a toujours voulu faire plus court, et éviter les titres fleuves. De ce fait, le groupe se démarque vraiment, en plus du chant incroyable de Joel Ekelof, octroyant une vraie identité à la formation. En 2021, Soen sortait Imperial, un véritable chef-d’œuvre, qui oscillait constamment entre Prog et Alternatif. Difficile de faire suite à ce skeud sans créer une légère déception, mais Memorial va tisser des liens avec tous les albums précédents, et surtout montrer sa volonté de toujours flouter les limites entre Prog et Alternatif.

Dès le premier morceau, Sincere, on sent que le groupe veut envoyer du pâté et ne pas se cantonner à du Progressif qui prend son temps pour démarrer. Dépassant légèrement les quatre minutes, le groupe va venir nous cueillir via des riffs puissants et une batterie qui déroule sévère. On trouvera toujours un break consistant, avec une guitare plus aérienne qu’à l’accoutumée et un passage calme qui va permettre de relancer la machine. Même le chanteur va jouer de sa palette vocale, allant plus loin dans une tessiture granuleuse. Unbreakable, qui fut choisi comme premier single, est la parfaite synthèse de la nouvelle recette Soen. Les roulements riffs et batterie viennent nous percuter, puis le chant clair apporte une certaine légèreté, malgré la gravité des paroles. Il en résulte un titre accessible, qui laissera de côté les fans de Prog, mais qui s’avère d’une redoutable efficacité.

On retrouve un peu de cela avec Violence. Le démarrage est tonitruant, ça part sur un duel batterie/guitares solide, et même si les refrains sont plus doux, on se réjouira d’un refrain percutant, et qui reste en tête. Mais là aussi, le groupe trouve une certaine identité malgré la simplicité apparente du titre, notamment sur le break, calme et au piano, qui permet de donner plus de poids au refrain qui arrive derrière. Avec Fortress, Soen perd un peu pied. Le morceau est loin d’être mauvais, mais il ne marque pas autant que le reste. Il est dynamique, solide, mais ne détient pas vraiment d’éléments forts, si ce n’est la nervosité des riffs, qui se délitent par la suite. Puis survient alors Hollowed, et là, on est touché par la grâce. Il s’agit de la première ballade (sur trois) de l’album, est c’est tout simplement divin.

Ici, le groupe embauche Elisa Toffoli, une star de le pop italienne, que l’on a déjà pu entendre avec Ennio Morricone pour la bande originale du film Django Unchained, et il y a une osmose qui s’installe directement. Le morceau est envoûtant et d’une douceur rare, qui fait qu’il nous touche en plein cœur, d’autant plus avec ce solo magique qui évoque Pink Floyd. Il s’agit sans doute du meilleur titre de l’album, alors qu’on est là pour écouter du métal. Mais même les plus chevelus ont un cœur. Memorial va d’ailleurs nous rappeler que l’on n’est pas là pour se la couler douce. Les riffs sont très agressifs, avec un tempo guerrier en diable qui va vite nous donner envie de bouger la nuque dans tous les sens. Si le break est aérien, Martin Lopez en profite qui rouler des mécaniques à la batterie, lançant alors un superbe solo.

Incendiary, un peu au même titre que Fortress, va moins marquer l’auditeur. Cependant, il demeure un titre puissant, qui contient de jolis moments de bravoure, notamment au début. Et puis il rentre parfaitement dans cette playlist d’une rare cohérence. Tragedian vient alors calmer nos ardeurs, en arpentant le chemin de la deuxième ballade. Le titre est beau, avec des élans de grattes tout doux, et sur des nappes de clavier qui vient épaissir l’ensemble. Difficile de rester insensible à ce morceau. Icon vient alors nous taper derrière la nuque pour nous réveiller dans un dernier sursaut d’éclat. Un dernier sursaut car l’album se termine avec Vitals, et il va largement s’éloigner du reste. Troisième et dernière ballade, on aura droit à un joli piano voix progressif qui va nous arracher quelques larmes et démontre toute la qualité vocale de Joel Ekelof.

Au final, Memorial, le dernier album de Soen, peut paraître en deçà des deux précédents opus, et pourtant, il se révèle différent. Plus court, plus concis, mais cohérent et doté d’une sensibilité à fleur de peau, on ne peut rester insensible à la proposition du groupe suédois. Si les amateurs de métal progressif bouderont cet album, pour les autres, ce sera un vrai bonheur d’écoute.

  • Sincere
  • Unbreakable
  • Violence
  • Fortress
  • Hollowed
  • Memorial
  • Incendiary
  • Tragedian
  • Icon
  • Vitals

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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