avril 11, 2026

Wicked – Sorcières de Pacotille

De : Jon M. Chu

Avec Cynthia Erivo, Ariana Grande, Jonathan Bailey, Ethan Slater

Année : 2024

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

WICKED suit le parcours des sorcières légendaires du monde d’Oz. Elphaba, une jeune femme incomprise à cause de la couleur inhabituelle de sa peau verte ne soupçonne même pas l’étendue de ses pouvoirs. À ses côtés, Glinda qui, aussi populaire que privilégiée, ne connaît pas encore la vraie nature de son cœur. Leur rencontre à l’Université de Shiz, dans le fantastique monde d’Oz, marque le début d’une amitié improbable mais profonde. Cependant, leur rapport avec Le Magicien d’Oz va mettre à mal cette amitié et voir leurs chemins s’éloigner. Tandis que Glinda, assoiffée de popularité, se laisse séduire par le pouvoir, la détermination d’Elphaba à rester fidèle à elle-même et à son entourage aura des conséquences aussi malheureuses qu’inattendues. Leurs aventures extraordinaires au pays d’Oz les mèneront finalement à accomplir leur destinée en devenant respectivement la Bonne et la Méchante Sorcière de l’Ouest.

Avis :

Il y a des univers qui sont propices à des histoires inédites, même plusieurs décennies plus tard. On pense bien évidemment à tout ce qui touche la science-fiction, avec des franchises comme Star Wars, ou encore la fantasy avec Le Seigneur des Anneaux. Dans le domaine du fantastique, on peut citer Le Magicien d’Oz, roman de L. Frank Baum sorti en 1900, et qui va connaître une première adaptation au cinéma dans les années 30. Si l’on suit principalement la quête de Dorothy, le monde créé va donner des idées à plusieurs auteurs pour épaissir les intrigues et le lore. Ainsi, en 1995, Gregory Maguire va écrire Wicked : la Véritable Histoire de la Méchante Sorcière de l’Ouest, qui reprend le monde d’Oz, mais dans une version plus sobre et adulte. Dès 2003, une adaptation en comédie musicale va connaître un succès monstre sur Broadway.

Rapidement, l’idée d’en faire une adaptation pour le cinéma va germer dans l’esprit de certains producteurs. Malheureusement, le projet va être sans cesse retardé, jusqu’à poindre le bout de son nez en 2024. Pensé comme un diptyque, Wicked sera une comédie musicale qui va reprendre l’histoire du roman et de la pièce de théâtre, tout en allant plus loin, les effets spéciaux permettant alors de rendre l’impossible sur les planches, possible sur les écrans. Ici, l’histoire se passe avant Le Magicien d’Oz, avant l’arrivée de Dorothy. Wicked propose de voir l’origine de la méchante sorcière de l’Ouest, Elphaba, mais aussi celle de la gentille sorcière Glinda. Un pari un peu fou, mais qui tient sa place dans cet univers déjanté, coloré, et plein de bons sentiments. Cependant, il faut supporter les comédies musicales, les tableaux où ça chante et danse et les dialogues improbables.

« le film devient un simple transfuge de Harry Potter« 

Dès le départ, le film donne le ton. Ce sera à la fois sombre et naïf, avec une sorcière un peu nunuche, qui va raconter sa relation avec la méchante sorcière de l’Ouest, qui vient de trouver une fin funeste. Rapidement, ça chante tout le temps, ça sautille, le tout dans un univers coloré qui n’est pas sans rappeler Charlie et la Chocolaterie, mais en version fantasy/fantastique. Puis assez rapidement, le film bascule dans un long flashback, où l’on rencontre Galinda, une pimbêche qui rentre dans une école de sorcier, en même temps qu’Elphaba, une jeune femme aux pouvoirs démesurés, mais qui a la peau verte, ce qui lui vaut d’être moquée et mise à l’écart. A partir de là, le film devient un simple transfuge de Harry Potter. Il y a des élèves qui prennent des cours de magie et des professeurs dont certains sont des animaux.

Le film tente vaguement de créer une intrigue au sein de ce lieu, avec notamment la disparition des animaux parlants. Ces derniers sont en danger, les humains voulant les asservir en les mettant en cage. Malheureusement, si le thème travaillé est intéressant autour de la maltraitance animale, il sera assez rapidement mis de côté pour évoquer une pseudo romance, et l’arrivée impromptue du magicien d’Oz qui invite Ephalba chez lui. Là, on tombe sur tous les tropes du conte de fées, avec une amitié qui se met en branle entre Galinda (qui se fera alors appeler Glinda) et Ephalba, et un triangle amoureux qui aura autant de finesse qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine. C’est lourdingue, pas du tout innovant, et globalement, on va rapidement deviner tous les tenants et aboutissants du scénario. Même en tenant compte du public ciblé.

« Tout est fait pour réduire comme peau de chagrin des thèmes importants et adultes »

On se doute que le film va raconter comment Ephalba va devenir méchante, et que cela est en partie la faute des humains, qui l’utilisent pour son pouvoir, alors qu’ils la rejettent à cause de sa couleur de peau. Le racisme est un thème sous-jacent, qui s’adresse à un public plus adulte, mais il est étouffé par tous les tableaux chantés, et par un tissu de sous-intrigues qui sont vraiment à la ramasse. Ou alors, on a déjà vu ça des dizaines de fois dans d’autres histoires. On devine aussi que Glinda va devenir réellement gentille, et apprendre de ses erreurs et jugements. Son côté factice s’efface au fur et à mesure du film, mais sans que cela ait une réelle importance dans le cheminement moral d’Ephalba. Tout est fait pour réduire comme peau de chagrin des thèmes importants et adultes.

Alors oui, au niveau de la réalisation, ce n’est pas si mauvais. Les producteurs ont misé sur des décors réels, voulant minimiser le plus possible les fonds verts. Cela se voit sur certains passages, mais on n’évitera pas des moments relativement moches, notamment lorsqu’il faut représenter de la nature. L’ensemble fait assez factice, et le tout manque cruellement d’envergure. Il ne faut pas s’attendre à de grandes étendues, et à des plans larges qui laissent le souffle coupé. Même les tableaux sont assez discrets, et ne marquent pas vraiment. On est loin, très loin, d’un La La Land par exemple. Il reste alors le casting, qui s’axe surtout sur Ariana Grande, tout en surjeu, et Cynthia Erivo, qui est sans doute la comédienne qui s’en sort le mieux, arrivant à donner de vraies émotions à son personnage. Pour le reste, on s’en fout un peu, même de Jeff Goldblum

Au final, Wicked est un premier film assez compliqué en fonction de son âge et de ses attentes en termes de cinéma. Une jeune fille aimera forcément les musiques, les tableaux, la relation entre les deux amies, ainsi que le monde coloré et un peu naïf. Pour les autres, ce sera plus dur de trouver des superlatifs pour parler de ce film, qui manque d’espace, dont les ficelles semblent issues de différents films déjà connus, et qui ne marque jamais réellement, malgré tous les efforts déployés. Bref, un pétard mouillé qui ne restera pas dans les annales du cinéma. On lui préfèrera largement le film de 1938.

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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