mai 26, 2024

Shining – Les Couloirs de la Peur (ou de la Mort, ou du Temps, c’est comme tu veux)

D’Après une Idée de : Stephen King et Mick Garris

Avec Steven Weber, Rebecca de Mornay, Courtland Mead, Melvin Van Peebles

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 3

Genre : Horreur

Résumé :

Jack Torrance, écrivain en quête d’inspiration, devient gardien saisonnier dans un hôtel du Colorado ou il espère terminer son nouveau roman. Il s’installe avec sa famille, son épouse Wendy et son fils Danny, mais se laisse peu à peu influencer par l’atmosphère sinistre du lieu.

Avis :

Si les premiers best-sellers de Stephen King sont majoritairement passés à la postérité, Shining demeure l’un des romans les plus emblématiques et mémorables de son œuvre. Son livre s’avérait excellent, tout comme la version de Stanley Kubrick, même si l’auteur l’a reniée plus d’une fois. Face à un tel monument de la culture littéraire et cinématographique, il est difficile d’enchaîner sur une adaptation télévisée. En contrepartie, le format d’une mini-série a déjà permis de développer d’autres histoires dans de bonnes conditions. Ce fut le cas de Ça, Les Tommyknockers ou encore Le Fléau.

Au terme de cette dernière itération, Mick Garris s’occupe de la réalisation de cette nouvelle version de Shining, sous la supervision de Stephen King lui-même, en charge du script et de la production. En l’occurrence, la présente adaptation s’avance comme l’antithèse du film de Kubrick. Certes, on retrouve le cadre familier de l’Overlook Hotel, les personnages et consorts. Cependant, les différences sont flagrantes et cela ne tient pas uniquement à des divergences scénaristiques. Sans sombrer dans un comparatif interminable, on peut évoquer l’absence des jumelles du gardien Grady ou même l’âge de la femme de la chambre 217.

Shining : Les Couloirs du temps délaisse également une ambiance sombre et délétère et propose un épilogue plus « lumineux » que son prédécesseur. Une lueur d’espoir qui s’avance dans la continuité d’une hantise oppressante, mais guère angoissante. Mick Garris privilégie les sensations d’isolement et de vulnérabilité propres au huis clos. Les évènements malsains et tragiques ont beau être présents, la narration ne s’y appesantit guère, sinon par l’entremise des coupures de presse dénichées dans le sous-sol. L’angle d’approche se focalise sur une atmosphère lourde et non sur l’exposition aux phénomènes paranormaux.

De fait, la mini-série n’est pas forcément effrayante, mais elle compense cet aspect par un sentiment d’immersion constant. On notera aussi un travail de fond réalisé sur la caractérisation. Auparavant passive, Wendy s’avance comme une femme plutôt active et indépendante, soutenue par la prestation et le charisme de Rebecca de Mornay. De même, l’alcoolisme de Jack Torrance devient moins une obsession qu’un moyen de manipulation afin que les esprits de l’Overlook parviennent à leurs fins. Le propos se focalise surtout sur la violence conjugale. Là encore, le quotidien d’une famille dysfonctionnelle sous-tend un drame personnel qui s’efforce d’entretenir une lueur d’espoir.

S’il excède les 4 h 30 de programme, Shining réussit toutefois à maintenir son intérêt sur la longueur. Le rythme reste constant, tandis que l’enchaînement logique des évènements demeure fluide et bien amené. Il est assez facile de distinguer la rigueur de Stephen King dans la qualité narrative, cette capacité à poser une ambiance en l’espace d’une ou deux séquences. On peut néanmoins regretter quelques scories tels que les effets spéciaux qui intègrent des images de synthèse désuètes. La prestation du jeune Courtland Mead est aussi discutable à plus d’un titre puisqu’il éprouve souvent des difficultés à trouver le ton juste.

Au final, Shining : Les Couloirs du temps s’avance comme une adaptation réussie et convaincante si l’on excepte quelques maladresses formelles. D’ailleurs, certaines orientations scénaristiques étonnent par rapport à ce que l’on connaît du récit. Bien qu’elle n’égale pas son modèle littéraire et le film de Stanley Kubrick, cette mini-série offre un traitement différent, moins malsain et oppressant. Ce choix réduit les écueils qui découlent d’un comparatif de leurs qualités respectives. Elle est davantage tournée vers l’empathie à l’égard de ses protagonistes et non sur l’angoisse pure, sans pour autant renier les fondamentaux de l’intrigue originelle. Il en ressort un huis clos immersif, servi par une narration et une atmosphère soignées.

Note : 14/20

Par Dante

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