février 14, 2026

Puscifer – Normal Isn’t

Avis :

Maynard James Keenan est un chanteur qui est culte pour de nombreuses personnes, puisqu’il est derrière deux groupes imposants de la scène métal, Tool et A Perfect Circle. Officiant dans le métal progressif pour le premier groupe cité, puis dans le Gothique en ce qui concerne le deuxième, il semblerait que cela n’ait pas suffi pour étancher la soif de création de l’artiste. Au début des années 2000, il décide de se faire plaisir en faisant un one man band, Puscifer, avec quelques musiciens recrutés pour les sessions live. Néanmoins, petit à petit, à force de travailler avec les mêmes personnes, Puscifer est devenu un trio avec la chanteuse Carina Round et le guitariste Mat Mitchell. Le premier skeud sort en 2007, sous le nom « V » is for Vagina, ce qui annonce clairement la couleur du genre musical abordé.

Car oui, avec Puscifer, il n’est plus question de Prog ou de Gothic, mais plutôt d’expérimentation et de recherches musicales. Si certains albums sont plus accessibles que d’autres, et notamment Money Shot sorti en 2015, d’autres peuvent clairement laisser sur le carreau, à l’image de Existential Reckoning sorti en 2020, qui était à la limite de l’écoutable. Sortant un album quasiment tous les cinq ans, c’est donc en ce début d’année 2026 que déboule le cinquième album de Puscifer, nommé sobrement Normal Isn’t. Et on pouvait craindre une nouvelle itération expérimentale, avec un univers très particulier et pas forcément facile d’accès. Cependant, il semblerait que Maynard James Keenan ait appris de ses erreurs, et il propose ici un album plus accessible que le précédent, plus mélodieux, mais qui possède aussi ses moments un peu barjots, où on se demande encore ce qu’il se passe.

L’album possède onze pistes, dont un live en guise de conclusion, et quasiment toutes les pistes dépassent allègrement les cinq minutes, ce qui en fait un disque long, parfois trop long. A l’image du premier morceau, Thrust. Le titre n’est pas désagréable en soi, il comporte même quelques prouesses techniques au niveau de la basse et de la gratte, mais il demeure assez redondant, et trop long pour ce qu’il raconte. Néanmoins, il a le mérite d’attiser la curiosité, et de faire un joli duel vocal entre voix masculine et féminine, tout en gardant ce côté bizarre que travaille le groupe depuis sa création. Avec Normal Isn’t, le groupe va vers quelque chose de plus « classique », et le chanteur démontre vraiment ses qualités vocales. Mais il ne faut pas s’attendre à des riffs percutants, ni même à de gros changements de variations.

C’est très posé, et on est plus dans du Rock alternatif qu’autre chose. Bad Wolf va venir poser sa propre identité, dans un délire presque Electro/Shoegaze, arborant aussi une atmosphère assez sombre et étrange. Le morceau est plaisant, mais il est aussi trop long. Self Evident sera encore plus sombre, avec une guitare plus saturée et une batterie plus martiale, qui va scander un bon rythme. Les différences vocales appuient cette ambiance assez lourde et puissante, et on retrouvera presque des élans punks par moments. A partir de A Public Stoning, les choses vont devenir plus expérimentales et bizarres. Le morceau se joue des rythmes et variations, avec quelques ruptures inattendues, mais pas forcément appropriées. Le résultat laisse perplexe et peut décontenancer. Tout comme The Quiet Parts, avec son clavier de départ qui fait à la fois électro et rock indépendant, laissant assez partagé.

Mantastic va venir nous cueillir un peu plus. Du moins, ceux qui ont des attentes plus lourdes, voulant de la part de Maynard quelque chose de plus Métal, seront un peu plus chaleureux vis-à-vis de ce morceau. Le chant est plus rugueux, les riffs plus lourds et l’ambiance est très pesante. Néanmoins, le soufflé retombe assez vite avec Pendulum, un titre qui n’est pas inintéressant, mais qui est encore une fois trop long et trop redondant pour réellement marquer. Et ici, on est plus dans un délire Pop électro qu’autre chose. ImpetuoUS est aussi un titre qui n’a pas vraiment la flamme et ne reste que très peu en mémoire. Pour conclure l’album, on aura droit à Seven One, un titre très intéressant, mais qui fait dans la redite, et au bout d’un moment, on s’y ennuie. Heureusement, la batterie est exceptionnelle dans ce morceau.

Au final, Normal Isn’t, le dernier album de Puscifer, est un effort intéressant et plus accessible que le précédent. On retrouve des éléments Rock, voire Métal, ainsi que des structures qui rentrent dans un cadre plus mainstream. Cependant, on retrouve toujours un univers déjanté, étrange, et parfois incompréhensible, avec des sonorités qui n’apportent pas grand-chose à la mélodie. De plus, on notera que tous les morceaux sont trop longs pour ce qu’ils racontent, n’effaçant pas l’ennui qui s’installe, ainsi que des boucles mélodiques qui se répètent jusqu’à la lie. Bref, un album sympathique, mais qui est loin d’égaler la maestria de Tool ou A Perfect Circle.

  • Thrust
  • Normal Isn’t
  • Bad Wolf
  • Self Evident
  • A Public Stoning
  • The Quiet Parts
  • Mantastic
  • Pendulum
  • ImpetuoUS
  • Seven One
  • The Algorithm (Sessanta Live Mix)

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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