août 10, 2022

Scarved – Lodestone

Avis :

Pour beaucoup de personnes, le hard rock se résume à deux/trois groupes très connus, et pour le reste, ce ne serait que des ersatz d’un Johnny Hallyday en perdition. Quand on parle de personne, on parle bien évidemment du tout-venant qui ne s’intéresse pas à la musique, et qui pense que Francis Cabrel fait du rock. Malheureusement pour cette catégorie de personne, pas curieuse pour un sou, il existe bien des groupes qui officient dans le hard et qui s’éloigne volontairement de certains carcans modernes pour trouver leur identité. C’est du moins ce qu’essaye de faire Scarved, groupe de Hard belge fondé au début des années 2010. Ne faisant toujours pas trop de bruit, le groupe a pourtant signé un contrat en 2014 avec une maison de disques, et pointe aujourd’hui avec trois efforts au compteur, dont Lodestone est le deuxième, paru en 2017. Mais qu’est-ce que ça vaut ?

Tournant sur un line-up assez stable (malgré un changement de bassiste), le but de Scarved est de fournir un Hard référence avec de grands groupes des années 70/80, tout en y apportant un vent de modernité et une voix féminine. Pourquoi pas, même si ce côté est un peu bouché avec des groupes comme The Pretty Reckless, Dorothy ou encore Halestorm. Des formations qui ont fait leur preuve et qui bénéficie d’une production gargantuesque. Difficile dès lors d’exister et de se faire connaître, mais les belges y arrivent petit à petit. Naughty Reflexes ouvre le bal, avec un moment assez simple, qui évoque les belles heures du blues, notamment dans le solo d’entrée à la gratte. On sent déjà les références du groupe, avec une basse qui claque, et une volonté d’entrer un solo dans chaque titre. Il manquera cependant au morceau un peu de nerf, notamment dans le refrain.

Avec Sweet Surrender, on entend quelques éléments un peu punks dans l’âme, surtout dans l’introduction. Par la suite, le groupe renoue avec un hard très classique, mais le démarrage est plutôt plaisant. Puis on sera surpris par Battlefield. Le troisième morceau démarre avec une introduction où l’on entend la guerre, puis on aura droit à un riff très énervé, presque métal, mais qui va se radoucir au moment du chant. C’est dommage, le rythme était bien enclenché et on sent tout de même que le groupe freine ses ardeurs. Puis Toxic Rat Race vient nous mettre une petite couche de riff lourd et lent, à la lisière d’un Desert Rock un peu nerveux. Certes, il va manquer un peu de production derrière pour rendre l’ensemble vraiment costaud, mais on salue l’effort. D’ailleurs, la production sera l’un des points faibles de cet album.

En effet, si les morceaux sont relativement bons, on reste dans un enregistrement classique qui peine à se rendre lourd ou marquant. On a parfois l’impression d’écouter un groupe qui a sa place dans des bars et pas forcément sur de grandes scènes. Cette impression est renforcée par le chant féminin, juste, mais parfois trop criard et qui manque cruellement de tessiture et d’identité. Les modulations ne sont pas au goût du jour, il n’y a pas d’éraillement et on reste dans un registre trop sage. Point de growl, point de moments plus « lyriques », et tout cela manque à Scarved qui pourrait proposer plus de variations dans ses choix et ses vocalises. Et l’ensemble manque aussi de back-up, pour envoyer un peu plus de lourd. Ou d’émotion. C’est d’ailleurs ce qui manque à Heart of Rock & Roll, la ballade de l’album, qui frôle le ringard.

Mais doit-on en vouloir à Scarved ? Car pour un « petit » groupe qui a tout d’un grand, certains titres sont clairement à la hauteur de nos attentes, voire plus. On retrouvera même un peu de Led Zeppelin dans un titre, Convicted Woman, qui débute comme Immigrant Song. Une belle référence qui démontre que le groupe est tout de même capable d’offrir de jolies choses. Mais encore une fois, Robert Plant possède un sacré organe et la voix de Scarved manque malheureusement d’identité et de tonalité. Reste aussi certaines prises de risque intéressantes, à l’image de Garden of Eden et sa mandoline au démarrage, avec un petit air irlandais pas déplaisant du tout.

Au final, Lodestone, le deuxième album de Scarved, est un album relativement plaisant, qui se veut à la frontière entre Rock, Hard et parfois Métal. Le groupe fait l’option de ne pas choisir et se freine parfois, alors qu’il a tous les atouts pour partir un peu plus loin. Avec une meilleure production et des arrangements plus puissants, il est certain que le groupe belge aura des choses à dire dans les années à venir.

  • Naughty Reflexes
  • Sweet Surrender
  • Battlefield
  • Toxic Rat Race
  • Lodestone
  • Garden of Eden
  • Heavy Foot Hero
  • Heart of Rock & Roll
  • Fight for Justice
  • Convicted Woman
  • Maiden Voyage

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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