
Avis :
Membre fondateur du groupe culte White Zombie en 1985, réalisateur de films d’horreur dont certains sont devenus des références dans le genre (The Devil’s Rejects) et menant de front une carrière musicale solo, Rob Zombie, sous ses atours de punk à chien, est un bourreau de travail. Néanmoins, cela faisait plus de cinq ans que le type n’avait pas pondu un nouvel album tout seul, et c’est accompagné de quelques lascars qu’il vient nous surprendre avec un huitième effort studio. Ici, on notera le retour du guitariste Mike Riggs qui a bossé sur les deux premiers albums de Rob Zombie, ainsi que du bassiste Blasko qui a déjà joué pour Rob Zombie, mais aussi pour Ozzy Osbourne (sympa comme CV !). The Great Satan annonce un retour en fanfare, notamment via une pochette assez sobre, mais qui annonce un patchwork des passions de l’artiste.
Et effectivement, après plusieurs écoutes, il s’agit bien d’un patchwork que nous sert là Rob Zombie. Dans sa globalité, l’album est relativement réussi. On ne va pas se faire languir plus longtemps, on prend vraiment un pied monstre à l’écoute. C’est immédiat, c’est référencé, c’est à la fois drôle et heavy, c’est tout ce que l’on entend du type. Mais il y a un petit mais. En effet, on a aussi une sensation de redite par rapports aux albums précédents. En gros, la surprise n’est jamais vraiment là, et l’artiste se contente de faire ce qu’il sait faire, sans jamais se mettre en danger. De ce fait, on retrouve des morceaux courts, des refrains catchy, ainsi que des interludes qui tentent de mettre une ambiance un peu mortifère, à l’image de Rob Zombie, qui aime toujours autant l’horreur et les références au septième art.
Tout commence avec F.T.W. 84, un titre qui nous met une belle mandale et qui veut montrer la grande forme du Zombie. C’est nerveux, puissant, les riffs sont cinglants, et surtout, on retrouve des pointes d’industriel qui offrent une belle atmosphère. On retrouve vraiment cette vibe White Zombie des années 90, et ça fait rudement plaisir. Par la suite, Tarantula suit le même chemin, mais avec un côté plus groovy encore. Les riffs agissent comme des rouleaux-compresseurs et ce roulement est vraiment addictif. Cependant, il manque un petit break pour vraiment compléter l’ensemble. En abordant (I’m a) Rock’N’Roller, on va partir sur les sentiers d’un métal industriel inspiré par les films de science-fiction. Le résultat est grisant, avec un refrain qui reste en tête immédiatement, et il sera bien difficile de ne pas chanter au bout de deux écoutes. Le titre n’a qu’un défaut, un riff plus puissant.

En abordant Heathen Days, on retrouve un Rob Zombie bien énervé, pour un titre court et percutant, qui ne laisse aucun répit. Puis après un interlude qui ne sert pas à grand-chose, le type nous balance Black Rat Coffin, un morceau qui rentre parfaitement dans sa discographie, mais qui manque d’un petit truc en plus pour vraiment marquer. C’est bien et plutôt « cool », mais c’est un peut trop facile. Par contre, Sir Lord Acid Wolfman est un vrai plaisir, et un exemple que Rob Zombie put tout faire. La rythmique est ici plus lente, on est à la lisière d’un Stoner groovy, porté par un refrain qui marche du feu de Dieu. Sans jamais forcer le rythme, le morceau reste en tête et devient un vrai hymne ultra référence. Et derrière de nous asséner un énorme coup de massue avec Punks and Demons.
Le titre est court et percutant, nous fouettant avec un riff surpuissant dont il est impossible d’en ressortir indemne. Puis The Devilman viendra nous cueillir avec une ambiance parfaite, et un gros riff bien balourd. Le refrain est le point fort du titre, qui reste immédiatement en tête et fonctionne comme un hymne fédérateur. Il est dommage que par la suite, les morceaux ne soient pas forcément à la hauteur. Ils sont bien, mais manquent de mordant. Out of Sight est agréable, mais ça reste un titre un peu bouche-trou qui reprend tous les poncifs de l’artiste. Tout comme Revolution Motherfuckers qui est drôle, mais qui manque d’épaisseur. Puis sur les quatre derniers morceaux, on retrouve deux interludes, un titre de moins de deux minutes (The Black Scorpion) et un Unclean Animals, qui évoque Marylin Manson et manque cruellement de percussion…
Au final, The Great Satan, le dernier album de Rob Zombie, est un moment plaisant, qui nous offre ce que l’on est venu chercher, ni plus, ni moins. Alors certes, on aurait pu en attendre davantage pour un huitième album, mais on aurait pu avoir bien pire, avec un artiste qui peut retomber dans ses travers à n’importe quel moment. Bref, il s’agit d’un disque globalement réussi, mais un peu fainéant sur les bords, avec un Rob Zombie qui reste un peu trop sur ses acquis.
- F.T.W. 84
- Tarantula
- (I’m a) Rock’N’Roller
- Heathen Days
- Who Am I ?
- Black Rat Coffin
- Sir Lord Acid Wolfman
- Punks and Demons
- The Devilman
- Out of Sight
- Revolution Motherfuckers
- Welcome to the Electric Age
- The Black Scorpion
- Unclean Animals
- Grave Discontent
Note : 14/20
Par AqME
