mars 4, 2026

Batman – Prédateurs Nocturnes

Auteurs : Devin Grayson, A.J. Lieberman, Jean-Jacques Dzialowski

Editeur : Semic Books

Genre : Super-Héros

Résumé :

Gotham City, la ville au taux de criminalité le plus élevé sur le territoire américain, est également l’une des plaques tournantes de toutes les activités illicites qui puissent s’imaginer. Les super-vilains viennent s’y procurer les armes, les gadgets et les costumes dont ils se serviront pour les braquages et les assassinats qui font leur quotidien. Les femmes victimes de la « traite des blanches » y sont importées comme du vulgaire bétail dans des fourgons banalisés. Les nuits de Batman, occupé à patrouiller des immeubles les plus clinquants aux ruelles les plus sombres, pour débusquer les criminels et sauver les innocents, sont déjà bien chargées. L’apparition de Catwoman au milieu d’une enquête ne peut dés lors présager du pire…

Avis :

Il arrive parfois que des histoires avec nos super-héros préférés ne soient pas à la hauteur de nos attentes. Personne n’est infaillible, et parfois, on a même des scénaristes qui nous parlent moins que d’autres. De temps à autre, cela peut être le dessinateur qui ne trouve pas grâce à nos yeux. Bref, comme dans tous médiums culturels, on a nos joies et nos déceptions. Durant les années 2000, Batman va être aux mains de plusieurs scénaristes, et un français va avoir droit de dessiner certaines aventures, Jean-Jacques Dzialowski. Après être passé chez Marvel pour dessiner The Thunderbolts, puis chez DC pour faire du Batgirl, on va lui proposer plusieurs projets autour du Dark Knight, dont Le Tailleur, qui fait office de première histoire dans le recueil Batman – Prédateur Nocturnes.

Divisé en deux histoires bien distinctes, Batman – Prédateurs Nocturnes ne va pas tenir la route bien longtemps. Il faut dire que le justicier brille par son absence. Il n’est ici qu’un personnage secondaire, au sein de deux histoires qui essayent de mettre d’autres protagonistes en avant. Dans les faits, pourquoi pas ? Malheureusement, les deux histoires sont confuses, et les personnages ne sont pas du tout attachants. En commençant par cette histoire de tailleur, un type qui fait les costumes des super-vilains, et qui va se trouver dans une embrouille bien malgré lui. En gros, un type en armure a pris en otage un métro, Batman n’arrive pas à l’approcher, il va alors voir le tailleur pour lui demander les faiblesses de l’armure, mais ce dernier se rend compte que sa fille fait partie des otages dans le métro. Il va donc s’en mêler personnellement.

Et l’histoire de dériver alors vers le passé de ce tailleur, qui fut un temps un voyou avec d’autres types qui avaient des costumes dotés de pouvoirs. A ce moment-là, Batman n’existe même plus, sinon dans l’arrestation de ces sales types qui vont revenir à la charge, cherchant un butin dont le tailleur semble être l’unique propriétaire. Outre le scénario qui est très brouillon, on ne retrouve pas l’essence même de Batman. Gotham city n’est pas forcément mise en avant, et on pourrait dans n’importe quel polar avec un super-héros lambda qui arrive en second plan. Et les dessins du français ne sont pas si intéressants que ça, avec notamment des personnages tertiaires bâclés, dont les designs laissent clairement à désirer. Bref, ce premier segment est une amère déception, tant au niveau du scénario, qui ne sert à rien, qu’au niveau du dessin, qui est bon, mais sans identité.

Quant à la deuxième histoire, Un Chargement dans la Nature, on aurait pu avoir quelque chose de bien, mais ce ne sera pas le cas. Disons que l’on va lire ça de façon totalement désincarnée. Ici, Batman est encore au second plan, et on va suivre Catwoman qui s’en prend à la pègre car elle fait du trafic d’êtres humains, et notamment de femmes. Si le scénario se veut mature, il va rapidement devenir bordélique. Pour faire simple, un camion est laissé à l’abandon dans Gotham, avec des femmes à l’intérieur, et Catwoman va se mettre en tête de le retrouver pour sauver ces femmes, qui vont rapidement être en manque d’oxygène. On aura donc droit à de la castagne, et un Bruce Wayne qui va se grimer en parrain de la pègre pour aider la jeune femme. Ce n’est pas très intéressant, et c’est vraiment mal écrit et amené.

Et là-dessus, le dessin va jouer un rôle ultra important. C’est-à-dire qu’il colle tellement bien au bazar du scénario que l’on ne va rien comprendre à ce qui se passe. Au bout d’un moment, on ne sait même plus s’il s’agit de Bruce Wayne déguisé en baron, ou si c’est vraiment un baron, empêchant alors un vrai plaisir de lecture. De plus, certaines séquences d’action sont mal découpées, avec des corps qui défient la physique, ou encore des vignettes qui se succèdent relativement mal. On a vraiment l’impression de faire face à une histoire secondaire, qui a été faite pour passer le temps, faire vendre quelques exemplaires aux fans, et c’est tout. Il ne se dégage aucune personnalité des dessins et de l’histoire, comme pour le premier segment, et du coup on lit ça de façon détachée, sans vraiment s’inclure dans ce qui se passe.

Au final, Batman – Prédateur Nocturnes est un recueil de très faible qualité. Les deux histoires proposées ne sont pas intéressantes, et apparaissent comme mineur au sein de la bibliographie imposante du chevalier noir. D’ailleurs, son nom n’est présent que pour vendre tant il n’est qu’un personnage secondaire dans les deux histoires, n’intervenant que de manière sporadique, histoire de dire que l’on ne nous ment pas sur la marchandise. Bref, une triste déception pour un recueil largement dispensable.

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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