
De : Maggie Gyllenhaal
Avec Jessie Buckley, Christian Bale, Jake Gyllenhaal, Annette Bening
Année : 2026
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Horreur, Romance
Résumé :
Rongé par la solitude, « Frank » se rend à Chicago dans les années 1930 et demande au Dr. Euphronious, scientifique visionnaire, de lui créer une compagne. Ensemble, ils ressuscitent une jeune femme assassinée, et la fiancée prend vie ! Mais la suite des événements dépasse tout ce que qu’ils auraient pu imaginer : meurtres, possessions, et un couple hors-la-loi qui se retrouve au centre d’un mouvement social radical et débridé, et d’une histoire d’amour passionnelle et tumultueuse !
Avis :
Maggie Gyllenhaal est une actrice américaine que l’on connaît depuis longtemps, notamment pour des rôles souvent forts et sensibles. Elle s’est fait remarquer dans les années 2000 avec des films comme “Secretary” ou encore “The Dark Knight”, avant de construire une carrière assez exigeante. Depuis quelques années, elle est passée derrière la caméra avec “The Lost Daughter”, un premier film plutôt réussi qui montrait une patte et un goût pour les personnages complexes. Avec “The Bride !”, elle change d’échelle en s’attaquant à un mythe du cinéma fantastique, avec plus de moyens et une ambition clairement plus large.

“The Bride !”, c’était la grosse sortie de ce début mars. Après Guillermo del Toro l’année dernière, Mary Shelley revient encore une fois, et cette fois Hollywood décide de s’arrêter sur la fiancée de Frankenstein. L’idée est bonne. Vraiment. Parce que ce personnage, on le connaît sans vraiment le connaître, et il y avait clairement quelque chose à creuser. Les bandes-annonces donnaient envie, il y avait un délire visuel, une énergie, un truc un peu punk qui promettait une relecture différente. Et moi, j’avais envie d’y croire. Vraiment. Mais bon… les promesses… vous connaissez la suite.
« il y a un truc qui coince avec cette Mary Shelley presque hystérique »
Chicago, années 30. Une femme est ramenée à la vie. Pas une femme comme les autres. Une création. Une épouse pensée pour aimer, pour suivre, pour exister à travers un autre. Sauf qu’une fois éveillée, rien ne se passe comme prévu. Elle découvre le monde, la violence, le désir, et surtout sa liberté. Dès son réveil, un homme ou plutôt une créature est là. Ensemble, ils fuient. Une cavale s’engage, entre police, mafia et regards qui ne veulent pas d’eux. Une fuite en avant, entre quête d’identité et besoin d’exister.
Mince alors… Voilà. C’est vraiment ce qui me reste. Parce que sur le papier, le film avait tout pour lui. Une époque géniale, un casting solide, une idée forte, une mise en scène ambitieuse… franchement, ça cochait toutes les cases. Visuellement, c’est beau. Il y a un vrai travail sur les décors, les costumes, l’ambiance. Les années 30 sont là, ça vit, ça respire et c’est sombre. Le film a du style, une vraie identité. Et puis le rythme… ça passe vite, on ne s’ennuie pas vraiment. Il y a toujours quelque chose qui se passe. Mais derrière ça… c’est le bordel. Vraiment.
Dès le début, il y a un truc qui coince avec cette Mary Shelley presque hystérique qui vient poser le récit. Et ensuite, très vite, le film part dans tous les sens. L’écriture est un vrai problème. On a l’impression de voir un mélange de “Bonnie & Clyde”, de “Joker”, de “Freaks”, avec une couche de punk hystérique par-dessus… pourquoi pas, mais encore faut-il que ça marche. Et là, ça ne marche pas vraiment. Les incohérences s’enchaînent, les situations arrivent brusquement sans vraiment de lien, une poursuite ne mène nulle part, une cavale est lancée puis oubliée, des personnages se déplacent comme par magie parce que le scénario le décide. Et surtout, on passe notre temps à se poser les mauvaises questions. Pas celles du film, mais celles qui nous sortent de lui justement. “Mais pourquoi ?”, “comment ?”, “c’est logique ça ?”. Et là, c’est foutu.
« Jessie Buckley et Christian Bale sont à fond, dans l’excès permanent »
Il y a aussi plein de scènes gratuites. Une chorégraphie qui débarque sans raison, des moments qui veulent être stylés mais qui sonnent creux. Et derrière ça, le film essaye de porter un discours, notamment féministe, sur l’émancipation, la liberté, le refus d’être une création au service d’un homme. Cette fiancée devient un modèle de rébellion contre le patriarcat et pourquoi pas. Après tout l’idée se défend sur le papier, mais c’est amené sans subtilité, sans nuance, sans émotion. C’est appuyé, frontal, et du coup ça ne touche jamais vraiment.
Et alors les personnages… Jessie Buckley et Christian Bale sont à fond. Mais vraiment à fond. Trop même. Ils sont en roue libre, dans l’excès permanent, dans une hystérie constante. On comprend l’intention, mais à force d’en faire trop, ça devient fatigant et surtout on n’y croit plus. Leur relation, qui devrait être le cœur du film, ne fonctionne jamais vraiment. On les regarde, mais on ne les suit pas. Il y a une vraie barrière entre ce qu’ils vivent et ce qu’on voit.

Au final, “The Bride !” est un film frustrant. Parce qu’il y a du talent, parce qu’il y a des idées, parce qu’il y a une vraie envie de proposer quelque chose de différent. Mais tout est noyé dans un délire qui part dans tous les sens, une écriture bancale et une absence de cohérence qui empêche toute émotion. On reste à distance, on attend que ça décolle, que ça devienne fort… mais ça n’arrive jamais. Et c’est ça le plus dommage. Parce que franchement… j’avais envie de l’aimer ce film.
Note : 08/20
Par Cinéted
