mars 30, 2026

Exodus – Goliath

Avis :

Parmi les piliers du Thrash américain, on compte bien évidemment sur le big four. Mais ce ne sont pas les seuls à être des mastodontes du genre, et d’autres groupes ont été injustement boudés de ce classement, alors qu’ils y avaient largement leur place. On peut évoquer le cas de Testament, mais aussi celui de Exodus. Fondé à la toute fin des années 70 par un certain Kirk Hammett (dont le travail ne sera écoutable que via les premières démos) avant qu’il ne parte rejoindre Metallica, Exodus va rapidement devenir un groupe culte sur lequel l faudra compter. Et même s’il reste un peu dans l’ombre des grosses formations, il va se construire une solide fanbase, ainsi qu’une réputation qui n’est plus à faire. Malgré plusieurs hiatus et des changements de line-up plus ou moins intempestifs, Exodus revient avec un treizième album, Goliath.

Nous n’avions plus de nouvelles du groupe depuis 2021 et l’excellent Persona Non Grata, hormis quelques singles qui sont sortis de façon sporadique, ainsi qu’un album live. Cela peut sans doute s’expliquer par un changement important dans la formation. Steve Souza, vocaliste du groupe depuis 1986, avec quelques allers-retours, quitte le groupe en 2025, et c’est Rob Dukes qui va venir le remplacer. Ce n’est pas un nouveau venu dans la formation américaine, puisqu’il a déjà chanté pour Exodus de 2005 à 2014. Avec tous ces éléments en poche, on peut donc s’attaquer à ce treizième album, qui bénéficie d’une pochette affreuse, mais comme le dit l’adage, peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Mais là aussi, ce ne sera pas la même tambouille que pour le précédent opus. En effet, Goliath ne sera pas à la hauteur de nos attentes, même s’il est loin d’être mauvais.

Tout commence 3111, qui fut le single pour lancer l’album sur les plateformes. Sans révolutionner le genre, il demeure un excellent titre et une bonne entame. L’ambiance est pesante, le riff de départ est bien fichu, et Gary Holt va jouer avec sa six cordes. Tom Hunting est très présent derrière les fûts, et le « nouveau » chanteur est particulièrement efficace. Le changement de rythmique est aussi intéressant, voire salvateur, et franchement à l’écoute, on a l’impression que le groupe est de nouveau à son meilleur niveau. Hostis Humani Generis sera un titre assez plaisant, mais il restera très classique dans sa construction et son ambiance. C’est nerveux, puissant, mais ça ne réinvente pas la sauce. Et d’un grand groupe comme Exodus, on est en droit d’en attendre davantage. The Changing Me sera aussi un morceau intéressant de par son featuring avec Peter Tägtgren.

Le guitariste de Pain donne une belle épaisseur à un morceau qui joue énormément sur les guitares et les échanges qu’elles peuvent faire. Le titre est bon, même s’il reste assez conventionnel. Promise You This est un morceau qui va marquer de par son introduction. En effet, Tom Hunting va être en grande forme derrière sa batterie, et le démarrage est vraiment puissant. Par la suite, le titre tombe un peu dans quelque chose de simple, avec un refrain catchy, mais qui manque d’originalité. Goliath, qui se devait d’être la pièce maîtresse de l’album, manque cruellement d’ambition. Il ne suffit pas d’inviter la violoniste Katie Jacoby pour faire un bon titre. C’est trop lent et trop long pour ce que ça veut raconter. Puis derrière ça, on va trouver un ventre mou dans la playlist. Cela commence avec Beyond the Event Horizon.

Alors certes, hurler « black hollow death » est très grisant, mais globalement, le titre manque de variation et d’une envie de jouer avec nos émotions. C’est bas du front, et sans génie. 2 Minutes Hate a bien quelques élans Punk, le titre s’oublie aussi vite qu’il s’écoute, la faute à une réalisation sans grande ambition ni motivation. Violence Works arrive à tirer son épingle du jeu de par son introduction réussie, mais aussi de par ses paroles un peu neuneu. Mais la plus grosse déception viendra de Creation of the God Unknown, le morceau le plus long de l’album, mais aussi le plus ennuyeux. La rythmique est lente, le riff est redondant, et au bout du compte, il ne reste rien en tête. Pire, sur la fin, on a une sensation de redondance pénible qui s’installe. Heureusement, le groupe soigne sa sortie avec The Dirtiest of the Dozen.

Au final, Goliath, le dernier effort de Exodus, est un album qui est relativement moyen. Ce n’est pas mauvais, loin s’en faut, mais c’est un album qui manque d’inventivité et de création. Les américains se contentent de faire du thrash classique, avec quelques pointes un peu punks, mais ce n’est pas suffisant pour nous donner envie de headbanger dans tous les sens. Si on retrouve quelques pistes savamment troussées, d’autres peinent à convaincre, et c’est bien dommage. Alors certes, ce n’est pas la catastrophe, mais le précédent opus était tellement bon, qu’on ne peut qu’être un peu déçu par celui-ci.

  • 3111
  • Hostis Humani Generis
  • The Changing Me feat Peter Tägtgren
  • Promise You This
  • Goliath feat Katie Jacoby
  • Beyond the Event Horizon
  • 2 Minutes Hate
  • Violence Works
  • Summon of the God Unknown
  • The Dirtiest of the Dozen

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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