janvier 27, 2023

Attack Force

De : Michael Keusch

Avec Steven Seagal, Lisa Lovbrand, David Kennedy, Matthew Chambers

Année : 2006

Pays : Etats-Unis, Angleterre, Roumanie

Genre : Action

Résumé :

Après avoir rejoint par le Majestic, une organisation secrète rattachée à l’armée américaine, Marshall Lawson est chargé de former trois nouvelles recrues. Malheureusement, ses élèves sont assassinés pendant une attaque ! Sous le choc, il décide de retrouver le coupable pour les venger. Pendant ses investigations, il prend connaissance d’une mission top secrète consistant à inoculer une drogue aux soldats afin de les transformer en tueur sanguinaire…

Avis :

Qu’il s’agisse de la filmographie de Steven Seagal ou d’un autre acteur, il est certaines productions qui laissent pantois tant elle affiche un niveau de déchéance proprement stupéfiant. Eu égard au tournage frénétique de projets fauchés dans les années 2000, les exemples ne manquent pas pour un « spécialiste » des arts martiaux. Quelques navets ingurgités et plusieurs dizaines de kilos en plus, Steven Seagal poursuit sa descente aux enfers cinématographiques avec ce qui constitue un véritable fleuron de sa carrière. Le genre de métrage qui interpelle sur son existence, la crédibilité d’une telle entreprise et des conditions de tournage pour le moins calamiteuses.

Avec L’Affaire CIA, la première collaboration entre Michael Keusch et l’acteur s’est avérée aussi discutable que pénible. Cette impression en valait autant pour le spectateur que pour l’équipe du film. Fidèle à sa piètre réputation, Steven Seagal persiste et signe dans la connerie en se montrant violent à l’égard du réalisateur. On peut également évoquer des idées scénaristiques qui laissent perplexes et des caprices de star déchue qui se soldent par des scènes non jouées et quelques tentatives de sabotage du projet. Cela sans compter sur un script original qui s’immisçait dans une science-fiction de pacotille où la tête d’affiche souhaitait s’investir dans un ersatz de Predator 2 sur fond d’invasions d’extraterrestres !

Un véritable festival qui, en certaines occurrences, demeure encore vivace dans certains éléments de l’intrigue. On songe à cette facilité déconcertante à occire des drogués ou à ces clignements d’yeux horizontaux. Derrière le cachet invraisemblable d’une telle bévue, le public français peut être interpellé par la géographie aléatoire de l’hexagone où les raccourcis spatiaux sont aussi nombreux que désopilants. Mention spéciale au déménagement de Bastia (devenu un village, pour l’occasion) près de Bordeaux où Steven Seagal évoque cette aberration sans défaillir. L’un de ses instants de carrière les plus idiots et, par conséquent, mémorables.

Si l’on souhaite pousser la bêtise dans ses retranchements, les véhicules sont immatriculés dans le mauvais département et la proximité avec Paris est des plus douteuse. L’histoire ne s’arrête pas en si bon chemin. Non satisfait de manipuler les régions de la France, le film de Michael Keusch évoque des évènements et un enchaînement des faits qui se fait aussitôt oublier. La formation des équipes des élites reste aléatoire, tandis que les personnages interchangeables sont dépourvus de charisme. Les réparties sont niaises à pleurer et finissent d’achever le semblant d’intérêt qu’on aurait pu porter à pareille bobine.

Face à tant d’incohérences, Attack Force affiche un caractère amusant, bien qu’il demeure déplorable en tout point. On pense également à ces combats chorégraphiés avec ou sans les pieds et ses moulinets de bras censés dépeindre une vitesse surhumaine. Comme si ce n’était pas suffisant, le principal intervenant arbore une paire de griffes pour se confronter à ses ennemis drogués. On connaît l’homme pour son inexpressivité devant la caméra. Si son faciès impassible est de la partie, certains passages lui permettent de déployer son potentiel de comédien quand il est victime de difficultés intestinales. On se retrouve alors partagé entre cet aspect cocasse et l’inexorable déclin de l’acteur.

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Au final, Attack Force est, sans conteste, un navet de haut niveau. Certes, on peut toujours s’attendre à un DTV basique et sans ambition lorsqu’il est question de se confronter aux errances de Steven Seagal. Ici, Michael Keusch, malheureusement conscient du naufrage annoncé, signe un film d’action teintée de science-fiction d’une rare stupidité. Faisant écho à cette impression générale, le scénario est perclus d’incohérences et d’idioties proclamées avec un sérieux déconcertant. Bien que les scènes d’action sont présentes, l’incursion n’en demeure pas moins pénible et ennuyeuse. Afin de compléter le tableau des tares à ne pas commettre, les combats font l’objet d’un sabotage en règle. Il subsiste la figure indisposée de Steven Seagal lors de ces échanges de politesse. Nauséabond et grotesque.

Note : 03/20

Par Dante

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