avril 17, 2024

Urban Justice

De : Don E. FauntLeRoy

Avec Steven Seagal, Eddie Griffin, Kirk B.R. Woller, Liezl Carstens

Année : 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Simon apprend que son fils Max, policier à Los Angeles, est tué par un groupe de malfaiteurs. Alors que l’enquête piétine, le père meurtri décide de prendre les choses en main et à sa manière. Quand il découvre les raisons de l’exécution de son fils et surtout les responsables, Simon n’aspire plus qu’à la vengeance.

Avis :

Au sortir de ses déplorables collaborations avec Michael Keusch, Steven Seagal est parvenu à nous fournir quelques-unes des plus mauvaises itérations qui soient en matière de cinéma d’action. Entre les frasques d’espionnage de L’Affaire CIA, les aliens reconvertis en drogués dans Attack Force et l’exercice de plagiat avec Vol d’enfer, l’acteur ne cesse de surprendre quand il s’agit de s’immiscer dans les affres de la médiocrité. De telles bobines méphitiques laissaient entrevoir le pire d’une carrière déclinante, voire désuète. Aussi, Urban Justice paraît une énième redite des vendettas urbaines, lorgnant du côté du vigilante movie sans le moindre scrupule.

À cette occasion Steven Seagal retrouve Don E. FauntLeRoy à qui l’on devait déjà Today you Die et Mercenary. Des productions guère remarquables, mais loin d’être les plus mauvaises apparitions de la tête d’affiche au cours des années 2000. Comme évoqué précédemment, le prétexte initial tient à la perte d’un fils dans un quartier malfamé de Los Angeles. On ressasse alors les sujets et les poncifs propres à ce type de scénario. Cela vaut pour la corruption policière, le trafic de drogues ou la difficulté de se dépêtrer d’un environnement où la criminalité s’avance comme l’unique repère. Si l’histoire ne fait guère d’étincelles, elle a néanmoins le mérite de se contenter des clichés sans multiplier les invraisemblances.

« Le cadre et le pitch de départ n’est pas sans rappeler Justice sauvage. »

De même, le fait de rapprocher l’acteur, le cadre et le pitch de départ n’est pas sans rappeler Justice sauvage, l’un des métrages majeurs de la filmographie de Steven Seagal. L’exploration du milieu de la rue et du crime organisé vont en ce sens. Au collègue abattu en pleine rue, on le substitue au fils intègre. À la mafia italienne, on se confronte à une guerre des gangs. Cela sans oublier les indics, les faire-valoir de circonstances et autres éléments narratifs indissociables à la structure d’une telle intrigue. Ces divergences tiennent compte de l’évolution du contexte, même si les enjeux demeurent sensiblement les mêmes. Une approche basique et sans ambition particulière, mais relativement distrayante et efficace.

Contrairement à ses précédentes bévues paresseuses, Steven Seagal fait montre d’un peu plus d’entrain. Non dans son expressivité légendaire, mais dans l’exécution des affrontements. Cela tient autant aux fusillades qu’aux combats à mains nues. Le rythme se montre donc énergique pour multiplier les confrontations avec un minimum d’intérêt. Certes, l’action n’est pas toujours très lisible, mais les coups portés sont assez percutants et les enchaînements cohérents. Dans cette dynamique, on apprécie ce rapport de force qui, de prime abord, paraît inversé ; eu égard au surnombre des adversaires ou à leur arsenal.

« Les plans et les jeux de caméra sont souvent aléatoires. »

On regrette néanmoins que la réalisation ne suive pas un chemin similaire. Les plans et les jeux de caméra sont souvent aléatoires. Mal amenés, ils ne parviennent guère à exposer une séquence ou un lieu ; des espaces les plus exigus aux environnements extérieurs. À noter que la multiplication des passages nocturnes n’aide guère à présenter le film sous son meilleur jour. Vraisemblablement, il s’agit d’une des grandes faiblesses formelles du métrage. La photographie terne fait alors s’amalgamer les situations de telle sorte à ce qu’elles paraissent similaires. Pour certaines d’entre elles, l’approche est confuse et empêche de resituer l’action, ne serait-ce que par le positionnement des différents intervenants.

Au final, Urban Justice s’avère une modeste surprise dans la filmographie de Steven Seagal. Alors que ses dernières frasques cinématographiques suggéraient une possible reconversion dans la culture de légumineuses, le film de Don E. FauntLeRoy ressasse les clichés du cinéma d’action et, plus spécifiquement, du vigilante movie. Le propos reste basique au possible et n’étonne guère dans son déroulement ou sa scénarisation. On peut également déplorer une mise en scène hasardeuse, pour ne pas dire médiocre. Cependant, Urban Justice se sauve par son rythme constant et sa capacité à fournir un divertissement honnête. Une production qui s’adresse essentiellement aux amateurs de série B, mais a le mérite de ne pas dénigrer le genre. Un résultat correct qui se révèle un exploit en de telles circonstances.

Note : 10/20

Par Dante

2 réflexions sur « Urban Justice »

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