octobre 6, 2022

Today You Die – Double Riposte

De : Don E. FauntLeRoy

Avec Steven Seagal, Nick Mancuso, Robert Miano, Mari Morrow

Année : 2005

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Policier

Résumé :

Ancien truand reconverti, Harlan Banks vient d’accepter un poste de convoyeur de fonds. Sa première mission consiste à assurer le transit de 20 millions de dollars pour un casino de Las Vegas. Mais son collègue de travail a d’autres plans : il abat les deux agents de sécurité et pointe son arme sur Banks… Après une course-poursuite dans les rues de la ville, Banks se retrouve en prison, accusé à tort. Avec un peu d’aide, il parvient à s’évader, bien décidé à assouvir une vengeance explosive.

Avis :

Pour certains acteurs, l’enchaînement de tournages ne signifie pas une popularité croissante ou à son apogée. Cette frénésie cinématographique sous-tend bien souvent des besoins d’ordre financier. L’ironie de la situation ne tient pas uniquement à un mode de vie « privilégié ». Il faut aussi faire face à des aléas judiciaires qui surviennent eux-mêmes à la suite desdites productions. On l’a vu avec Piège en eaux profondes et cela se confirme avec Today You Die (ou Double riposte) où Steven Seagal est poursuivi pour non-respect des termes contractuels et quelques libertés prises avec le script. De quoi donner une résonnance toute significative à son emprisonnement fictif dans le présent métrage…

Sur le papier, le film de Don E. FauntLeRoy ressasse des poncifs similaires à Hors Limites. On y retrouve ce partenariat entre le criminel repenti et le gangsta de service ; le tout rehaussé d’une touche d’humour inhérente aux buddy movies. À la différence prête que les deux comparses se connaissent depuis peu. Toujours est-il que l’histoire n’est guère avare en invraisemblances ni en facilités narratives ; des plus évidentes aux plus improbables. En premier lieu, on songe au personnage de Steven Seagal qui se veut une pâle figure d’un Robin des bois des temps modernes croisée avec Arsène Lupin !

Un choix aussi bête que surréaliste à l’image et qui donne le ton quant à la suite. Car les prétextes avancés se parent d’une connotation pseudo-mystique où sa bien-aimée se lance dans la clairvoyance avec l’interprétation de rêves de pacotilles. Ses recommandations ou ses craintes sont d’autant plus amusantes que le principal intéressé y trouve une oreille plus ou moins attentive à leur symbolique. On n’échappe pas non plus à ce florilège de sentiments mielleux qui ponctuent les bévues des deux pieds nickelés au pays des trafiquants et criminels de tout poil. En l’occurrence, le contraste censé interpeller le spectateur tient surtout aux sautes d’humeur de Steven Seagal pour obtenir des renseignements.

Soit dit en passant, les informations en question demeurent inutiles ou disponibles par des moyens plus accessibles. Il faut néanmoins bien justifier cet enchaînement de séquences nerveuses qui, à défaut de logiques, divertissent. Si l’on écarte les errances scénaristiques et le charisme d’huîtres des têtes d’affiche, il est vrai que l’on ne s’ennuie guère. Steven Seagal renoue avec quelques affrontements au corps-à-corps entre deux fusillades. À cela s’ajoutent les courses-poursuites et les explosions de circonstances qui officient avec un résultat moins convaincant et impressionnant qu’escompté, même avec pareils budget et bobine.

On notera également une partie dédiée à l’univers carcéral. Il est aisé de faire la comparaison avec Mission Alcatraz pour dépeindre une ambiance où les racailles font la loi, jouent des biceps et des lames bricolées dans un cadre minimaliste. Le réalisateur multiplie les plans rapprochés et se cantonne à des lieux emblématiques des prisons américaines : une cour (très restreinte) et la laverie. En dehors de cela, il faut se contenter de corridors sombres. À ce titre, la photographie et l’éclairage sont d’une rare indigence ; à l’intérieur, comme à l’extérieur des murs. Quant à la scène de l’évasion, elle restera l’une des plus furtives et idiotes dans l’histoire du cinéma. Un costume, un hélico et une bagarre généralisée pour boucler l’affaire.

Au final, Today You Die s’avance comme un produit opportuniste, guère brillant dans ses intentions. Le métrage de Don E. FauntLeRoy se contente de recycler les clichés du film d’action, enchaînant les incohérences et les frasques sur fond de rap et de rythmiques redondantes, sans variation aucune. Sans grande conviction, on a l’impression d’assister à une synthèse bâclée entre Mission Alcatraz et Hors Limites (déjà peu enthousiasmants) en y insufflant une complicité male dépeinte et stupide dans ce qu’elle sous-tend. Affublé d’une histoire sans intérêt et d’un casting guère emballant, seule la débauche d’action rend l’ensemble passablement distrayant. À noter l’une des premières apparitions de Chloé Grace Moretz dans le rôle d’une orpheline. Une prestation furtive et vite oubliée, à l’image de ce film.

Note : 07/20

Par Dante

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