janvier 31, 2023

L’Affaire CIA

Titre Original : Shadow Man

De : Michael Keusch

Avec Steven Seagal, Eva Pope, Imelda Staunton, Vincent Riotta

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller, Action

Résumé :

Après de nombreuses années au sein de la CIA, Jack Foster a quitté son poste d’agent des renseignements. Réputé pour sa loyauté et son efficacité, il est contacté par d’anciens collègues pour une mission qu’il est le seul à pouvoir effectuer. Lorsque sa fille est enlevée, il se retrouve impliqué personnellement dans l’affaire et doit intervenir, sans imaginer le piège qui est train de se refermer sur lui.

Avis :

Oscillant entre le médiocre et la nullité intrinsèque, la filmographie de Steven Seagal est émaillée de navets et autres légumineuses. Certaines itérations s’avèrent à peine potables, tandis que d’autres relèvent de la bêtise cinématographique pure et simple. Au sortir de ses collaborations avec Michael Oblowitz ou Don E. FauntLeRoy, Steven Seagal inaugure un travail laborieux avec Michael Keusch avec L’Affaire CIA, eu égard aux ambitions desdits projets et surtout au caractère de l’acteur. L’occasion est alors donnée de s’immiscer dans de sombres affaires d’espionnage en Europe de l’Est où les Américains et les Russes semblent nostalgiques de leurs affrontements au cours de la Guerre froide.

Une fois n’est pas coutume, l’introduction démontre les qualités martiales de Steven Seagal face à… une pastèque ! Certes, des élèves ébahis sont sur le point d’apprendre une bonne leçon à leurs dépens, mais on assiste à la liquéfaction interne du fruit sans autre forme de procès. Malgré l’incongruité de la situation, le ton de ce passage reste ancré dans le premier degré. Et c’est bien sur cet aspect que le film de Michael Keusch se démarque : incorporer des instants saugrenus dans une histoire qui se prend très au sérieux. Dès lors, on observe un clivage qui, au fil des séquences, ne fait que s’accentuer, donnant lieu à des moments involontairement drôles.

On songe à ce passage où Steven Seagal s’improvise en MacGyver pour concocter un accueil digne de ce nom à ses geôliers d’une minute. L’action a beau être correctement mise en scène, il n’en demeure pas moins que l’ensemble est rocambolesque dans la manière d’envoyer ad patres des agents secrets décérébrés. D’ailleurs, cette spécificité de leur caractère semble être une redite pour nombre d’intervenants, notamment ces trafiquants du dimanche, ces flics ripoux ou encore ces hauts responsables dépassés par la portée des évènements. Au même rythme que les tares de réalisation, les bévues des intéressés s’accumulent.

Cela tient autant à leurs incompétences qu’au cadre de leur action. La scène de la bibliothèque interpelle face à l’indifférence des occupants lorsqu’une enfant crie au secours. Dans une optique similaire, les courses-poursuites détonnent (dans le mauvais sens du terme) tant leur enchaînement souffre d’un montage douteux, parfois affublé d’inserts grossiers à l’image. Mention spéciale à l’explosion misérable et pixellisée d’un hélicoptère tombé sous le feu d’un simple pistolet. Est-il nécessaire de préciser que Steven Seagal utilise l’arme en question ? Toujours est-il qu’on assiste à un festival d’invraisemblances, y compris dans l’histoire. La menace du virus, elle, reste suggestive.

Quant à l’évocation du projet MK Ultra, il s’agit à l’origine d’un programme secret de manipulation mentale, non d’expériences en virologie. Sans doute l’approximation la plus flagrante du scénario, même si celui-ci ne s’en montre guère avare. À la rigueur, le seul aspect correct du présent métrage est de soutenir l’action, voire de la varier. À noter que Steven Seagal évite de se faire doubler lors des combats, comme ce fut le cas pour ses dernières productions. À minima, il tente de diversifier les affrontements au corps-à-corps. Cela a beau rester basique en matière de chorégraphie, les passages en question sont plutôt nerveux, y compris pour les fusillades.

Au final, L’Affaire CIA est un film d’action dans la mouvance de ce que produit Steven Seagal depuis le début des années 2000. Sous prétexte d’une histoire linéaire, on amasse les péripéties à un rythme effréné sans se soucier d’une quelconque vraisemblance. Les jeux d’espionnage ne présentent aucun intérêt ni faux-semblant. Ils servent simplement de toile de fond afin que l’acteur principal multiplie le cassage de membres et de fruits, les morts par balle (hélicoptère inclus) et même une énucléation en règle. Bref, de quoi interpeller les amateurs d’aberrations cinématographiques et d’indifférences émotionnelles dans l’interprétation du casting. Le genre de moments qui laisse dubitatif quant à la concrétisation de certains projets…

Note : 06/20

Par Dante

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