février 23, 2024

Confinement

Titre Original : Salvage

De : Lawrence Gough

Avec Neve McIntosh, Shaun Dooley, Dean Andrews, Ben Batt

Année : 2009

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

Un mystérieux container échoue sur la côte anglaise. Aussitôt, tout un quartier de la petite ville toute proche est mis en quarantaine : tandis que des hélicoptères ne cessent de survoler les lieux, les militaires bouclent les environs et les habitants ne sont plus autorisés à sortir de chez eux. Certains résidents meurent dans d’atroces circonstances. Attaque terroriste ? Contamination nucléaire ? Expérience scientifique qui a mal tournée ? Nul ne sait ce qui est en train de se passer, et tous se barricadent chez eux…

Avis :

Jouer sur les peurs primaires fait partie des classiques de l’horreur. La peur du noir, la peur de l’inconnu, la peur d’une invasion dans son cocon, tout est bon pour faire passer un sale quart d’heure au spectateur qui fait sortir de sa zone de confort. Dans les années 2000, une nouvelle peur fait son apparition, celle de l’arrivée de terroriste et d’une attaque bactériologique. Si cela a fait les beaux jours des films d’action ou des thrillers d’espionnage, certains films d’horreur se sont engouffrés dans la brèche pour raconter, ou tout du moins faire croire, cela. Et c’est le cas de Confinement (Salvage en version originale) de Lawrence Gough, petit réalisateur dont c’est le seul long-métrage, le cinéaste étant parti vers le petit écran pour réaliser des épisodes de série comme Doctor Who, Les Enquêtes de Vera ou encore Misfits.

Le film démarre à bord d’une voiture, où un père de famille amène sa fille chez sa mère pour les fêtes de Noël. La jeune fille n’a pas vraiment envie de voir sa mère avec qui elle a un différend. Et pour preuve, lorsqu’elle arrive chez elle, elle la retrouve au lit avec un parfait inconnu. Le film ne s’appesantit pas trop sur le personnage de la fille, qui va alors se réfugier chez une amie qui habite dans le même quartier. C’est alors que l’on va suivre la mère, qui va gentiment éconduire son amant, mais qui se retrouve bloquée dans sa maison par des types armés jusqu’aux dents. Il s’agit de l’armée qui boucle le quartier et semble déterminé à retrouver quelqu’un. Dès lors, le film prend des allures de huis-clos, avec ce « couple » improvisé qui va devoir cohabiter pendant un temps.

C’est à partir de là que Confinement commence à jouer sur les codes de la paranoïa, notamment avec l’amant en question qui va être persuadé qu’il s’agit d’une attaque terroriste. Toujours à la limite du racisme, le film ne va pas trop exploiter ce filon pour se focaliser alors sur la mère de famille qui veut retrouver sa fille, car même si elle est fâchée contre elle, la filiation est trop forte. Une exploration chez les voisins est alors de mise, tout comme une volonté de sortir dehors pour retrouver sa fille. Là encore, le film joue sur la paranoïa, sur l’identité des militaires, mais aussi sur un caisson qui s’est échoué sur la plage non loin. C’et là qu’apparait alors le coup de l’arme bactériologique, ais cela ne va pas vraiment prendre, la faute à un budget trop léger et des soldats sans masque à gaz.

Le scénario va alors dévier à sa toute fin, alors qu’il ne reste qu’un quart d’heure de film. S’il se passe tout de même des choses plus ou moins intéressantes, on attend un peu trop longtemps les raisons d’un tel déploiement de soldats. Et l’histoire devient alors assez basique, se voulant une critique de l’armée et de certains essais pour créer de nouvelles armes humaines. La présence du monstre se dévoile, tout comme son design, mais on reste sur quelque chose de simple, qui manque d’inventivité. Cela peut se comprendre avec le budget famélique, mais il y avait d’autres leviers à actionner pour mieux nous cueillir. Comme par exemple faire intervenir la bestiole plus tôt pour créer plus de dynamisme. Ou encore ne pas jouer sur le frontal et garder un mystère total sur l’identité de la menace. Bref, le film aurait pu être bien mieux.

Cependant, il n’a pas à rougir de sa mise en scène, qui reste simple, tout en étant efficace. Pour un premier film, qui plus est d’horreur, Lawrence Gough ne fait pas n’importe quoi et offre une réalisation propre. Il n’y a pas de caméra embarquée, pas de grain sur l’image et il y a un choix de suivre cette mère que l’on va détester au début, puis qui va prendre du poil de la bête par la suite. De plus, les effets gores sont assez généreux dans ce film. Certes, ils ne sont pas explosifs, mais ils sont suffisamment présents et bien fichus pour faire leur petit effet. Il est juste dommage que le design du monstre soit si ridicule, ou tout du moins pas en accord avec ses capacités. On dirait un vieil amas de chair dégoulinant, alors qu’il est rapide, puissant et presque indétectable.

Malheureusement, malgré ces quelques bons points, le film ne parvient jamais à se hisser dans le haut du panier des petits films d’horreur des années 2000. Cela est dû à un scénario trop simpliste qui n’arrive pas à donner du poids à la mère. Même si on ressent une légère empathie pour elle, elle manque d’épaisseur pour pleinement nous convaincre. Il en va de même avec sa relation avec sa fille. L’histoire joue sur les liens maternels et sur le fait que même très fâché, on fait tout pour sauver la chair de notre chair. Mais sur la fin, il y a une rancœur qui ne prend pas et qui joue avec un heureux hasard et une petite incohérence. Finalement, c’est surtout sur l’écriture que le film pêche, alors qu’ils s’y sont mis à trois pour écrire cela.

Au final, Confinement (ou Salvage selon votre préférence ou votre DVD) est un tout petit film d’horreur qui ne convainc pas. Cependant, il possède quelques qualités indéniables qui font que l’on entrevoit ce qu’il aurait pu être, mais tout cela est gâché par une écriture pataude et un manque d’énergie. Lawrence Gough essaye de faire de son mieux, mais difficile d’être crédible lorsque ses personnages sont si mal écrits et que le message final n’est pas abouti. Bref, un coup d’épée dans l’eau qui plongera son metteur en scène vers la télévision, pour ne plus jamais en partir…

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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