juin 29, 2022

Alien, le Huitième Passager

Titre Original : Alien

De : Ridley Scott

Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton

Année: 1979

Pays: Etats-Unis, Angleterre

Genre: Science-Fiction, Horreur

Résumé :

Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage, sept hommes et femmes, rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d’un arrêt forcé sur une planète déserte, l’officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue, une arachnide qui étouffe son visage.
Après que le docteur de bord lui retire le spécimen, l’équipage retrouve le sourire et dîne ensemble. Jusqu’à ce que Kane, pris de convulsions, voit son abdomen perforé par un corps étranger vivant, qui s’échappe dans les couloirs du vaisseau…

Avis :

Il y a des films qui transcendent l’entendement et qui démontrent tout le talent des réalisateurs ou encore des acteurs. Car si Alien est devenu une licence juteuse dès son premier film en 1979, accumulant plus de 2,5 millions de spectateurs en France et multipliant par huit son budget grâce aux recettes mondiales, ce n’était pourtant pas gagné du tout. Devant tout d’abord être réalisé par Walter Hill, ce dernier céda sa place à un jeune nouveau, Ridley Scott, dont ce sera le deuxième film après Les Duellistes, pour mettre la casquette de producteur et de co-scénariste (non crédité au générique). Ensuite, si certains acteurs déjà rompus sont présents dans le film, le choix de mettre Sigourney Weaver en tant qu’actrice principale est un coup de poker, car c’est clairement son premier grand rôle et son troisième film si l’on compte Manhattan de Woody Allen dans lequel elle fait une apparition de six secondes. Enfin, les dialogues du film n’étaient pas écrits et les acteurs furent lâchés devant la caméra avec de grandes lignes directrices. Bref, tout était réuni pour que ce film n’ait pas le succès attendu, et pourtant, touché par la grâce, Ridley Scott va livrer un chef d’œuvre du septième art.

Le film débute dans un silence assez angoissant au milieu de l’infinité spatiale. Plantant rapidement le décor du Nostromo, Ridley Scott va surtout appuyer sa mise en scène lente et angoissante à partir d’un vaisseau vide et silencieux. Mais le plus fort, c’est que même lorsque l’équipage se réveille, on sent une certaine anxiété nous envahir. Entre les couleurs ternes et mécaniques du vaisseau, les divergences de points de vue entre les membres de l’équipage, on sent qu’il n’y a pas beaucoup de place pour les sentiments et notamment l’amour. Le point d’orgue étant lorsque le petit groupe file visiter le vaisseau en détresse et que l’on voit dans le regard d’Ian Holm une absence totale d’émotion, de peur ou encore de regret. Le cinéaste arrive à fournir, pendant une heure, une ambiance étrange, oppressante, sans qu’il y ait encore de vraie menace au sein du vaisseau. Le plus subjuguant, c’est que le réalisateur peaufine sa montée de l’angoisse sans pour autant créer de l’ennui. Cela est dû à une intelligence dans le rythme, montrant toujours quelque chose d’intéressant, que ce soit dans les relations humaines ou dans l’évolution de l’ambiance dans le vaisseau.

Et ce n’est qu’une fois la première moitié de film dépassée que la créature montre son vrai visage. Enfin, tout est relatif, puisque Ridley Scott a le bon goût de distiller son design au fur et à mesure des séquences. Monstre énigmatique qui se faufile un peu partout, l’alien en question a cette capacité à surprendre à chaque apparition. Il faut dire que son physique, sorti tout droit de l’imaginaire malade de H.R. Giger, fait que l’on peut le confondre avec des tuyaux, des rouages. Créature biomécanique, elle ne fait qu’un avec le vaisseau, et à chaque meurtre, on peut essayer de la deviner dans le décor. Et si on la voit clairement lorsqu’elle s’en prend à Harry Dean Stanton, cela sera plus complexe dans le vaisseau de retour avec Sigourney Weaver. Ainsi donc, la surprise prend place à chaque séquence et l’angoisse ne fait que monter crescendo. D’autant plus que le réalisateur s’amuse à rendre le Nostromo encore plus inquiétant, lui donnant un aspect de délabrement avancé, avec ce qu’il faut de recoin sombre et humide, se combinant parfaitement avec le physique du xénomorphe.

Enfin, la créature n’est pas la seule menace dans le film. Comme évoqué plus haut, les sept passagers ne sont pas anodins et chacun a un rôle qui lui est propre. Si Dallas, incarné par Tom Skerritt, peut paraître comme l’homme de la situation, c’est surtout Ellen Ripley qui prendra les rênes du Nostromo. Les antagonismes vont alors se faire plus fort, notamment lorsque John Hurt rentre avec l’entité collée sur le visage, et l’action de Ian Holm ne sera pas anodine. Renforçant son angoisse par les réactions parfois surprenantes du groupe d’humains, Ridley Scott livre aussi un message intéressant sur l’avenir de l’humanité et sa volonté de découvrir de nouvelles espèces, peu importe les pertes humaines, puisque l’Homme peut facilement être remplacé, en la présence d’un Ian Holm étrange. Il sera d’ailleurs l’occasion d’une séquence marquante, montrant que les effets visuels n’ont pas pris une ride malgré ses bientôt quarante ans.

Au final, Alien, le Huitième Passager est un huis-clos spatial complètement réussi, aussi bien sur le fond que sur la forme. Ridley Scott livre un deuxième film qui pourrait être assimilé à l’un de ses chefs-d’œuvre, puisqu’il ne vieillit pas avec le temps et qu’il reste toujours aussi efficace, que ce soit dans sa gestion de l’espace ou de l’horreur. Plantant des décors épurés et un monstre emblématique, le film fait monter une pression indicible jusqu’à un final épique qui mettra sur le devant de la scène une nouvelle actrice, Sigourney Weaver.

Note : 19/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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