juillet 19, 2024

Legend

De : Ridley Scott

Avec Tom Cruise, Mia Sara, Tim Curry, David Bennent

Année : 1985

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantasy

Résumé :

Lili, jeune et jolie princesse, est convoitée à la fois par Jack, jeune homme proche de la nature, et par Darkness, véritable incarnation du mal, qui ne rêve que de plonger le monde dans une nuit éternelle en tuant les deux licornes protectrices. Avec l’aide du lutin Gump et de ses acolytes Screwball et Tom Brown, Jack se lance dans une quête désespérée pour mettre fin aux agissements du démon et empêcher la transformation de Lili en créature perverse.

Avis :

On ne présente plus Ridley Scott, grand réalisateur qui n’a jamais cessé de faire des films dans des genres divers et variés. Il commence sa carrière dans les années 70 avec Les Duellistes, puis frappe un grand en 1979 avec Alien, le Huitième Passager, film de SF et d’horreur culte, qui n’a pas pris une ride aujourd’hui. On ne compte plus le nombre de chefs-d’œuvre de ce monsieur, qui est un vrai stakhanoviste, puisqu’à plus de quatre-vingt ans, il continue encore et toujours de surprendre. Mais le film qui nous intéresse aujourd’hui constitue son début de carrière. Car après Alien et Blade Runner, deux immanquables de la SF, il décide de changer de genre, et plonge à corps perdu dans la Fantasy la plus pure qui soit. En abordant Legend, Ridley Scott nous propose une plongée naïve dans un conte pour enfants relativement sombre.

Dès le départ, le film se fait assez angoissant. On y croise une créature relativement laide, qui s’identifie comme un kobold, et qui épie une nana dans la forêt. Par la suite, la bestiole va chez son maître, le roi des ombres, qui lui ordonne de tuer les deux dernières licornes du pays, pour que le jour ne se lève plus jamais, et qu’il puisse enfin régner. Une fois cette introduction faite, le film va essayer de se faire lumineux et joyeux. On y croise alors une jeune princesse d’une rare gentillesse, qui vagabonde dans les prés et discute avec Jack, un jeune homme qui semble connaître tous les secrets de la forêt. Il lui montre alors les deux licornes, mais l’une d’elles se fait tuer par le kobold en question, et les deux amants sont séparés. Elle se retrouve kidnappée et Jack doit la secourir.

« Legend est clairement un film de Fantasy naïve comme on n’en fait plus. »

Legend est clairement un film de Fantasy naïve comme on n’en fait plus. Il s’agit ici d’un conte où un jeune homme pur doit sauver une princesse d’un très grand méchant, qui ne souhaite que la fin du monde pour régner sur la nuit. Rien de bien mirobolant, et on sent que tout cela emprunte à divers légendes déjà connues à l’époque. D’autant plus que d’un point de vue scénaristique, il n’y aura rien d’autre qu’un récit de rencontres qui vont permettre à Jack de se dépasser et de surmonter des épreuves. Cependant, derrière cette écriture presque enfantine se cache un conte macabre et un imaginaire relativement glauque. Que ce soit dans la direction artistique, dans la musique, ou encore le déroulement des aventures, Legend est un film qui fait peur et qui contrebalance sa naïveté par une imagerie presque violente.

Toutes les créatures présentes dans ce film sont lugubres, ou présentent une double facette qui laisse à penser qu’elles peuvent être mauvaise. Bien évidemment, les kobolds sont ignobles, notamment celui avec son long nez, ou encore celui qui ressemble à un cochon, mais ce ne sont pas les seuls êtres à être répugnants. On songe à Meg, la sorcière des marais, qui est réellement immonde, avec sa peau verte, son nez crochu, sa vieille bosse et son envie de becqueter Jack. On peut aussi évoquer les ogres dans les cuisines du château. Ridley Scott les rend vraiment horrible avec tout le contexte autour du lieu, avec cette cuisine en feu, qui baigne dans le sang et le gras. Il règne vraiment une ambiance particulière qui confine au cauchemar. Mais même les créatures gentilles ont une sorte de double personnalité qui fait froid dans le dos.

« Rob Bottin a fait un travail remarquable sur toutes les créatures. »

La fée, qui est un écho à la Fée de Clochette de Peter Pan, n’est pas vraiment jolie et cache un caractère qui peut effrayer. Il en va de même avec Gump, ce petit garçon magique qui peut déchaîner une tempête rien qu’avec son rire ou ses colères. Quant aux lutins, s’ils sont rigolos, ils sont aussi imprévisibles et peuvent faire capoter toute la mission pour on ne sait quelle raison. Bref, Legend est un film qui baigne dans une atmosphère lugubre, qui est presque à l’opposé de ce qu’il raconte et de sa fatalité, puisqu’on sait d’avance comment cela va se terminer. Et bien sûr, le film fait la part belle à son grand méchant, Darkness, un immense diable aux cornes démesurées qui rentrera rapidement dans le panthéon des bad guys du septième art. Rob Bottin a fait un travail remarquable sur toutes les créatures.

Néanmoins, malgré ce côté sombre pleinement assumé, il manque de la subtilité au film de Ridley Scott. On sent que le cinéaste a le cul entre deux chaises et ne sait pas trop quoi faire pour satisfaire un double public. Car si l’ambiance très dark du film sied parfaitement à un public adulte, les enfants risquent d’avoir peur, et pour pallier à ceci, le film comporte des scènes humoristiques qui manquent cruellement de finesse. On pense à cette séquence de collecte d’assiettes géantes pour refléter la lumière, où les nains jouent au frisbee avec, réveillant par la même les deux ogres. On peut aussi évoquer la fausse mort d’un des deux gnomes. Cela nous sort un peu du film, qui possède pourtant de très jolies scènes, comme la danse de la femme en noir qui va prendre possession de la princesse.

Au final, Legend est un film de Fantasy qui a tout de même pris un coup de vieux dans son histoire. Très ancré dans les années 80, le film propose un scénario simple et naïf, qui se confronte à un univers glauque et pas si enfantin que ça. Entre les créatures suintantes de Rob Bottin, l’ambiance lugubre instaurée par Ridley Scott et des séquences qui lorgnent avec l’horreur, Legend n’est à mettre sous tous les yeux. Mais malgré cela, le réalisateur nous réserve un film très agréable, qui manque parfois d’équilibre dans ses tonalités, mais qui reste ultra référencé et présente un jeune Tom Cruise un peu à contre-emploi.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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