juin 25, 2024

The Rental

De : Dave Franco

Avec Dan Stevens, Alison Brie, Sheila Vand, Jeremy Allen White

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller, Horreur

Résumé :

Deux couples louent une sublime maison face à l’océan pour un week-end de fête. Les quatre amis comprennent très vite que derrière la beauté de l’endroit, un danger les guette : une présence mystérieuse semble les espionner et révèle des secrets inavouables sur chacun d’eux. La tension monte et le week-end de rêve va virer au cauchemar absolu…

Avis :

De nombreux acteurs (et actrices, bien évidemment) aiment passer de l’autre côté de la caméra afin de s’essayer à la réalisation. Et si certains font les deux (réalisation et comédie) depuis leurs débuts, d’autres se lancent après une carrière de comédien bien remplie. C’est le cas de Dave Franco, petit frère de James Franco, que l’on a pu voir dans des films comme Insaisissables ou encore Nos Pires Voisins. C’est en 2020 qu’il se décide à passer derrière l’objectif avec un scénario qu’il a lui-même écrit, The Rental, un thriller horrifique dans lequel il va faire passer un weekend infernal à quatre amis. Un pitch simple, qui va s’amuser avec les codes du Home Invasion pour créer une tension palpable entre deux frères et deux nanas qui vont découvrir des choses pas catholiques. Cependant, derrière cette croûte fine, Dave Franco a-t-il vraiment des choses à raconter ?

Ça va être un peut le problème de ce film. En effet, le début présente une jeune femme et un homme que l’on va prendre pour un couple, mais rapidement, on va nous apprendre qu’ils sont seulement associés dans le boulot, et que la nana en question sort avec le frère de son associé. Dès le début, on sent tout de même une sorte de tension sexuelle entre les deux personnages, et on se doute bien que Dave Franco va jouer sur ce ressort pour créer une autre tension, plus nerveuse, par la suite. Ainsi donc, on va suivre ces deux frères et leurs petites copines respectives dans une baraque qu’ils louent pour le weekend afin de fêter un contrat juteux. Les choses se passent relativement bien, malgré un propriétaire un brin raciste, qui va rajouter une couche de tension supplémentaire. On sent que la sauce monte petit à petit.

« Le scénario suit un schéma trop classique qui manque de surprise. »

Mais cette sauce met beaucoup trop de temps à monter. On aura droit aux atermoiements de chacun, qui rentrent dans des clichés du genre. A titre d’exemple, la femme du grand frère est trop fatiguée pour faire la fête le soir et décide de se coucher tôt, tandis que le petit frère est déchiré par l’alcool et la drogue laissant alors les deux associés seuls dans le jacuzzi, ce qui est une mauvaise idée. Même si on s’attache aux personnages, qui sont simples et humains, toutes les actions se déroulent comme elles doivent se dérouler. Le scénario suit un schéma trop classique qui manque de surprise, et qui n’arrive jamais à surprendre. Jusqu’au point culminant qui introduit le côté Home Invasion, qui durera à peine vingt minutes pour une heure d’exposition. Le film met trop de temps à démarrer, et c’est vraiment dommage.

Parce qu’en vrai, c’est le seul reproche que l’on peut faire au film. Globalement, on va ressentir de l’empathie pour ces deux couples qui restent très crédibles. Tout un chacun a des failles, des démons, et même si parfois, c’est un peu cliché (le petit frère sanguin qui a fait de la taule, la nana arabe qui est victime de racisme, le grand frère queutard qui quitte ses nanas dès qu’il en a trouvé une autre), on arrive à s’attacher à eux. Le casting est l’un des points forts du film, avec un Jeremy Allen White très juste, comme à son habitude, ou encore un Dan Stevens au regard froid et une Alison Brie un peu en retrait, mais toujours juste dans son interprétation. Malgré la simplicité du scénario, le film tient debout grâce à des acteurs impliqués et qui sont bien dirigés.

« Dave Franco gère bien sa première mise en scène. »

Et puis Dave Franco gère bien sa première mise en scène. Si le film n’a pas forcément de jolis éléments, ou une quelconque recherche d’ambiance, il arrive à s’accaparer du paysage et du décor de cette belle maison pour fournir des moments intéressants qui feront monter la tension. Alors certes, on peut reprocher au film de ne pas faire peur. On est vraiment plus dans un thriller que dans un film d’horreur, mais ce n’est pas forcément le propos. Ici, le réalisateur utilise des ficelles sociétales malines pour faire monter la tension, et donc la peur. On y évoque le racisme, l’infidélité, un passé trouble, et quand on rajoute de la drogue et de l’alcool, le cocktail ne peut qu’être détonant. Et finalement, c’est ce côté réaliste qui fait plus froid dans le dos. Il faut noter aussi que la fin est nihiliste au possible, chose rare.

Au final, The Rental est un film simple, peut-être un peu trop, mais qui s’appuie de manière intelligente sur ses personnages et leur psyché pour créer de la tension, et cela dès la scène d’introduction. Les quatre acteurs sont formidables et tiennent des rôles qui s’imbriquent parfaitement pour former une sorte de cocotte-minute. Une cocotte-minute qui va mettre trop de temps à exploser, mais qui permet aussi de poser des sujets qui viendront rajouter une couche de doute dans l’ensemble. Bref, ce n’est pas si mal que ça, surtout quand on sait que c’est un premier film.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.