mai 26, 2024

Blue Beetle – Scarabête

De : Angel Manuel Soto

Avec Xolo Mariduena, Bruna Marquezine, Susan Sarandon, Harvey Guillen

Année : 2023

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Fraîchement diplômé de l’université, Jaime Reyes rentre chez lui, plein d’ambitions, mais il découvre que la situation a bien changé depuis son départ. Tandis qu’il cherche sa place dans le monde, le destin s’en mêle : Jaime se retrouve par hasard en possession du Scarabée, une ancienne relique d’une biotechnologie extraterrestre. Dès lors que le Scarabée choisit de faire de Jaime son hôte, le jeune homme se voit revêtu d’une armure hors du commun qui lui octroie des pouvoirs extraordinaires – et imprévisibles. Tout bascule alors pour Jaime qui devient le super-héros Blue Beetle…

Avis :

Réalisateur portoricain, fils d’une hôtesse de l’air et d’un vendeur de voitures, Angel Manuel Soto a très vite été attiré par le cinéma. Après avoir eu la chance de grandement voyager, Angel Manuel Soto commence sa carrière de cinéaste à la fin des années 2000. Entre 2009 et 2015, il va alors réaliser six courts-métrages, ce qui va lui permettre en 2015 de réaliser son premier long, « La Granja« . Le film passera sous les radars, ce qui renverra alors le réalisateur au court-métrage, mais cela ne le désespérera pas et il va alors réaliser sept courts en l’espace de deux ans. En 2020, Angel Manuel Soto signe « Charm City Kings« , un film tourné aux États-Unis qui aborde la vie d’un gang de motards vu à travers les yeux d’un enfant de quatorze ans. C’est là que le réalisateur se fait vraiment remarquer.

Avant que James Gunn « rechapeaute » tout le DC Universe, Warner sort ses dernières productions et l’on peut dire que le studio s’est déjà porté bien mieux, et que cette année 2023, pour lui, est une sacrée douche froide, après un « Shazam ! » qui a peu convaincu et surtout un « The Flash » parfaitement immonde, que personne n’avait envie de voir.

« L’ère du film de super-héros serait-elle arrivée au bout de sa course ? »

Warner espérait alors se rattraper avec « Blue Beetle » dont c’est la première adaptation à l’écran. Et ce n’est pas encore avec ce film et ce héros que la Warner va faire son grand retour, livrant un film de super-héros standard, très cliché, qui se veut drôle alors qu’il sombre très vite dans le lourd. Si « Blue Beetle » peut se laisser regarder, il se laissera tout aussi oublier.

Ce jour-là, Jamie Reyes, un jeune de vingt-deux ans, se rend à un entretien d’embauche chez Kord Industrie. Jamie a rendez-vous avec Jenny Kord, la nièce de la patronne de la société. Or, cet entretien ne va absolument pas se passer comme il l’espérait, car Jenny vient de voler quelque chose à l’entreprise et c’est à Jamie qu’elle le confie. Sous la forme d’une boite à hamburger, Jamie doit garder cette dernière et ne surtout pas l’ouvrir. Évidemment, une fois chez lui, Jamie ouvre la boite et il y découvre un scarabée et le dit scarabée va prendre Jamie comme hôte. Dès lors, Jamie devient Blue Beetle et la tante de Jenny est bien décidée à récupérer son insecte.

L’ère du film de super-héros serait-elle arrivée au bout de sa course ? Si au cours des années 2010, cette ère a su offrir de très bons divertissements et régner sur le box-office mondial, depuis un certain nombre d’années maintenant, on ne peut pas dire que l’on retrouve les merveilles d’antan. Pire encore pour la Warner et son DC universe qui enchaîne les bides et des désastres depuis un sacré paquet de films (« Wonder Woman 1984« , « Black Adam« , « Suicide Squad« , « Shazam ! 2« , « The Flash« …).

« si l’on regarde « Blue Beetle » de très loin, alors il se laisse regarder comme un minuscule divertissement. »

Pour leur nouvelle production, la Warner a choisi de présenter et de développer Blue Beetle et derrière le super-héros, sa famille, les Reyes, issue de la communauté mexicaine, et malheureusement pour la Warner et son réalisateur Angel Manuel Soton, ce n’est pas encore avec ce film qu’on va retrouver les émotions d’avant.

Comme je le disais, si l’on regarde « Blue Beetle » de très loin et avec toutes les déconnections qu’il faut, alors il se laisse regarder comme un minuscule divertissement qui peut avoir quelques arguments qui peuvent être sympathiques. Ici, je pense à la relation que le film offre entre le héros et sa sœur, ou encore la relation que Jamie peut avoir avec son père. Alors certes, c’est très cliché, et on ne peut plus déjà vu et prévisible, mais il y a quelque chose qui fait que ça marche plutôt bien.

Avec ça, on peut se dire aussi que le film est bien rythmé, car après un début assez longuet, une fois lancé, « Blue Beetle » tient son petit rythme de croisière et il peut offrir de bonnes scènes d’action qui, si là encore, elles sont déjà vues, elles n’en demeurent pas moins efficaces. Puis çà et là, parfois, le film arrive à bien tenir son humour, notamment autour de la grand-mère de la famille, ou encore, malgré la tonne et demie que le film peut faire autour de la famille, ils finissent par apparaître plutôt attachants.

« Standard et générique, « Blue Beetle » ne fait aucun effort. »

Mais voilà, malheureusement, malgré cela, « Blue Beetle » va vraiment avoir du mal à convaincre. La première chose qui vient à l’esprit, c’est la pauvreté de ce scénario qui n’a rien d’original à offrir. Cochant toutes les cases du cahier des clichés, l’histoire que nous raconte Angel Manuel Soton est tellement vue et revue qu’on arrive même à deviner les répliques avant même qu’elles arrivent. Standard et générique, « Blue Beetle » ne fait aucun effort, et pire encore, il se perd, n’arrivant pas à faire le choix entre le film de super-héros simple et basique, ou la comédie de super-héros. D’ailleurs, lorsqu’on parle de comédie, le film en fait des caisses de ce côté-là, et la plupart des vannes s’écrasent, se faisant très lourdes. Alors parfois (souvent), histoire d’assurer le côté cool du film, on va rajouter du rock ou du R’N’B Old School.

On ajoutera à cela l’esprit de famille avec lequel producteurs, scénaristes, réalisateur et comédiens n’y sont pas aller avec le dos de la cuillère. Si on n’a pas compris que la famille était le plus important au sein de ce film, alors on ne le comprendra jamais. Le film aura bien quelques côtés attachants comme je le disais plus haut, mais sur l’ensemble, c’est vraiment très lourd, d’autant que cette famille-là est vraiment représentée de manière caricaturale au possible. Avec cela, car ça ne s’arrête pas là, le film s’aventure dans le wokisme, avec le côté latino ultra poussé. Comme pour la famille, le film n’a aucune subtilité, se faisant poussif au possible, ce qui là encore en devient très lourd. Avait-on besoin d’appuyer autant pour que les sujets touchent et les messages soient dits ?

« Il restera aussi que ces comédiens, et notamment les principaux, manquent de charisme. »

Du côté de son casting, on restera le cul entre deux chaises, car comme je le disais malgré tout, ces personnages ont un côté attachant, et c’est vrai que plus le film avance, et plus on sera en contradiction avec ce que je dis plus haut, car il y a quelque chose qui se crée. Mais bon, il restera aussi que ces comédiens, et notamment les principaux, manquent de charisme et l’on a bien du mal à croire en Xolo Maridueña et Bruna Marquezine qui sont des gravures de mode, tout lisse et bien propre sur eux.

On ne pourra pas se rattraper avec Susan Sarandon en méchante dirigeante d’entreprise, car l’actrice offre un personnage oubliable. Non, franchement, pour avoir un tantinet de charisme, il va falloir aller chercher du côté des anciens chez les Reyes, comme la grand-mère, ou l’oncle, tenus par Adrianna Barraza et George Lopez (et encore, pour ce dernier, il faut un temps d’adaptation). Puis il y a le bad Guy tenu par Raoul Max Trujillo qui a franchement de la tronche.

Ce nouveau film Warner se pose donc comme un minuscule divertissement oubliable et très cliché. Que ce soit dans son origin story, dans ses scènes d’action, dans son déroulement, ou encore dans ce qu’il raconte, tout est convenu et déjà vu. Et malheureusement, on ajoutera à cela l’humour qui en fait des tonnes, le wokisme, et les valeurs familiales qui, elles aussi, en font des tonnes. Bref, ça peut se laisser regarder, il y a quelques arguments qui ressortent du lot, mais malheureusement, ce DC là se fera oublier tout aussi vite qu’il s’est laissé regarder.

Note : 08/20

Par Cinéted

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