novembre 26, 2022

Piège en Eaux Profondes

Titre Original : Submerged

De : Anthony Hickox

Avec Steven Seagal, Christine Adams, William Hope, Nick Brimble

Année : 2005

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Un scientifique a créé un virus capable de contrôler le comportement des personnes infectées. Le scientifique, aidé par un agent de la CIA corrompu, s’empare d’un sous-marin nucléaire et tente de vendre le virus au plus offrant. L’agent Chris Cody est alors envoyé en mission afin d’arrêter le scientifique. Mais une fois à bord lui et son équipe s’aperçoivent que tout l’équipage du sous-marin est infecté par le virus.

Avis :

Dans la débandade de sa carrière cinématographique, Steven Seagal a enchaîné les bévues et les tournages catastrophiques. Déjà à l’époque de Terrain miné, on se souvient du retour véhément de Michael Caine à son égard. Par la suite, sa réputation n’a fait que se confirmer, voire s’aggraver. Sans doute conscient d’arriver en bout de course, l’acteur en a fait voir de toutes les couleurs à bon nombre de réalisateurs, dont Anthony Hickox sur Piège en eaux profondes. Au vu du titre et du pitch de départ, on pourrait s’attendre à une incursion immersive dans un sous-marin. À l’origine, le cinéaste (et scénariste) souhaitait se focaliser sur l’atmosphère claustrophobique propre à ce type de huis clos.

La genèse du présent métrage avançait une connotation horrifique, à la manière de Leviathan, Alien ou The Thing. De ces intentions initiales, il ne subsiste rien, pas même la ligne directrice. Anthony Hickox évoque alors l’ingérence de sa tête d’affiche dans les conditions de production chaotiques de son projet. Cela n’excuse pas la nullité intrinsèque de la bobine, mais il est bon de connaître à minima le contexte pour saisir l’ampleur d’un tel naufrage. Même le titre dissimule un caractère mensonger des plus handicapants au regard du concept de base. Faire un film de sous-marin à l’air libre, il fallait oser !

En effet, le submersible en question n’est présent qu’une petite vingtaine de minutes à l’écran. On doit se contenter de décors exigus mal éclairés et d’une gestion spatiale inepte, incapable d’assurer un semblant de continuité entre deux plans. L’intrigue évoque une tentative de prise d’otages dont certaines séquences sont calquées sur Piège en haute mer ; la qualité et la tension en moins. Il est difficile de recenser les incohérences ou les invraisemblances qui viennent prétexter tel retournement de situation ou un comportement spécifique. Cahin-caha, on amalgame les recherches d’un savant fou à des intérêts géopolitiques absurdes, sans oublier de sombres affaires d’espionnage.

De la libération très conditionnelle d’anciens soldats jusqu’au clivage en dernière partie au sein d’une dictature d’Amérique latine, le spectateur ne sait plus où donner de la tête par tant d’aberrations. Sans doute est-ce une manière de transposer les expériences de manipulations mentales de l’antagoniste auprès du public… Mention spéciale aux images de réalité virtuelle dont les trucages pixellisés et informes sont d’une laideur sans nom. Pour ne rien gâcher, le montage épileptique enchaîne les plans avec frénésie, comme si l’on voulait nous faire passer un message subliminal dans un fatras de séquences indigestes.

Quant à l’action en elle-même, elle a beau être présente, la mise en scène s’occupe, là encore, de la rendre pénible au possible. Comme évoqué précédemment, cela tient à des éclairages douteux, une caméra tremblante, sans oublier l’incapacité à se concentrer sur le cœur du sujet. Steven Seagal privilégie les armes à feu (en visant très mal, il fait néanmoins mouche) à ses habituelles prises en combat rapproché. Deux ou trois coups portés et il en suffit pour remplir son cahier des charges. On notera qu’il s’agit du seul film où l’on peut voir l’acteur faire montre de sa placidité dans un opéra. Une distinction totalement inutile, si ce n’est pour marquer l’incongruité de la situation.

Au final, Piège en eaux profondes a pour unique mérite d’interroger sur le fait de perpétuer une carrière qui part à vau-l’eau. Il est évident que Steven Seagal n’a plus rien à offrir au cinéma d’action et sabote plus ou moins sciemment les propres projets dans lesquels il est impliqué. Censé évoquer l’un de ses meilleurs films par le truchement de son titre, le métrage d’Anthony Hickox est seulement en mesure de dépeindre les conditions chaotiques de son tournage. Ce huis clos n’en présente que les intentions avec une immersion furtive, des soldats repentis en roue libre, des expériences de manipulation de l’esprit vomitives et un contexte géopolitique aussi hasardeux que caricatural. Une production mensongère, à la fois stupide et indigente.

Note : 04/20

Par Dante

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