mai 11, 2021

Death Sentence

De : James Wan

Avec Kevin Bacon, Garrett Hedlund, Aisha Tyler, Kelly Preston

Année: 2007

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Entre sa carrière réussie et sa vie de famille épanouie, l’existence de Nick Hume est plutôt confortable. Pourtant, un soir, alors qu’il fait le plein d’essence avec son fils aîné, Brendan, la route de Nick va croiser celle d’un gang. Son fils n’y survivra pas.
Bien qu’arrêté, le coupable, Joe Darly, est vite libéré. Pour Nick, il n’est pas question qu’il puisse s’en tirer ainsi. Ravagé par la douleur et assoiffé de vengeance, il décide de prendre les choses en main et de punir lui-même l’assassin de son fils. Après avoir abattu Joe, Nick tente de revenir à son ancienne vie auprès de sa femme, Helen, et de son fils survivant, Lucas.
Nick croit que tout est fini, mais il a du sang sur les mains, et le grand frère de Joe, Billy, le chef du gang, est sur ses traces. Jusqu’où iront les deux hommes au nom de leur famille ?

Avis:

Parmi les réalisateurs reconnus de la nouvelle vague de l’horreur, il y en a un qui est sorti du lot très rapidement, c’est James Wan. Il commence très fort au début des années 2000 en adaptant en long-métrage son court Saw qui va connaître un succès retentissant. Par la suite, il va faire Dead Silence, qui sera une jolie réussite malgré un succès moindre dans les salles obscures, le film parvenant à peine à se rembourser alors qu’il n’a coûté que 20 millions de de dollars. Avec ce petit échec commercial, James Wan délaisse alors un peu l’horreur pour adapter à sa sauce le roman Death Wish de Brian Garfield. S’éloignant un petit peu du film Un Justicier dans la Ville ave Charles Bronson, le jeune réalisateur va rentrer dans les clous du genre pour mieux percuter son spectateur et l’interroger sur les bienfaits ou pas de l’auto-défense. Dix ans plus tard, le film vaut-il toujours le coup d’œil ?

Ce qui est intéressant avec Death Sentence, c’est qu’il s’amuse avec les clichés du genre pour mieux les détourner et nous toucher avec. Le film commence donc avec des vidéos de famille où l’on peut voir un père heureux avec sa femme et ses deux garçons. On sent rapidement qu’il a une préférence pour l’aîné qui est très bon en hockey sur glace. Toute cette première partie, qui défile avec le générique, n’a qu’un seul but, nous montrer à quel point cette famille est normale et que l’on peut facilement s’identifier à elle. Du coup, lorsque le drame survient, c’est-à-dire le meurtre sanglant du fils devant les yeux du père, on ressent profondément le malaise de la figure paternelle, qui se sent complètement impuissante face à cette barbarie. On ressent aussi cette colère sourde qui ne va faire que monter petit à petit lors du procès, quand on voit que le tueur en question n’a aucun remord et qu’il va s’en sortir, faute de preuves accablantes. Là encore, les codes du genre sont bien exploités et on pourrait croire à une certaine paresse de la part du réalisateur, mais il manipule ces balises de façon intelligente, appuyant toujours là où ça fait mal pour toucher le spectateur et se mettre à la place du père de famille. Toute cette démarche est faite expressément pour que l’on ressente les émotions du père, et ça marche du tonnerre.

Bien évidemment, le film ne serait pas aussi réussi sans la maestria technique de James Wan. Jeune prodige du cinéma (et pas seulement de l’horreur), le réalisateur va jouer avec les nerfs du spectateur dans des séquences d’une incroyable densité. Que ce soit dans le passage un peu Home Invasion, ou encore dans les bastons qui sont très crédibles, le cinéaste redouble d’inventivité pour donner de l’impact aux coups, mais aussi pour rendre le tout très lisible. La prouesse la plus pertinente demeure ce long plan-séquence de plus de trois minutes dans un parking de plusieurs étages, qui montre Kevin Bacon aux prises avec les malfrats. Ce passage-là est assez incroyable et avec seulement deux films à son actif à l’époque, il fallait avoir les couilles pour imposer ce choix. On peut aussi féliciter les prestations des acteurs qui sont tous vraiment incroyables, en tête Garrett Hedlund. Le jeune acteur alors habitué aux rôles de gentils garçons, livre une performance intéressante dans le rôle de ce gros taré tatoué qui n’a pas peur de la mort. Kevin Bacon est, comme à son habitude, exceptionnel, et on aura même droit à un John Goodman parfait en pourri de base, tout libidineux et transpirant. Bref, un casting parfaitement dirigé qui là aussi s’amuse avec les codes du vigilante pour livrer des prestations badass et percutantes.

Enfin, si Death Sentence est si bien, c’est parce qu’il n’est pas qu’un bête vigilante appliquant la loi du Talion, à savoir le œil pour œil, dent pour dent. En effet, on va voir que le père de famille va se sentir libéré après avoir venger la mort de son fils, mais il va vite regretter son geste lorsque toute sa famille est impactée. Bien évidemment, le spectateur se met à la place du père et ressent une colère sourde à l’égard de ces jeunes qui tuent sans vergogne ni remords. Mais James Wan va livrer une réflexion à deux niveaux. Oui, la justice américaine a des lacunes et la corruption est palpable devant les tribunaux. Oui, parfois c’est dur à avaler et on pourrait comprendre les gestes violents quand une injustice survient, surtout quand ça touche la mort d’un enfant. Mais d’un autre côté, la vengeance n’apporte rien de bon, aucune paix, aucune grandeur d’âme, car comme le dit si bien le « méchant » à la fin du film en regardant le père métamorphosé : « regarde-toi, tu nous ressembles maintenant… ». Une façon de montrer que la violence engendre la violence et que finalement, on finit par ressembler à ceux que l’on déteste. James Wan démontre donc avec son film que l’on peut apporter une certaine réflexion sur la vengeance, et la peine de mort dans sa globalité.

Au final, Death Sentence est certes un film bourrin et assez classique dans sa démarche, mais il est aussi très bien réalisé et surtout, il apporte une réflexion très intelligente sur des sujets qui touchent tout le monde. En faisant son film, en sortant de sa zone de confort et en essayant de nouer avec les films des années 80, James Wan montre qu’il est capable de tout et qu’il a un véritable œil pour créer une tension et une atmosphère oppressante. Et le top, c’est que ce film n’a pas pris une ride et fonctionne toujours aussi bien dix ans plus tard.

Note : 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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