novembre 30, 2021

L’Incroyable Hulk

Titre Original : The Incredible Hulk

De : Louis Leterrier

Avec Edward Norton, Tim Roth, Liv Tyler, William Hurt

Année : 2008

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Le scientifique Bruce Banner cherche désespérément un antidote aux radiations gamma qui ont créé Hulk. Il vit dans l’ombre, toujours amoureux de la belle Betty Ross et parcourt la planète à la recherche d’un remède.
La force destructrice de Hulk attire le Général Thunderbolt Ross et son bras droit Blonsky qui rêvent de l’utiliser à des fins militaires. Ils tentent de développer un sérum pour créer des soldats surpuissants.
De retour aux Etats-Unis, Bruce Banner se découvre un nouvel ennemi. Après avoir essayé le sérum expérimental, Blonsky est devenu L’Abomination, un monstre incontrôlable dont la force pure est même supérieure à celle de Hulk. Devenu fou, il s’est transformé en plein cœur de New York.
Pour sauver la ville de la destruction totale, Bruce Banner va devoir faire appel au monstre qui sommeille en lui…

Avis :

En 2018, le MCU n’en est qu’à ses balbutiements. Le premier film de la longue franchise arrive sur nos écrans en Avril et nous présente Iron Man. Le film est un succès (plus de deux millions d’entrées en France) et les producteurs de chez Marvel se frottent les mains, car un autre film va venir parasiter les écrans de cinéma, L’Incroyable Hulk. Exit Ang Lee et Eric Bana, jugé trop dramatique par Marvel, les américains vont piocher en France en embauchant Louis Leterrier qui va signer sa première réalisation en dehors du giron de Luc Besson. Enrôlant Edward Norton pour ses capacités de caméléon, le film veut être un gros spectacle et en mettre plein la vue aux spectateurs. Aujourd’hui, plus de dix ans après sa sortie, L’Incroyable Hulk fait peine à voir et il n’a absolument rien d’incroyable, démontrant que les CGI vieillissent plus vite que les maquettes.

En vert et contre tous

Avant de revenir sur tous les défauts du film, il faut tout de même lui laisser quelques points positifs, à commencer par le début de son scénario. En effet, les scénaristes ont eu l’intelligence de ne pas nous bassiner avec une nouvelle Origin Story. Il faut dire que le public commence à bien connaître les super-héros, et les origines de Hulk, avec l’exposition aux rayons gamma de Bruce Banner, fait presque partie d’un savoir collectif. Néanmoins, on retrouve quelques bribes explicatives dans le générique de début, permettant alors à Louis Leterrier de commencer à brides abattues en pleine favela brésilienne. On y trouve alors un Bruce Banner désorienté, qui tente de percer les mystères de son pouvoir avec un scientifique inconnu. Manque de bol, il est aussi recherché par l’armée américaine, qui se donne tous les moyens pour l’arrêter. C’est à partir de là que les choses se gâtent.

Le scénario se veut nerveux et pousse Bruce Banner à se transformer, ou tout du moins à maîtriser sa colère et ses émotions. Le film mise alors beaucoup sur la prestation de son acteur qui, à force de grimace et de sueur, finit par presque nous faire croire qu’il a mal. Cela va jouer néanmoins contre le métrage, qui se fait long et ennuyeux. Le quelques scènes d’action sont plaisantes. La première transformation convoque au film d’horreur avec un Hulk qui n’apparait que par bribes dans la pénombre. Mais par la suite, c’est la douche froide, avec des personnages insignifiants, une romance qui tombe à plat et une confrontation qui lorgne du côté du nanar. Louis Leterrier ne trouve pas l’inspiration suffisante pour donner plus d’énergie à son film, qui s’échoue sur le bas-côté au fur et à mesure des minutes.

Abominable Abomination

Le gros point faible du métrage viendra aussi de son grand méchant, l’Abomination. Très rapidement, on nous présente un soldat d’élite qui n’est là que pour la gloire et va vouloir ajouter la tête de Hulk à ses trophées. Pour cela, il va avoir droit au sérum de Captain America, puis à une partie du sang de Hulk. Le cocktail donnera un monstre dont la méchanceté n’a pas lieu d’être. Il semblerait que la colère prenne le dessus, au point de devenir un monstre incontrôlable, cassant tout sur son passage. Ce méchant manque de charisme et de profondeur et Tim Roth, excellent acteur, n’arrive pas vraiment à lui donner de l’ampleur. On est dans la caricature du méchant militaire mégalo qui veut juste devenir le plus fort. Il faut dire aussi que ce méchant n’est pas aidé par les personnages secondaires, dont le général Ross, père protecteur pénible et invasif.

Très clairement, il est le personnage le plus lourd du film, mettant même la vie de sa fille en jeu pour assouvir son désir de capturer Hulk. Il paiera ses erreurs avec sa fille qui va couper les ponts, mais cela ne sera jamais remis en question. Pour preuve, à la fin, il est sélectionné par le SHIELD pour aider à la supervision des Avengers. Quant à Liv Tyler, son personnage est d’une nullité affligeante. Elle quitte son mec pour se remettre avec son ex qu’elle n’a pas vu depuis des années, et finalement sombre dans le mélo futile. Il faut dire que sa relation avec Bruce Banner n’amène à rien, si ce n’est à mettre en danger le géant vert qui va tout faire pour protéger sa bien-aimée, quitte à devenir un symbole et une prise de conscience pour le père. C’est peu et n’amène aucun enjeu réellement dramatique.

Fond vert et pixels

Outre son scénario qui s’étiole au fil des minutes, il y a un autre gros problème avec L’Incroyable Hulk, c’est sa technique. Louis Leterrier n’est pas un manche, mais il n’a pas de personnalité. Il n’a pas de patte graphique particulière et ce film offre un spectacle rudimentaire. Il n’y a pas de plans qui font frétiller la rétine et on peut même dire que c’est globalement moche. Même le montage est souvent aux fraises. Hulk a pris un petit coup derrière la nuque, avec des incrustations pas toujours justes, et l’animation reste fragile. Pire, on ne ressent pas toute la puissance du géant vert, même lors de son combat final, qui tourne assez vite à son avantage, dans une mélasse de pixels verts dégueulasses. Plus de dis ans après, le film a mal vieilli et c’est assez triste comme constat.

Au final, une mise en scène plus sobre aurait été plus intelligente, mais cela ne sied pas forcément à la puissance de Hulk. Louis Leterrier a vu les choses en grand, mais ne parvient jamais à capter le côté destructeur du géant vert. Il en résulte un film décevant, souvent mou du genou, mal monté, et dont les différentes références ne passent pas forcément (on pense au Loup-Garou de Londres lors de la transformation par exemple). Sans être un film vraiment mauvais, on sent que rien n’est fait pour surprendre le spectateur qui assiste, impuissant, à un film de monstre sans ampleur, avec un méchant en carton. On a connu mieux dans le MCU et on espère encore un bon film centré sur Hulk.

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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