novembre 30, 2021

Attraction 2 Invasion

Titre Original : Vtorzhenie

De : Fedor Bondarchuk

Avec Alexander Petrov, Irina Starshenbaum, Rinal Mukhametov, Oleg Menshikov

Année : 2020

Pays : Russie

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Trois ans après le crash du vaisseaux alien à Moscou, Julia a développé d’étranges pouvoirs et devient un cobaye pour le Ministère de la Défense. Enfermée dans un laboratoire secret, les scientifiques et les militaires décortiquent ses sentiments, ses émotions et ses souvenirs afin de se préparer à une attaque alien future. Mais les pouvoirs de Julia s’accroissent, et il s’avère que les humains ne sont pas les seuls intéressés par sa nouvelle force…

Avis :

C’est en 2017 que Fedor Bondarchuk commence à faire parler de lui dans sa Russie natale, mais aussi dans le monde du cinéma. Ambitieux et plein d’entrain, il se lance dans la réalisation d’un film de science-fiction au budget colossal (pour la Russie) qui doit concurrencer les plus gros blockbusters américains. Va alors naître Attraction, dans lequel un vaisseau spatial s’écrase à Moscou, faisant des victimes, mais dans lequel les aliens sont de gentilles personnes. Malheureusement, l’être humain étant très con, ils font faire la guerre aux extraterrestres et une jeune femme va tomber amoureuse d’un des aliens, créant une forte jalousie chez son conjoint. Sorte de Twilight où les vampires ont troqué leurs dents pour des exosquelettes, ce premier film, visuellement impressionnant, manquait pourtant d’écriture et de cohérence. Bien sûr, le succès fut au rendez-vous en Russie, et une suite va voir le jour, trois ans plus tard.

On prend les mêmes, et on recommence

Attraction 2 Invasion reprend trois ans après le crash du vaisseau spatial et de la romance entre Yulya et son alien. Cette dernière fut sauvée d’une mort certaine et possède maintenant des pouvoirs que les autorités russes aimeraient comprendre et diriger. Lors d’une expérience qui tourne mal, elle est sauvée par son alien, qui n’est en fait pas mort. Elle va alors vivre en cachette, dans une cabane paumée dans les bois. Mais surgit alors une nouvelle menace, une sorte de programme extraterrestre qui parasite le vaisseau mère et qui veut tuer Yulya. Moscou se fait alors submerger par les eaux. Si après un tel pitch, vous comprenez quelque chose, félicitation ! Car à bien des égards, cette suite, opportunistes, n’apporte rien de bon, si ce n’est un gros effort visuel et une sorte de décadence sur les effets spéciaux.

Le scénario de ce film n’a strictement rien pour lui. On reprend les mêmes personnages, on les remet dans des situations similaires, on change deux/trois trucs comme le méchant du premier qui devient plus ou moins gentil et une nouvelle menace, puis on recommence une sorte de chasse à l’homme. Fedor Bondarchuk continue d’explorer sa romance unilatérale où Yulya est folle amoureuse de son alien, quitte à tout quitter pour vivre au Kamtchatka. Il n’en ressort rien de mirobolant, et on va vite ressortir de l’ennui sur le fil rouge de l’intrigue. Il en va de même pour le grand méchant, qui n’a aucune identité et qui peut se percevoir comme une menace informatique. Rien n’exprime ses intentions, si ce n’est la volonté d’être méchant. Même dans ses moments de bravoure, Attraction 2 Invasion se fourvoie sur des pistes qui ne trouveront aucune résolution.

Invasion ? Quelle invasion ?

Fedor Bondarchuk a du mal à s’y retrouver dans son propre film. Le montage est assez chaotique et propose même quelques éléments qui ne serviront à rien. Pour preuve, la séquence finale se découpe en plusieurs axes possibles, dont un avec l’alien aimant qui veut se sacrifier pour sauver sa belle. Le film insiste lourdement sur sa course effrénée pour s’exploser dans le vaisseau, pour finalement ne rien faire du tout, car c’est une autre hypothèse qui va être privilégiée. Le film étire alors des séquences autour d’un projet qui n’aboutira jamais, et qui ne sert alors à rien. Et des moments comme celui-là, le film en est perclus, ne prenant pas le temps de rester sur des axes intéressants, préférant alors la grandiloquence de scènes d’action qui n’auront ni queue ni tête. Il y a dans ce film un problème de narration. Qui est couplé avec des personnages insipides.

Yulya est toujours aussi pénible à suivre. Malgré ses nouveaux pouvoirs, elle ne sert à rien, si ce n’est à être la cause de la catastrophe qui va encercler Moscou. Son amour pour son alien est d’une naïveté affligeante et rien ne viendra la rendre un peu plus intéressante. Il en va de même pour son compagnon, aussi expressif qu’un mollusque. Pire, son ex petit ami est d’un risible effroyable, jouant le type qui a eu un AVC avec autant de délicatesse qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il en va de même pour le père, ce général de l’armée au grand cœur qui ne sert à rien. Enfin, petit nouveau, un geek vient faire son apparition, dans toute la panoplie clichée, avec son look d’ado attardé et ses blagues vaseuses alors que le monde s’apprête à périr sous les eaux.

Moscou sous les eaux

Le seul point positif d’Attraction 2 Invasion, c’est sa qualité technique. Fedor Bondarchuk possède un budget conséquent et cela se ressent à l’écran. Les décors sont grandioses, les séquences d’action sont bien filmées et les effets spéciaux sont de très grande qualité. Là-dessus, le russe concurrence aisément les américains et il n’a pas rougir de la comparaison. La séquence finale, avec l’eau qui manque et qui descend, enfermant les moscovites dans une prison d’eau est bien fichue et il y a un vrai savoir-faire technique. Il est juste dommage que cela ne soit jamais au service de la narration, ou pour mettre en valeur les personnages, qui se recroquevillent dans leur fonction toute moisie, sans jamais se remettre en cause ou en question. Et ça ne sert à rien de faire un film beau et grandiloquent, si l’on n’a pas pris le temps d’écrire correctement son scénario et ses personnages.

Au final, Attraction 2 Invasion est encore un joli loupé pour le cinéaste russe. S’évertuant sans cesse à rendre son film impressionnant et dantesque, il en oublie ses personnages et la cohérence de ses scènes pour fournir un grand spectacle, mais qui n’a pas de sens, ni de liant. Finalement, d’invasion, nous n’en verrons point, si ce n’est une intelligence artificielle qui veut buter une jeune femme qui a des pouvoirs qu’elle n’utilise même pas. Bref, si Fedor Bondarchuk semble être un bon artisan, il s’est mal entouré sur l’écriture et n’arrive donc pas à nous toucher, avec un film imposant, mais creux. Dommage…

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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