octobre 24, 2020

I Feel Good

De : Benoît Delépine et Gustave Kervern

Avec Jean Dujardin, Yolande Moreau, Joseph Dahan, Lou Castel

Année : 2018

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Avis :

Benoît Delépine et Gustave Kervern, c’est un duo de réalisateurs belges au cinéma pour le moins atypique. Doté d’un humour noir, voire grinçant, d’un style singulier, la pâte de Delépine et Kervern est reconnaissable entre toute. Pour ma part, le cinéma de Benoît Delépine et Gustave Kervern est un cinéma que j’affectionne, mais qui en même temps m’a laissé de temps à autre sur le carreau, je pense notamment à « Mammouth« , film dans lequel je n’ai jamais réussi à entrer, et ça malgré les trois ou quatre fois que j’ai pu le voir, histoire d’être sûr de ne pas être passé à côté de quelque chose.

Il y a deux ans de cela, le duo belge Delépine et Kervern nous présentait le génial « Saint-Amour« , film tenu par un trio d’acteurs fabuleux, Gérard Depardieu, Benoit Poelvoorde et Vincent Lacoste. Depuis, le duo s’était fait discret, enfin plus Benoit Delépine, puisque Gustave Kervern poursuit en parallèle une jolie carrière de comédien. Bref, après deux ans de silence, le duo est donc de retour et cette fois-ci, c’est avec Jean Dujardin en tête d’affiche.

Dès ses premiers teasers, « I feel good » s’annonçait aussi drôle que piquant, et une fois sorti de la salle, je dois dire que le film véhicule une petite déception. Sorte de fable sociale amusante, « I feel good » est un film qui est assez particulier, et en même temps le contraire aurait été étonnant. C’est un film dont on ne sait pas vraiment sur quel pied danser, entre amusement, critique, mais un humour parfois qui tombe à plat et des effets de dérive. Bref, « I feel good » est amusant, et en même temps, il lui manque quelque chose pour vraiment nous éclater et nous toucher.

Monique, qui dirige une communauté Emmaüs, voit arriver après plusieurs années de silence son frère Jacques. Jacques est de ces hommes qui ont énormément d’ambition, mais qui ne savent pas quoi faire dans leur vie. Bourré d’idées, ces dernières ont malheureusement pour lui toujours un train de retard. Mais cette fois-ci, après avoir revu un vieux copain, Jacques a trouvé l’idée qui le rendra riche. Il ne lui reste plus qu’à convaincre des gens de le suivre et ça tombe bien, puisque dans la communauté Emmaüs de sa sœur, Jacques est très bien entouré.

Le métrage « I feel good » est un film qui se suit avec amusement. Il faut dire que la critique sociale et sociétale est bel et bien là et que les deux réalisateurs, aidés de leur acteur, ont vraiment de quoi nous amuser. « I feel good« , c’est cynique, moqueur, caricatural, parodique et surtout, il n’épargne personne, patrons comme bénévoles en prenant pour leur grade.

Doté d’un scénario qui est un bel amusement à lui seul, c’est avec un petit plaisir qu’on suit un personnage savoureusement incarné par Jean Dujardin. On s’amuse de ses mésaventures et surtout de ses idées à deux balles, qu’on sait foireuses d’emblée. On s’amuse des regards et autres réactions décontenancées, face à un personnage incroyable, fou, audacieux et quand même un poil cinglé. L’intrigue, plaisante sur la longue, va calmement vers une morale universelle et touchante, même si on la connaît d’avance et c’est peut-être là la magie et le talent des deux cinéastes qui nous offrent quelque chose de touchant, beau et presque inattendu avec de l’attendu, voire même de l’évidence.

Esthétiquement parlant, le film est sublime, notamment dans ses décors. Cette communauté Emmaüs est incroyable, un brin loufoque et en même temps planté dans un réalisme.

Mais comme je le disais plus haut, « I feel good » est un film qui déçoit quelque peu, notamment à cause d’un côté trop lisse pour les deux réalisateurs, dont finalement, on attend plus. Certes, il y a bien quelques gags, tout comme on va trouver des réflexions très drôles sur le capitalisme, autant que sur le communisme, mais avec « I feel good« , on trouvera aussi plusieurs gags et plusieurs scènes qui tombent à plat. On ajoutera à cela un rythme inégal qui casse un peu l’ambiance et finalement, même si le film est plaisant et amusant, il finit par se faire longuet et au final décevant. Heureusement, les deux réalisateurs rattraperont le tout avec un final aussi tordant qu’il est marquant.

« I feel good » est donc un petit Delépine et Kervern. Je suis ressorti amusé et déçu à la fois, mais si petit soit-il, et si décevant soit-il, « I feel good » mérite le coup d’œil au moins une fois. Bref, comme on dit plus couramment, ce n’est pas essentiel, mais c’est quand même à voir.

Note : 12/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « I Feel Good »

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