juin 25, 2024

L’Amour est une Fête

De : Cédric Anger

Avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Michel Fau, Camille Razat

Année : 2018

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Paris, 1982. Patrons d’un peep show, Le Mirodrome, criblés de dettes, Franck et Serge ont l’idée de produire des petits films pornographiques avec leurs danseuses pour relancer leur établissement. Le succès est au rendez-vous et ne tarde pas à attirer l’attention de leurs concurrents. Un soir, des hommes cagoulés détruisent le Mirodrome. Ruinés, Franck et Serge sont contraints de faire affaire avec leurs rivaux. Mais ce que ces derniers ignorent, c’est que nos deux « entrepreneurs » sont des enquêteurs chargés de procéder à un coup de filet dans le business du « X » parisien. C’est le début d’une aventure dans le cinéma pornographique du début des années quatre-vingt qui va les entraîner loin. Très loin…

Avis :

Réalisateur français, Cédric Anger poursuit son petit bonhomme de chemin discrètement, mais sûrement. Après deux thrillers passés assez inaperçus, Cédric Anger s’est offert un joli succès en 2014 avec « La Prochaine fois, je viserai le cœur« , film qui racontait celui qu’on avait appelé le tueur de l’Oise.

Quatre ans plus tard, Cédric Anger retrouve Guillaume Canet et cette fois-ci le réalisateur change quelque peu de registre, puisque cette fois-ci, ce sont les routes de la comédie policière qu’il explore. Plaçant sa caméra dans les années 80, dans le milieu du porno, Cédric Anger nous offre un joli petit film au charme fou. Et si le film ne sera pas aussi policier qu’on nous laissait le présager, il va créer une surprise en parlant avec amour d’un cinéma, d’un milieu et plus largement d’une époque. Laminé par la presse, (sûrement à cause de son duo d’acteurs un peu trop hypé aujourd’hui), « L’amour est une fête » ne mérite clairement pas ce battage médiatique. On passe certes un petit moment de cinéma, mais ce dernier est bon, beau et sincère…

Paris 1982, Franck et Serge sont deux flics infiltrés dans le milieu du porno. Patrons d’un peep show, ils ont pour mission de serrer Maurice Vaugel, l’un des cadors de l’industrie du porno. Si ses activités pornographiques ne sont pas illégales, il est suspecté de blanchir de l’argent à travers ces dernières.

Vendu comme une enquête policière dans le milieu de la pornographie, le nouveau film de Cédric Anger est assez loin de l’image qu’on s’en était faite. En fait, et finalement, on peut même dire que l’enquête et l’infiltration ne sont qu’un prétexte à son réalisateur pour nous parler d’une époque et d’un milieu. Ainsi, dans ce sens-là, on pourra reprocher à « L’amour est une fête » un scénario assez simpliste, qui n’apportera rien dans ses grandes lignes. L’enquête avance sans grande surprise et tout se passe comme ça doit se passer.

La surprise ne vient donc pas de son fil rouge. Non, le dernier-né de Cédric Anger dévoile ses charmes bien autrement. « L’amour est une fête« , c’est avant tout un film qui a deux sujets, le cinéma et une époque, et ces deux sujets sont traités avec beaucoup de délicatesse et d’amour.

Alors bien sûr, on pourra toujours reprocher à Cédric Anger d’offrir un film très sage par rapport à son milieu, ne dévoilant pas grand-chose de ces peep shows, restant toujours dans un esthétisme politiquement correct, mais finalement, ça ne dérange pas plus que ça, car Cédric Anger a une façon de parler de son époque qui est très touchante et très prenante. « L’amour est une fête« , c’est une innocence, c’est une époque insouciante, c’est une époque bien plus décomplexée que celle d’aujourd’hui. Ici, on parle et on vit le sexe librement et le tout donne quelque chose de très entrainant, de très positif, de très cool. On suit les mésaventures de ces deux flics, apprentis pornographes avec sourire et divertissement.

Puis en plus de cette époque, Cédric Anger, à travers les tournages et les réalisateurs, les acteurs, et autres producteurs, nous parle avec amour du cinéma, de ces petits tournages bourrés de créativité, où règne la débrouille pour que le projet réussisse. Une façon de parler du cinéma qui dépasse le cadre de la pornographie pour finalement parler du cinéma en lui-même. Là encore le discours est plaisant et on sent derrière une belle sincérité de la part du réalisateur, mais aussi de toute son équipe. D’ailleurs, on mentionnera Xavier Beauvois génial en réalisateur de porno, ou encore Michel Fau, absolument tordant en producteur. D’ailleurs, si le film est bien tenu par ce couple qu’on adore, Guillaume Canet et Gilles Lellouche, les deux comédiens sont presque dans l’ombre de tous ces seconds rôles qui font la richesse de cette « … amour est une fête« . Puis en parlant du casting, il ne faut pas oublier Camille Razat qui rêve l’écran dans la peau d’une jeune fille libre, pleine d’ambition et de naturel.

Cette façon de parler de ce milieu et de cette époque, ça passe aussi à travers les choix de mise en scène de Cédric Anger qui livre là l’un de ses plus beaux films. L’esthétisme est à tomber, la photo est simple mais sublime, les décors, les costumes, la création des images, on sent le réalisateur investi et son film en lui-même est très beau à regarder.

« L’amour est une fête » est un titre qui va si bien à ce film. Amusant, divertissant et surtout charmant, cette fête et cet amour sont un plaisir à suivre. Bref, alors qu’il se fait grandement grondé par la presse, j’ai envie de dire que ce quatrième film de Cédric Anger est sûrement son meilleur.

Note : 14,5/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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