décembre 6, 2022

Alive

De : Ryûhei Kitamura

Avec Hideo Sakaki, Ryô, Katô Koyuki, Shun Sugata

Année : 2003

Pays : Japon

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Suite à sa survie à son exécution, un condamné à mort accepte de participer à une expérience. Le gouvernement en profite alors pour tester un nouveau virus extraterrestre…

Avis :

Ryûhei Kitamura est un cinéaste japonais qui va faire son petit nid aux alentours des années 90. Il va alors proposer une paire de moyens métrages avant d’entamer ses véritables débuts au cinéma avec Versus l’Ultime Guerrier. Baignant dans un univers fantastique à mi-chemin entre la science-fiction et l’horreur, le réalisateur va alors proposer quelques films intéressants durant sa carrière, à l’image de Midnight Meat Train, librement adapté d’un récit de Clive Barker. Mais tout n’est pas rose dans la carrière du japonais et certains films sont même d’énormes purges qui vieillissent très mal, comme Alive qui nous préoccupe aujourd’hui. Adapté du manga du même nom, le long-métrage met en scène un jeune homme accusé d’avoir tué sa compagne, ne lui pardonnant pas de s’être fait violée, mais qui va survivre à son exécution. On lui propose alors une expérience. Et tout ne va pas se passer comme prévu.

Tout est gris

Le premier constat que l’on peut faire avec ce film, c’est qu’il est gris. Tout est gris, terne et sans une once de couleur. Le film débute avec un plan totalement dégueulasse d’une fenêtre de prison, avec un ciel orageux ajouté en incrustation. L’impression de faux est palpable dès le départ, et ce ne sont pas les décors en fond vert qui vont arranger les choses. Dès le départ, on sent le faible budget du film, mais aussi son incapacité à tourner dans des décors naturels. Ryûhei Kitamura semble plus soucieux de son atmosphère délétère plutôt que la tronche de son film, qui en devient ridicule au bout de quelques minutes. Et au-delà de son aspect visuel, Alive peine à convaincre par sa mise en scène, qui est totalement statique.

Le film se passe dans un seul et unique décor, se voulant alors un huis-clos, mais le réalisateur n’arrive pas à tenir son suspens. Le démarrage, avec l’exécution, dure trois plombes, avec un cham/contrechamp pour un dialogue insipide entre un chef de l’armée et le « héros » qui accepte l’expérience. Par la suite, le personnage principal va être enfermé dans une pièce avec un psychopathe, et le film va rester bien trop longtemps que ces deux énergumènes qui se cherchent, se disputent et finalement se mettent sur la tronche. L’expérience est peut-être pénible pour les protagonistes, mais elle l’est aussi pour nous, qui devons nous coltiner deux types assez mutiques où rien ne se passe. Jusqu’à l’arrivée d’une jeune femme, seule pointe de couleur dans ce monde gris. Elle va alors attiser la convoitise des deux bonhommes, dans un but bien précis.

Rencontre du troisième type

Et c’est là qu’entre en jeu un scénario ubuesque qui garde son secret jusqu’à la moitié du film, pour finalement offrir un truc de SF cheap à souhait. On apprend donc que si les deux hommes sont enfermés, c’est pour voir qui est le plus méchant (le tueur en série ou le héros qui aurait tué sa femme), afin de faire transférer dans leur corps une entité extraterrestre leur conférant des pouvoirs extraordinaires. Bien évidemment, les choses ne se passent pas du tout comme il faut, puisque notre héros n’a tué personne, et qu’il est une erreur judiciaire. Pour autant, les souvenirs de sa femme refont surface, au point qu’il transfère cela avec la femme qui vient mettre la zizanie entre les deux hommes. Il devient alors violent et l’hôte du truc extraterrestre. Tout cela ne tient pas vraiment debout, et on reste encore dans cette espèce de cage grisâtre.

Le film part clairement en eau de boudin (enfin, encore plus qu’au départ) lorsque débarquent des types du gouvernement qui avaient commandité cette expérience. On assiste alors vaguement à un duel d’égo entre les scientifiques et les politiques, ou du moins le politique et son homme de main. Grade du corps qui s’avèrera être une autre entité extraterrestre aux pouvoirs illimités. Bref, tout ceci pour brasser le thème de la recherche militaire, du super-soldat, de l’arme ultime pour servir son pays. On essaye de parler de manipulation gouvernementale, d’inhumanité, mais tout cela ne prend pas, la faute à un rythme trop lent, une mise en scène trop laide et un scénario écrit avec les pieds. Ajoutons à cela des acteurs qui sont, soit trop expressifs, soit trop éteints, et on a droit à un film pénible et sans identité.

Quand la laideur est reine

On a déjà dit que le film était moche, avec une photographie terne, où les teintes grises prédominent. Cela va prendre tout son sens dans le dernier tiers du film, où on va avoir droit à un combat entre les deux entités extraterrestres. Ryûhei Kitamura va se mettre en roue libre totale, offrant un spectacle absolument dégueulasse. Tout se passe en CGI à la ramasse, avec des incrustations horribles et une volonté de tourner dans tous les sens, au point que l’on ne comprenne plus rien à ce qui se passe. Alors oui, on sent la volonté de faire de l’animé en live version, mais c’est imbitable. De plus, le costume du méchant est cheap à mort, où l’on voit tous les plis de son costume, qui est censé être sa peau. Une calamité pour les yeux, et un spectacle fendard, ce qui n’est clairement pas le but.

Au final, Alive est un navet pur et dur. Le genre de film que l’on regarde en se demandant comment il a été possible de laisser faire un truc pareil. Non seulement c’est hideux visuellement, mais même à son époque, le film était dépassé, aussi bien dans ses effets visuels que dans son histoire rocambolesque et sans intérêt. Ryûhei Kitamura semble prendre du plaisir à filmer cette purge, et c’est peut-être ça le plus inquiétant, ne pas se rendre compte de la tambouille que l’on fait, et pousser les curseurs à fond les ballons tout en restant premier degré. Insupportable.

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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