décembre 2, 2020

Dans le Noir – Be Afraid of the Dark

309880.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Titre Original : Lights Out

De : David F. Sandberg

Avec Teresa Palmer, Maria Bello, Gabriel Bateman, Alexander DiPersia

Année : 2016

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Mais quand elle est partie de chez elle, elle pensait avoir surmonté ses terreurs enfantines. Désormais, c’est au tour de son petit frère Martin d’être victime des mêmes phénomènes surnaturels qui ont failli lui faire perdre la raison. Car une créature terrifiante, mystérieusement liée à leur mère Sophie, rôde de nouveau dans la maison familiale. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.

Avis :

Quand on regarde les derniers films d’horreur sortis au cinéma cette année, on pourrait presque croire que le genre est définitivement mort. Si l’on excepte Conjuring 2 qui a su se sortir du lot grâce au talent de James Wan, pour le reste, on repassera. Mais cela n’est pas seulement dû à la qualité intrinsèque des films qui sortent au cinéma, car on ne peut pas dire que l’on a été gâté au niveau de la quantité. En effet, depuis les évènements pénibles des projections d’Annabelle ou des Paranormal Activity, les exploitants sont frileux, le film d’horreur se fait rare, et à chaque qu’un nouveau arrive, les cinéphiles font la grise mine, la faute à un public dissipé fait de jeunes adolescents qui pensent que le cinéma n’est pas un art, mais un parc d’attraction jouant sur les émotions. Du coup, afin d’éviter les saccages et les plaintes, le film d’horreur devient une denrée rare et le cinéphile doit s’armer de courage et de patience pour survivre à la projection, non pas à cause du film, mais bel et bien du public. Et pourtant, Dans le Noir possède tous les arguments pour achalander le vrai cinéphile et pas seulement l’adolescent débile.

LIGHTS OUT

Il faut croire que les courts-métrages portent chance aux jeunes réalisateurs. Du moins en horreur puisque après Andrès Muschietti qui a tapé dans l’œil de Guillermo Del Toro pour faire Mama, c’est David F. Sandberg qui a fait du gringue à James Wan avec Lights Out, un court-métrage de quelques minutes qui est vite devenu viral. D’origine britannique, le berceau de l’horreur gothique, le jeune cinéaste a vite trouvé acquéreur avec son court-métrage et la surprise vient du fait que Jason Blum n’y est pour rien (alors que 90% de l’horreur au cinéma provient de son entreprise Blumhouse). Mettant en avant une créature féminine inquiétante qui vit exclusivement dans le noir, le court-métrage surprend par sa maîtrise technique et par l’effroi qu’il peut provoquer. Cependant, faire un long-métrage est différent et il faut tenir son concept sur plus d’une heure sans pour autant tourner en rond, ce qui signifie écrire un script plus conséquent et fournir une galerie de personnages intéressants. Car l’horreur ne fonctionne que si les protagonistes sont attachants et que l’empathie se met en route. Par chance, et malgré quelques lacunes, le film possède tout cela.

Bien évidemment, le premier point fort de Dans le Noir, c’est son concept. Jouant à fond la carte du contraste entre la lumière et l’obscurité, le film propose une créature inquiétante, presque difforme, mais qui colle parfaitement à une imagerie de sorcellerie avec une silhouette affinée, des doigts très longs et de petits yeux brillants dans le noir. Mais le physique n’est pas le seul point intéressant de ce monstre, puisque sa faculté à apparaître dans le noir permet d’établir des passages assez effrayants et plutôt bien fichus. Ainsi, le réalisateur va mettre en place des situations angoissantes, jouant parfaitement sur les couleurs du film et optant pour une obscurité totale plutôt qu’une lumière bleue qui laisse entrevoir les objets. L’effet est saisissant et permet d’accentuer une frayeur déjà bien présente en prenant en compte la présence maléfique. De ce fait, le réalisateur n’a plus qu’ trouver des subterfuges pour piéger la bestiole et tout y passe, de la bougie au téléphone en passant par les phares de la voiture lors d’une course-poursuite assez courte mais intense. La qualité des effets est dû à une maîtrise technique intéressante, mais aussi et surtout grâce à des effets spéciaux non numériques, David F. Sandberg voulant minimiser le plus possible le recours à l’informatique. Il en résulte un vrai film d’artisan comme un certain James Wan.

Mais ce n’est pas tout car le film ne mise pas tout sur sa mise en scène ingénieuse grâce à une bestiole efficace, il y a aussi un vrai fond dans le film. Alors certes, c’est parfois assez grossier, mettant en avant la famille et les liens indestructibles qui se font malgré la douleur et les peines, mais on ne peut pas reprocher au film de faire de l’horreur pour de l’horreur. Il y a un travail sur l’abandon, sur la maternité et sur la prise de responsabilité. Il y a un réel chemin sur l’acceptation de l’autre et sur l’entraide pour surmonter les épreuves. Il est évident que ce sont des thèmes déjà vus et revus, mais dans ce film, ils ne sont pas appuyés et c’est au spectateur de se faire sa propre idée. Les relations sociales sont aussi assez intéressantes, entre une mère qui abandonne son enfant ou encore une grande sœur qui fuit ses responsabilités. L’ensemble tient la route et les prestations des acteurs sont cohérentes, comme la sublime Teresa Palmer qui arrive à transmettre toute son ambiguïté autour d’un personnage qui a des squelettes dans le placard. Le film arrive même à rendre son petit copain attachant, un homme qui peut sembler opportuniste et qui pourtant va se révéler être un vrai pilier et un socle pour la jeune femme. Très clairement, le film se dégage d’autres productions du genre en livrant un panel de personnages intéressants, plausibles et aux réactions cohérentes.

Cependant, le film ne possède pas que des qualités et il a les scories de tout premier film. Premièrement, il manque cruellement de surprise. Une fois passé le concept du monstre qui vit dans l’obscurité et le jeu des lumières, le film manque de nouveauté et on aura droit aux sempiternels jump scare qui semblent fonctionner sur la jeune génération. Le film manque aussi de d’ambition dans sa structure. Si le rythme est enlevé et que l’on ne perd pas de temps en tergiversations sur les origines de la bestiole, il manque un peu de fond pour étoffer l’ensemble et tenir une structure solide. Le tout est relativement balisé et le cinéphile rompu à l’horreur ne sera quasiment jamais surpris, soit par le déroulement de l’histoire, soit par les évènements qui doivent faire peur. Cela n’empêche le réalisateur d’avoir d’excellentes idées comme l’utilisation de la lumière noire pour voir le monstre ou encore de la lampe torche à dynamo qu’il faut recharger de temps à autre avec de l’huile de coude.

LIGHTS OUT

Au final, Dans le Noir est un petit film d’horreur fort sympathique qui fait son office et remplit correctement son cahier des charges. En cette période de vache maigre horrifique, il faut vraiment être difficile pour ne pas prendre de plaisir devant cette péloche qui sent bon l’honnêteté et la volonté de faire quelque chose de propre et novateur. Et s’il manque encore des choses à ce métrage, il ne faut pas oublier que c’est un premier film et que des premières œuvres de cette qualité, on en voudrait tous les jours au cinéma.

Note : 15/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.