octobre 28, 2020

It Follows

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De : David Robert Mitchell

Avec : Maika Monroe, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto, Jake Weary, Olivia Luccardi, Lili Sepe, Heather Fairbanks

Année : 2015

Pays : Etats Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Après une expérience sexuelle apparemment anodine, Jay se retrouve confrontée à d’étranges visions et  l’inextricable impression que quelqu’un, ou quelque chose, la suit. Abasourdis, Jay et ses amis doivent trouver une échappatoire à la menace qui semble les rattraper…

Avis :

It Follows est le deuxième long métrage de David Robert Mitchell après The Myth of the American Sleepover et pour un second essai, le jeune réalisateur américain crée l’exploit de faire l’unanimité et de réinventer la peur, la vraie ! Véritable petit génie de la mise en scène, Mitchell réussit à créer une ambiance anxiogène avec des effets tout simples en évitant le coté tape à l’œil et surtout en respectant son spectateur. Ici le spectateur n’est pas pris pour un abruti où on est obligé de tout lui expliquer de A à Z. Bien au contraire, les zones d’ombres font partie intégrante de l’histoire et on n’en sait pas plus que les protagonistes concernant cette malédiction qui les suit tour à tour. Qu’est ce que c’est, d’où ça vient, pourquoi ? Autant de questions sans réponses explicites qui laissent le choix de l’interprétation au spectateur.

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C’est là-dessus que le réalisateur réussit son pari. Faire peur avec pas grand-chose ! En cela, il faut dire que la musique exceptionnelle de Disasterpeace rajoute clairement une ambiance sonore particulière qui fait penser aux chefs d’œuvres du maitre John Carpenter. On retrouve d’ailleurs beaucoup de similitude avec le cinéma de Carpenter dans It Follows. Une jeunesse désabusée et désenchantée, une critique sociale acerbe, une musique électronique entêtante et un mal invisible et oppressant.

Plus qu’un simple film d’horreur, David Robert Mitchell peut être perçu comme une allégorie de la déchéance de la jeunesse américaine avec la désacralisation de l’acte sexuel et le passage à l’âge adulte. It Follows est le parfait mélange entre le film d’horreur et le film d’auteur indé. A ce titre, il faut reconnaitre la justesse des acteurs quasiment inconnus qui arrivent à rajouter une dimension de profondeur de jeu pour des personnes habituellement présentes pour servir uniquement de chair à pâté ! Ici, on a peur à leur place, on se soucie de leurs sorts et ce malgré le fait qu’ils aient des relations sexuelles ! Les codes du film d’horreur ont bel et bien changé tout comme la société actuelle ! La vierge effarouchée qui survit jusqu’à la fin n’existe plus depuis belle lurette et le réalisateur nous le fait bien comprendre.

La réalisation est stylisée, gracieuse, originale et graphique à tel point que l’on pourrait se surprendre à admirer des tableaux à certains moments.

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C’est pour toutes ces raisons que le film fait un carton dans tous les festivals dans lesquels il est présenté et pourquoi il est reparti avec le prix de la critique et le grand prix du festival de Gérardmer 2015, des prix amplement mérités malgré une sélection d’un niveau rarement aussi élevé !

Sans aucun doute l’un des films de l’année ! A ne rater sous aucun prétexte et si possible à voir en VO, car comme pour Babadook récompensé l’année dernière dans les Vosges, le passage à la VF à fait perdre une grande partie de sa saveur au film. Comme d’hab’ me direz-vous….

Note : 18/20

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Par La_Malédiction

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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