avril 7, 2026
BD

SuperPunk

Auteurs : Mirtes Santana et Guilherme Petreca

Editeur : Ankama

Genre : Fantastique

Résumé :

Une nouvelle super-héroïne rebelle armée de son Walkman et de vieilles mixtapes de rock : c’est SuperPunk ! Violeta et ses amis doivent libérer la ville de monstres qu’ils sont les seuls à voir avant qu’ils n’imposent leur discipline drastique.

Avis :

Le domaine de la BD jeunesse est clairement en pleine expansion, et c’est vraiment un plaisir que de lire des ouvrages de qualité à destination d’un public jeune. Outre les grandes sagas qui n’en finissent plus mais qui ont beaucoup de succès (Les Légendaires, Studio Danse, Les Sisters pour ne citer qu’eux), on retrouve aussi des one shot qui font honneur au neuvième art, tout en jouant avec les codes et les références. Et ce qui est encore plus grisant, c’est que certains auteurs ne proviennent pas de France ou de Navarre, offrant alors un nouveau regard. Première BD en tant que scénariste pour Mirtes Santana, SuperPunk provient du Brésil et s’amuse avec diverses références comme S.O.S. Fantômes, pour nous raconter l’histoire d’une petite fille qui s’oppose à l’ordre préétabli. Pour l’aider dans cette entreprise, elle s’associe à Guilherme Petreca pour les dessins.

Pour la petite histoire, on va suivre Violeta, une jeune fille de treize ans amatrice de musique punk, et qui voit des monstres au sein de sa ville. Grâce à son walkman magique, elle peut les capturer. Avec l’aide de son meilleur ami, elle va lutter contre un démon géant qui contamine tout le monde, les rendant fou du ménage et de l’ordre. Ce combat va lui permettre de renouer des liens avec son ancienne meilleure amie. Sur le principe, le scénario est très simple, mais il demeure savamment mis en place, notamment grâce à un personnage principal très attachant, et dans l’air du temps. Violeta est une jeune fille pétillante, joyeuse, qui s’amuse avec les réseaux sociaux, mais qui sait faire la part des choses. On ressent rapidement de l’empathie pour cette skateuse qui n’a pas peur de se friter avec des monstres gigantesques.

On pourrait croire que son background ne se réduit qu’à son combat contre des forces invisibles au commun des mortels, mais la scénariste a prévu quelques flashbacks mettant en avant plusieurs thématiques, comme la trahison, le partage d’un secret, et la peur d’être différent des autres. Encore une fois, c’est très frais, et les dessins de Guilherme Petreca sont vraiment colorés, collant au mieux à cette histoire qui se veut joyeuse. C’est à la fois pop, beau et très girly, tout en restant accessible à plusieurs lectorats. Il faut dire qu’elle a comme meilleur ami un geek qui n’a pas peur de se mouiller, ou encore une ancienne meilleure amie qui va tout faire pour se racheter, en lui expliquant que quand on est enfant, on n’a pas toujours le choix face aux décisions parentales. En bref, c’est relativement riche pour un one shot.

Bien entendu, le succès de la BD provient aussi des nombreuses influences que l’on peut ressentir à travers la lecture. Si le phénomène Ghostbusters arrive bien évidemment en premier, à cause de ce walkman qui capture les esprits quand ils sont épuisés, on retrouve aussi des éléments qui évoquent Miyazaki ou encore certains films de super-héros plutôt légers, comme Kick-Ass. Cela contribue à prendre du plaisir à la lecture, et à suivre avec avidité les aventures de ce trio qui va se réunir pour vaincre un monstre addict à la propreté, l’ordre, le rangement. En un sens, SuperPunk est aussi une ode à la rébellion, à accepter les ordres malgré leurs tenues saugrenues ou leurs goûts musicaux. D’ailleurs, tout au long de l’aventure, on aura les musiques qu’écoute Violeta dans son baladeur, et on se prendra une bonne tarte de Punk dans les tympans.

Alors oui, SuperPunk n’est pas dénué de défauts. Comme ça se destine à un public jeunesse, on ne sera guère surpris par la direction facile que prend le scénario. Si les personnages seront un peu en difficulté, ils trouveront toujours un moyen de s’en sortir, et cela assez rapidement. Il y a aussi des différences de graphismes. Certains personnages secondaires, comme le journaliste télévisé, ne collent pas avec les autres dessins. Il fait plus manga, et ne semble finalement pas issu du même univers, ce qui peut créer un décalage. Alors c’est du chipotage, mais avec la beauté graphique dans laquelle on baigne dès le départ, avec une mise en bulle dynamique, on aurait aimé une sorte de constance dans la qualité des dessins.

Au final, SuperPunk demeure tout de même une excellente bande-dessinée, à la fois réjouissante, pleine de peps et de bonnes idées. Le côté Punk côtoie sans problème l’aspect pop et coloré de l’ensemble. Le personnage de Violeta est aussi très attachant, avec un bon travail autour de son background. Et puis les thématiques autour de l’amitié, la trahison ou encore le regard des adultes, ainsi que cette obsession de l’ordre, sont vraiment bien amenés, avec une légèreté qui colle parfaitement à l’ambiance recherchée. En bref, c’est un chouette moment !

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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