avril 7, 2026

Claw – Jurassic Fiak

De : Gerald Rascionato

Avec Chynna Walker, Jonah Blechman, Richard Rennie, Mel Mede

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

En route pour Los Angeles, deux amis sont contraints de passer la nuit dans une ville fantôme après un accident. Ils se retrouvent traqués par un vélociraptor.

Avis :

S’il n’a pas fallu attendre Jurassic Park pour que les dinosaures investissent le septième art, le succès du film de Steven Spielberg a amorcé bon nombre d’initiatives dont on se serait bien passé. Syfy, Asylum et d’autres sociétés de production sans scrupules se sont amusées à surexploiter le sujet. On a ainsi pu assister à des itérations aussi pathétiques que Dinosaur World, Jurassic Planet ou Triassic World, pour ne citer que quelques exemples. Avec Claw, on s’immisce sur le terrain glissant et hautement improbable de la parodie horrifique. Celle-là même qui se voudrait fun et décomplexée, mais qui, en réalité, ne s’assume pas et n’est guère drôle.

En matière de bestioles mal embouchées, Gerald Rascionato n’en est pas à son coup d’essai. Il nous a infligé quelques pathétiques incursions sur terre, comme en pleine mer. On songe à Open Water 3 et Triassic Hunt. Ici, il est question d’assister au périple invraisemblable de deux paumés, au cœur d’une ville fantôme du désert californien. Ils sont aux prises avec un raptor issu d’expériences dont on n’entend rien et se moque éperdument. Le décor est posé et pourrait laisser à penser à une mauvaise blague piochée dans le répertoire d’un des personnages principaux, une apprentie humoriste du dimanche. Il faut donc se contenter de ce duo de bras cassés et d’un ermite caricatural pour occuper le champ de la caméra.

« L’ennui ne tarde guère à s’inviter »

Du reste, la bourgade abandonnée se résume à de pauvres cabanes délabrées, une bicoque en tout aussi piteux état et des sentiers sableux. Le lieu de l’action est d’une indigence sans nom, même s’il s’agit de la moindre tare en de telles circonstances. Ces dernières sont d’un ridicule consommé. Le semblant d’histoire présente toutes les peines du monde à trouver des séquences pertinentes pour étayer un minimum d’intérêt. On ne parlera pas de cohérence, mais d’une propension évidente à la distraction dans les intentions. L’ennui ne tarde guère à s’inviter. La connivence entre les protagonistes ne fonctionne jamais, tandis que l’aspect humoristique reste au stade de plaisanteries puériles.

Celles-ci se résument à des insultes reptiliennes, ainsi qu’à des évidences qui veulent surjouer l’incongruité. On notera de nombreux clins d’œil aux modèles du genre. On songe, entre autres, au gros plan sur l’une des griffes du raptor lors d’une de ses irruptions, la scène de la chambre avec un T-Rex à la fenêtre et bien d’autres moments embarrassants. De là à penser à un plagiat éhonté, non à des allusions référentielles, il n’y a qu’un pas… On peut aussi déplorer un jeu du chat et de la souris assez lamentable avec le dinosaure en tête d’affiche. Il suffit de s’enfermer, de sortir, de courir n’importe où et de trouver un nouveau refuge pour enchaîner les séquences avec nonchalance. L’indifférence est totale.

« Le film s’avère également décevant en matière de violences »

Le film s’avère également décevant en matière de violences. Les attaques sont édulcorées et dénuées de toute brutalité. Face à la légèreté du ton, on pourrait presque croire à une mauvaise comédie familiale. En ce qui concerne la modélisation des dinosaures, elle se retrouve dans les standards de la médiocrité, ni catastrophique ni bonne. Les animations sont hasardeuses et les plans demeurent opportuns pour flouer au maximum les incursions préhistoriques. Mention spéciale au T-Rex qui s’invite en épilogue, au cours d’un stand-up qui tombe à plat. Une scène représentative du sentiment général qui émane de cette bobine nauséabonde et pathétique.

Au final, Claw se veut un énième métrage misérable sur une traque de dinosaures sans consistance. Coincé entre la parodie de bas étage et le survival animalier, le film de Gerald Rascionato enchaîne les idioties sans parvenir à nous divertir ou dérider. À n’en pas douter, cela constitue le pire résultat envisageable lorsqu’on nourrit des velléités de comique, raté au demeurant. Comme si ce n’était pas assez, le calvaire se poursuit avec un dénouement délirant et un générique de fin presque statique qui dépasse le quart d’heure. Pour autant, l’heure écoulée demeure suffisante pour appréhender l’imbécillité manifeste d’une telle entreprise. Mauvais, insipide et d’une tristesse sans nom.

Note : 02/20

Par Dante

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