
Avis :
Le métal n’est pas réservé qu’aux hommes. Depuis un bon moment maintenant, on trouve des femmes qui jouent des coudes avec les bonhommes pour gueuler aussi fort qu’eux, et c’est avec délectation que l’on retrouve des formations qui font la part belle au sexe féminin. Outre des groupes comme Jinjer ou Spiritbox, qui ont fait montre d’une frontwoman incroyable, certaines formations ont décidé de ne se composer que de femmes. En 2010, Nervosa voit le jour au Brésil, avec notamment Fernanda Lira à la basse et au chant, Fernanda Terra à la batterie, Karen Ramos à la guitare et Prika Amaral à la guitare aussi. Cependant, le line-up va vite devenir instable. Et c’est en 2020 que le torchon brûle carrément entre Prika Amaral et Fernanda Lira, cette dernière partant pour former Crypta avec la batteuse Luana Dametto.
Mais qu’importe pour Prika Amaral, l’aventure continue, et elle va recruter à tours de bras, n’hésitant à virer des musiciennes qui ne lui conviennent pas. On notera que depuis 2020, quatre batteuses et trois bassistes sont passées dans le groupe, avant de se tailler vite fait. Et aujourd’hui, Nervosa n’est plus vraiment un groupe brésilien, puisque hormis sa frontwoman, on compte deux grecques, une bulgare et une néerlandaise. Cela n’empêche pas le groupe d’être prolifique, proposant un album tous les deux/trois ans, et Slave Machine est le sixième album du groupe, officiant toujours dans un Death métal percutant, teinté de Thrash, notamment quand il faut faire crier les six cordes. Mais avec le caractère impétueux de Prika Amaral, et de nouvelles arrivées dans les rangs, peut-on se réjouir de cette nouvelle proposition qui, dans les faits, ne propose rien de bien nouveau ?
Alors attention, cela ne veut pas dire que l’album est mauvais. Si vous êtes fan de Death/Thrash, il est certain que cette galette va vous réjouir. Cependant, quand on connait un peu le groupe et ce qu’il a fait auparavant, ça reste un peu décevant, tout simplement car ça ne prend pas le temps de peaufiner une certaine ambiance. Seul le premier morceau essaye de poser une atmosphère un peu délétère et inquiétante. Impending Doom envoie du lourd et joue constamment avec sa mélodie pour offrir quelque chose de neuf et plaisant. On passera outre la prestation vocale qui manque de puissance, ou encore la production qui aurait pu être de meilleure qualité, mais le titre détient un petit je-ne-sais-quoi en plus qui fait plaisir. Mais par la suite, on va enchaîner les morceaux sans en garder un en tête.

Slave Machine démarre de manière brutale et ne nous lâche jamais, mais ça reste très calibré et ça ne sort jamais de son carcan Death/Thrash. Seule la fin tire son épingle du jeu, avec un jeu de riffs qui ne semble jamais s’arrêter. Ghost Notes sera un morceau plaisant et réussi, mais uniquement parce que son riff en mode rouleau-compresseur fait mal et affiche la puissance de ces cinq nanas. Pour le reste, il manque au titre un petit gimmick vraiment mémorable. Beast of Burden sera un jeu de massacre dans les règles de l’art, mais encore une fois, il ne possède rien de vraiment entêtant. On a la sensation que le groupe se contente de faire crier les guitares pour aller très vite, mais en oublie de jouer avec les mélodies pour qu’elles restent en tête. Il en va de même pour You are not a Hero.
La rythmique est pourtant moins véloce, mais on reste sur un morceau assez transparent, qui passe bien sur une écoute, mais que l’on oublie assez vite. Hate propose un peu de changement, et un travail plus poussé sur son introduction. C’est en cela que le morceau demeure plus intéressant que les autres, même s’il s’oublie avec le temps. Par la suite, on tombe dans un ventre mou qui n’est pas inintéressant, mais qui manque cruellement d’ingéniosité et d’envie de sortir d’une certaine zone de confort. The New Empire, au même titre que 30 Seconds ou Crawling for Your Pride, sont des titres bien fichus, mais qui n’ont pas une once de finesse et d’envie de rester dans nos têtes. Learn or Repeat se fera un peu plus nerveux de par un côté Hardcore dans les paroles. Puis The Call et Speak in Fire continueront dans le même délire que précédemment.
Au final, Slave Machine, le dernier album de Nervosa, est un effort sympathique et qui rentre pile poil dans ce que propose le groupe depuis quelques années. On est dans un Death/Thrash très classique, qui ne prend pas trop de risque, et qui vise surtout l’efficacité. Néanmoins, on peut être déçu par le fait que la formation ne prenne pas plus de risque. Il manque une ambiance prégnante à de nombreux morceaux, ce qui aurait renforcé la puissance de l’album, voire même lui ajouter une dimension émotive totalement absente ici.
- Impending Doom
- Slave Machine
- Ghost Notes
- Beast of Burden
- You are not a Hero
- Hate
- The New Empire
- 30 Seconds
- Crawling for Your Pride
- Learn or Repeat
- The Call
- Speak in Fire
Note : 14/20
Par AqME
