mai 22, 2026

Les Chroniques de Nightshade T.02 – L’Ombre du Sorcier – Stan Nicholls

Auter : Stan Nicholls

Editeur : Bragelonne

Genre : Fantasy

Résumé :

C’était un âge de légendes… Une époque d’héroïsme et d’infamie. Une ère de magie et de lames étincelantes, d’harmonie et de conflits, de chagrin et d’espoir… Mais lchaos vient de remporter une victoire : le maléfique sorcier Avoch-Dar s’est échappé, emportant avec lui le pouvoir capable de le rendre invincible ! Il possède désormais le Grimoire des Ombres et compte bien s’en servir pour dominer le monde. Un seul homme peut s’opposer à la toute puissance du ténébreux magicien : Nightshade, le téméraire guerrier. Face à face, un démon indestructible opposé au meilleur des combattants ; l’équilibre semble bien précaire, mais un cristal enchanté pourrait bien faire pencher la balance… Le tout est de savoir de quel côté

Avis :

Pourquoi faire des trilogies ? C’est une vraie question, puisque lorsqu’on se plonge un petit peu dans les récits de Fantasy, on tombe souvent sur des trilogies, et en de rares occasions, c’est plutôt inégal. Il y a toujours un tome en dessous, un qui déçoit, ou qui ne tient pas des enjeux aussi importants que les deux autres tomes. Et en règle générale, c’est souvent le deuxième tome qui en pâtit. Il faut dire que c’est le tome qui a la lourde tâche de faire le pont entre un premier tome qui pose les bases de l’intrigue, et un troisième opus qui a pour but de conclure un récit épique. Et bien souvent, ce pont n’est qu’une succession d’aventures visant à rajouter de l’action au lieu d’approfondir le lore et les personnages.

C’est un peu ce qui se passe avec L’Ombre du Sorcier, deuxième tome de la trilogie des Chroniques de Nightshade par Stan Nicholls. Avec Le Grimoire des Ombres, Stan Nicholls posait un récit de Fantasy épique, avec des personnages attachants et une quête classique mais rondement mené. D’ailleurs, le premier tome est dédié à David Gemmell, et on ressent vraiment ce même sens du rythme qui fait que l’on tourne les pages sans s’en rendre compte. Néanmoins, la fin était ouverte et laissait donc libre cours à une suite, puisque le grand méchant, le sorcier Avoch-Dar, avait fuit dans le monde des démons pour améliorer ses compétences et revenir plus fort que jamais. Ici, on est sur une suite directe qui continue l’évolution des personnages, notamment Nightshade, mais aussi celui de personnages secondaires qui vont devoir prendre de l’ampleur.

Le début est un peu lent. Le mort Eldrick meurt, ce qui fait que sa fille, Bethan, doit prendre le pouvoir, et elle espère avoir Nightshade à ses côtés. Seulement, ce dernier est obnubilé par le retour plausible d’Avoch-Dar, et décide alors de partir en guerre en suivant une nouvelle prophétie le concernant. On reste un peu figé sur des atermoiements amoureux dont on aurait pu se passer, et une jalousie qui n’a pas vraiment sa place dans cette histoire. On sent que c’est pour rajouter de l’épaisseur dans une relation un peu fade, et c’est presque de trop. De plus, certains personnages perdent en importance, comme l’homoncule Tycho qui reste en retrait, malgré son rôle pour que Shani retrouve Nightshade et reforme une équipe soudée. Il n’y a rien de vraiment neuf dans ce tome, qui va, petit à petit, se transformer en un récit de rencontres très classiques.

Nightshade va former une petite armée suite au retour du sorcier, puis il va lui arriver toute une série de bricoles. Un guet-apens avec des assassins, des mercenaires surentrainés qui veulent se venger de lui, ou encore une bataille navale qui va tourner au fiasco. Bref, Stan Nicholls coche toutes les cases possibles de la Fantasy classique, sans jamais y apporter un peu d’originalité. C’est plaisant, on ne s’y ennuie jamais, mais au final, ça n’approfondit jamais les personnages, et notamment le héros, toujours traumatisé par la perte de son bras, et obnubilé par ce sorcier qui semble le hanter plus que de raison. La seule vraie nouveauté provient d’un nouveau personnage assez drôle, Drew Hadzor, un homme de foi têtu et qui pense être l’élu de la prophétie à la place de Nightshade.

Seulement, ajouter un seul personnage (et dont le sort va être assez minime dans ce tome), ce n’est pas suffisant. Et surtout, on va se rendre compte que les méchants ne font pas grand-chose. Avoch-Dar s’amuse à lancer des sorts à distance sans que cela ne marche vraiment. Et quand il veut se montrer, il le fait à la façon d’un hologramme, devenant dès lors inoffensif, sinon blessant les autres avec des menaces et moqueries. On a vraiment droit à un méchant de pacotille. Puis il y a les démons, les sygazons, des êtres maléfiques indescriptibles qui se contentent, eux aussi, de donner des pouvoirs supplémentaires au sorcier, où le menace de nourrir le grimoire, car oui, on va apprendre que le grimoire a besoin d’essence vitale pour dévoiler ses secrets.

Au final, L’Ombre du Sorcier, le deuxième des Chroniques de Nightshade, ressemble réellement à un épisode filler de série, ce passage non obligatoire qui fait une transition entre un bon début et une fin épique. Si la lecture n’est pas déplaisante, on sent que les aventures s’étirent pour rien, et que certains éléments du lore sont laissés de côté (la cité de Nordelph qui ne sert à rien), alors qu’il y avait matière à faire quelque chose de plus épais, de plus dense. On est clairement en dessous du premier tome, mais la curiosité autour de la conclusion se fait quand même sentir.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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