
De : Tony Giglio
Avec Amy Mason, Dominic Mafham, Louis Mandylor, Luke Allen-Gale
Année : 2019
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Science-Fiction, Action
Résumé :
Adaptation de la fameuse licence vidéoludique créée par le studio ID Software, cette nouvelle version de Doom voit le sanglant périple d’un groupe de Marines de l’Espace répondre à un signal de détresse envoyé depuis une colonie martienne. Une fois sur place, ils découvrent alors que la colonie est en réalité envahie par des créatures démoniaques tout droit sorties de l’Enfer…
Avis :
Adapter un jeu vidéo en film n’est pas une chose facile, et rares sont les longs-métrages de bonne qualité. En fait, le problème vient principalement d’une absence de volonté artistique, mais juste d’une envie de faire de l’argent en surfant sur un jeu à succès. Et forcément, cela donne des naufrages artistiques, avec des films qui draguent les joueurs dans le sens du poil, notamment en faisant des références aux jeux, mais sans jamais y apporter plus. Les exemples sont trop nombreux pour être cités, mais on est tombé tout récemment sur Doom Annihilation. Un premier film issu de la franchise avait vu le jour en 2005 avec Dwayne Johnson, et c’était déjà mauvais. Du coup, quel intérêt de faire un autre film Doom, avec moins de budget, et un casting d’inconnus au bataillon ? Peut-être la sortie d’un nouveau jeu.

Il faut dire qu’en 2020 sort Doom Eternal, nouveau jeu de la franchise, et annoncé comme un futur succès. Il n’en fallait pas plus pour donner l’idée à Universal de produire un nouveau film autour de l’univers, quatorze ans après le premier navet. Derrière la caméra, on voit Tony Giglio, un réalisateur qui a proposé un sympathique film d’horreur avec Timber Falls, mais qui a ensuite sombrer dans le côté obscur de la force, avec des longs-métrages de moins en moins intéressant, et portés par des castings d’acteurs en perte de vitesse (coucou Extraction avec Danny Glover et Vinnie Jones). Avec ce nouveau Doom, sobrement intitulé Annihilation, le réalisateur sombre encore un peu plus, jusqu’à un niveau quasi inconnu jusqu’à alors. Enfin, sauf si on a connu des films d’horreur autoproduit, où l’image est quasiment irregardable.
« au sein d’un décor qui ressemble à un escape game géant »
Mais commençons par les bons points. Il y en a très peu, et ce sera vite fait. Ce n’est pas mal filmé. Disons que c’est regardable. L’image n’est pas crade, les cadres sont corrects, et d’un point de vue technique, même s’il n’y a rien de bien mirobolant, c’est potable. Pour le coup, ce n’est pas filmé caméra à l’épaule, il n’y a pas grain ou de caméra qui bouge dans tous les sens, et à quelque part, c’est plutôt rassurant. Mais ce sera le seul point positif du film, car tout le reste est catastrophique. On atteint un niveau de nullité rarement atteint, et cela dans tous les aspects techniques. Le casting est raté, et l’actrice principale, qui joue l’héroïne, est monolithique au possible. C’est bien simple, on dirait un mannequin en plastique. Son regard est vide, c’est incroyable. Et le reste du casting est inexistant.
Ensuite, on voit que le film est totalement fauché. On assiste à une déambulation de personnes costumées en militaire avec des casques à vélo, au sein d’un décor qui ressemble à un escape game géant. Des couloirs, une zone ouverte qui ressemble à une arène, bref, c’est vilain et il n’y a rien à en tirer. Bien évidemment, en plus de ces décors minimalistes, on a droit à des monstres qui sont tout aussi moches. Au départ, ce ne sont que des zombies qui courent vite, puis on a droit à une paire de démons en latex qui lancent des boules de feu. Là aussi, ça ne marche pas, et même si ça veut coller à l’imagerie du jeu, c’est trop cheap pour fonctionner. Le pire étant la toute fin, avec un fond vert dégueulasse et des CGI numériques d’une laideur inacceptable en 2019.
« C’est le vide abyssal »
Et il ne faut compter sur l’ambiance. C’est le vide abyssal. Là où le jeu se fait viscéral et gore, ce nouveau film se fait très gentillet et sans aucune volonté de venir nous bousculer. On a quelques effets qui se veulent gores, comme un combat à la tronçonneuse, mais tout est hors-champ et sans une atmosphère délétère. Normalement, Doom ouvre la porte des enfers, et là, les démons sont finalement bien gentils, et leur déco n’est pas aussi sale qu’attendue. Même la mise en scène oublie de jouer avec les amateurs du jeu. Il n’y a pas de plan à la première personne, comme dans le premier film, et de ce fait, on ne se sent jamais impliqué dans ce navet totalement imbuvable. Même la toute fin, avec son pauvre twist, est d’une nullité catastrophique.

Au final, Doom Annihilation est un très mauvais film, qui ne mérite même pas le moindre coup d’œil. Complètement aseptisé, mal mis en scène, le côté cheap transpire dans chaque plan, et les acteurs sont tellement mauvais qu’ils en deviennent risibles. Et puis le film ne raconte rien, pas même une histoire qui tient la route, jouant maladroitement avec le lore d’un jeu culte, qui n’aura finalement jamais droit à une bonne interprétation…
Note : 04/20
Par AqME
